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Après une saison « historique », la génération Dupont veut croquer ses aînés

Stade Toulousain – UBB : Après une nouvelle saison « historique », la génération Dupont veut croquer ses aînées

TOP 14Le Stade Toulousain a surclassé l’UBB (59-3) en finale de Top 14 pour s’offrir un deuxième Bouclier de Brennus d’affilée et un deuxième doublé « historique » en trois ans
Adrien Max

Adrien Max

L'essentiel

  • Le Stade Toulousain a infligé une défaite historique à l’UBB vendredi soir, de par le nombre de points et l’écart (59-3).
  • Les Rouge et Noir signent un deuxième doublé Top 14/Champions Cup en trois ans.
  • La génération d’Antoine Dupont espère désormais faire mieux que ses aînées en allant chercher un troisième triplé.

On y a cru, à cet essai de l’UBB dans les ultimes secondes de la finale de Top 14. Mais l’ogre toulousain a récupéré le ballon sur sa ligne et, plutôt que de taper en touche alors que la sirène avait retenti, Mauvaka a couru comme un mort de faim pour offrir le dernier essai de la partie à Capuozzo (80 + 2). De quoi ponctuer une soirée de rêve pour le Stade Toulousain et aller soulever le Bouclier de Brennus sur une victoire historique (59-3) contre des Bordelais complètement dépassés.

Une victoire historique par le nombre d’essais et de points marqués par les Rouge et Noir, mais aussi par l’écart de points infligé à ces pauvres Bordelais. Elle vient surtout récompenser une nouvelle saison incroyable du Stade Toulousain, ponctuée de ce deuxième titre de champion de France d’affilée, en plus de celui d’Europe glané en mai contre le Leinster (31-22).

« Toujours à la quête d’un record »

« Cette équipe, ce club, travaille profondément pour que des jeunes mecs s’épanouissent dans ce sport incroyable, a souligné le manageur Ugo Mola. Ils sont toujours en quête d’un record, d’un exploit, d’être les premiers en tout. Ça les anime. Après tu as beau vouloir, il faut le faire. Ce qui me plaît le plus, c’est le processus, le chemin. Et avec ce résultat, évidemment, on est ravi. »

Ses joueurs n’ont laissé que des miettes à un UBB, certes amoindris par les forces laissées en barrage et en demi-finale, mais considéré comme l’une des plus belles équipes de ce Top 14. Une pénalité (11e), pour entretenir l’espoir alors qu’Antoine Dupont avait déjà lancé les hostilités (6e).

Pas assez de superlatifs

Mais les Toulousains étaient beaucoup trop forts, et ils n’ont fait qu’une bouchée des Bordelais dans cet ultime banquet de l’année. Et se sont même gavés tant ils ont été supérieurs dans absolument tous les domaines du jeu. Avec une impression de surpuissance, et qu’absolument rien ne pouvait les arrêter. « Ouais c’est irréel, c’est historique. Je ne sais pas si on a assez de superlatifs pour décrire ce qu’on a fait cette année. C’est magique, exceptionnel, la récompense de ce groupe », n’en revenait pas Romain Ntamack.

Niveau superlatif, il suffit d’écouter comment parle Yannick Bru, le manager de l’UBB, de son ancien club en tant que joueur puis adjoint, le Stade Toulousain :

« « Le rouleau compresseur toulousain », « quand tu perds le bras de fer, il te casse le poignet sur la table », « une Formule 1 », « une locomotive », « une machine infernale », « une loupe grossissante avec laquelle tout ce que tu redoutes te pète à la gueule ». « Dans le Top 14, il y a treize déçus et un seul champion, mais c’est souvent Toulouse ». »

« Il en manque encore un peu »

Reste la question de savoir où se place cette génération dorée dans l’histoire du Stade Toulousain, avec ce nouveau Bouclier de Brennus et un deuxième triplé Top 14/Champions Cup en l’espace de trois ans ?

« C’est notre deuxième doublé, notre deuxième double/double. Et si je reste dans le thème du basket, avec un clin d’œil à nos jeunes basketteurs toulousains draftés en NBA, on est encore à un double/double pour passer l’ancienne génération [trois Top 14 et trois Champions Cup dans les années 2010]. Cette génération veut marquer son sport, ils sont bien partis. Ça commence à être pas mal, mais il en manque encore un peu », a taquiné Ugo Mola.

« Et pourquoi pas » faire mieux que les anciens ?

Ses joueurs ont célébré, d’abord en inondant la salle de presse et les journalistes, à grands coups de magnum de bière. Puis durant de très longues minutes dans les entrailles du Stade Vélodrome, à se demander s’ils n’allaient pas zapper la zone mixte.

Avant de se pointer, à commencer par François Cros, apparemment le moins farci à cette heure-ci, pour répondre à leur taquin de manager. D’abord « sur un petit nuage » et « heureux » d’avoir rempli « l’objectif » de faire le doublé en trois ans, le troisième ligne s’est très rapidement projeté à l’idée de dépasser ses illustres aînés : « Et pourquoi pas ? Bien sûr on a un groupe incroyable, qui repousse à chaque fois les objectifs. Bien sûr qu’on a envie de voir grand. Et au Stade Toulousain, à chaque fois qu’on joue une compétition, c’est pour la remporter. » Comme pour Thomas Ramos, qui ne veut plus entendre ses entraîneurs lui rabâcher qu’ils sont encore les plus titrés. L’ancienne génération est prévenue. Les autres équipes du Top 14 aussi.