Bordeaux: «L'arrivée d'un homme ne peut pas tout changer», pourtant Christophe Urios est bien attendu comme le messie à UBB

RUGBY Les Bordelos-Bèglais attaquent le Top 14, samedi (20h45), face au Stade Toulousain avec leur nouveau charismatique manager

Clément Carpentier

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Christope Urios, le nouveau manager de l'UBB.
Christope Urios, le nouveau manager de l'UBB. — NICOLAS TUCAT / AFP
  • L’UBB reçoit le champion de France au stade Chaban-Delmas pour le début du championnat.
  • Le club entame un nouveau cycle avec l’arrivée de Christophe Urios, l’un des meilleurs managers du monde.
  • Sa mission est simple : emmener pour la première fois de son histoire l’Union Bordeaux-Bègles en phases finales.

Christophe Urios par-ci, Christophe Urios par-là. Dans les tribunes du petit stade André Moga de Bègles, les supporters de l’UBB n’ont d’yeux que pour lui en regardant leur équipe préparer le premier match de la saison de Top 14 contre le Stade Toulousain samedi (20h45). C’est un véritable plébiscite pour le nouvel homme fort de l’Union Bordeaux-Bègles : « C’est notre meilleure recrue cette saison ! Sans aucun doute ! », lance Patrice tout sourire.

Certains sont même déjà tombés amoureux à l’image de Nicolas : « Franchement, je l’adore. C’est énorme de l’avoir ici. C’est le meilleur manager français aujourd’hui. Et puis, je suis complètement fan de son style, de son franc-parler. C’est un monsieur ! » Il faut dire que Christophe Urios est un peu attendu comme le messie à l’UBB. En particulier par ses supporters qui rêvent des phases finales depuis la remontée du club dans l’élite du rugby français en 2011. Cette marche, le président Laurent Marti et ses joueurs butent dessus inlassablement chaque saison.

Laurent Marti abat sa dernière carte

Alors pour mettre fin à cela, le patron de l’Union a donc décidé de tout miser sur l’un des meilleurs managers du moment. Un homme qui emmena Oyonnax de la ProD2 à la Coupe d'Europe et surtout, le Castres Olympique au titre de Champion de France en 2018. Son nom avait été évoqué pour prendre la tête du XV de France en vue de la Coupe du monde 2023 mais c’est finalement à l’UBB que le charismatique Christophe Urios a signé un contrat de 4 ans au printemps dernier.

Bref, on comprend mieux l’attente de certains au vu du CV du bonhomme : « Oui, oui, je la sens cette attente (sourires) ! Mais, c’est pour ça que je suis là donc, ça ne me pose pas de problème, explique l’intéressé dans sa gouaille habituelle, je ne suis pas quelqu’un qui stresse, quelqu’un qui a peur. Je viens avec mon état d’esprit. Je viens avec tout ce que j’ai, je donnerai tout après… » Après comme on dit, ce sont les joueurs qui sont sur le terrain. Et pour l’instant, l’ancien talonneur n’a pas prévu de remettre le maillot pour pousser en mêlée.

Il n’y arrivera pas tout seul

En revanche, on peut compter sur lui pour pousser ses hommes dans leurs derniers retranchements comme il sait si bien le faire. Mais attention, Christophe Urios, n’est pas un magicien et il tient tout de suite à le rappeler :

« L’arrivée d’un homme ne peut pas tout changer ! C’est tout un ensemble de choses qui doit changer. Si les joueurs ne changent pas eux-mêmes notamment les anciens, il n’y a aucune raison qu’on soit dans le top 6 puisqu’ils n’y sont jamais allés. Et ça, il faut bien que tout le monde l’entende. »

Christophe Urios avec l'une de ses recrues, l'Autralien Higginbotham.
Christophe Urios avec l'une de ses recrues, l'Autralien Higginbotham. - NICOLAS TUCAT / AFP

Sa patte se fait en tout cas déjà sentir sur et en dehors du terrain à l’image de la phase de préparation avec les « bacchus ». Pendant trois jours les joueurs se sont en effet affrontés par groupe dans une sorte d’olympiade où le nouveau manager bordelo-béglais avait mélangé travail et plaisir afin de créer un état d’esprit et de resserrer les rangs. Avec des espaces de jeu comme le Bassin d’Arcachon ou les vignes d’une propriété viticole du Médoc, lui, qui tient énormément à l’identité du territoire dans lequel évolue son équipe.

Une culture club à développer

En effet, Christophe Urios ne s’en cache pas, même si gagner des matchs reste son job, sa priorité aujourd’hui est bien « de regagner le cœur des supporters », très déçus des derniers échecs de l’Union Bordeaux-Bègles. Pour ça, cet incomparable meneur d’hommes veut notamment (re) créer une vraie culture club. Et le jeune pilier Thierry Païva l’a déjà bien intégré :

« Comme dans tous les clubs où il est passé, il tient à avoir une basse solide qui s’appuie sur la culture du club. On a fait beaucoup de réunions pour développer cette identité. Il y a bien sûr l’union pour l’état d’esprit mais aussi cette envie de retrouver le vrai jeu de l’UBB, ce jeu dynamique. Le cœur, ça fait partie des détails importants qu’il nous a entre autre manqué ces dernières saisons. »

Au point que le premier public d’Europe (en termes d’affluence) a fini par déserter un peu le stade Chaban-Delmas au fil des saisons. Contre le champion de France samedi près de 25.000 spectateurs sont attendus pour voir l’UBB. Mais surtout pour voir l’UBB de Christophe Urios. Et Thierry Païva en a « conscience car les supporters y croient à cette équipe mais nous aussi, on y croit vraiment. » Alors y’a plus qu’à…