Champions Cup: Entre «fierté» et «irritation», le Stade Toulousain savoure sa qualification en quart de finale

RUGBY A l’issue d’un beau parcours en poule de Coupe d’Europe, Toulouse jouera en quart de finale chez le Racing 92. Mais le président Didier Lacroix n’apprécie pas que l’on soupçonne son équipe de calcul…

Nicolas Stival

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Le talonneur Leonardo Ghiraldini et le Stade Toulousain ont dominé les Anglais de Bath (20-17) en Champions Cup, le 20 janvier 2019 à Ernest-Wallon.
Le talonneur Leonardo Ghiraldini et le Stade Toulousain ont dominé les Anglais de Bath (20-17) en Champions Cup, le 20 janvier 2019 à Ernest-Wallon. — P. Pavani / AFP
  • Le Stade Toulousain a rendez-vous fin mars à Nanterre, antre du Racing 92, en quart de finale de Champions Cup.
  • Toulouse a battu Bath sans bonus ce dimanche (20-17, deux essais de chaque côté).
  • Un autre résultat l'aurait envoyé en quart chez les Anglais des Saracens ou chez les Irlandais du Leinster.

Après une éclipse d’une saison en Challenge Cup, le Stade Toulousain va de nouveau disputer un quart de finale de la « grande » Coupe d’Europe. Rendez-vous est pris sous le toit et sur l’herbe synthétique de l’Arena du Racing 92, le week-end du 31 mars…

Avant même de recevoir et de battre Bath ce dimanche (20-17, deux essais de chaque côté), les Rouge et Noir savaient qu’ils allaient sortir de cette poule de la mort, uniquement composée d’anciens vainqueurs de l’épreuve. La victoire de l’impressionnant Leinster aux Wasps (19-37, au final) ne faisait guère de doute. Il s’agissait donc juste de savoir où Toulouse allait se déplacer : chez les Anglais des Saracens (nul ou défaite), à Dublin face au Leinster (victoire bonifiée) ou au Racing 92 (succès sans bonus).

A l’issue d’un match maîtrisé en première période, cafouillé ensuite, les quadruples champions d’Europe iront donc à Nanterre, où ils auront déjà joué mi-février en Top 14. « Sur les réseaux sociaux, on commence à dire qu’on a calculé, s’énerve le président Didier Lacroix. Alors que sur la deuxième mi-temps, Bath a élevé son niveau de jeu… Ça m’irrite un peu. »

« C’est difficile de calculer sur une compétition comme ça, ajoute le centre Sofiane Guitoune. On gagne de trois points. Si tu perds, tu vas jouer chez les Saracens… »

Pas de retrouvailles avec le Leinster

On ne fera pas faire dire aux Toulousains ce qu’ils n’ont pas dit. Pourtant, quoique doubles finalistes malheureux de la Champions Cup (2016, 2018),  les Racingmen semblent plus abordables que les Saracens, lauréats de l’épreuve en 2016 et 2017, ou que le Leinster, tenant du titre et bourreau des Toulousains voici huit jours (29-13).

« C'est plus facile de jouer contre un adversaire français, mais c’est toujours difficile d’évoluer à l’extérieur », zigzague l’ouvreur toulousain Zack Holmes. Le co-entraîneur Régis Sonnes ne souhaite pas s’engager dans un débat glissant. Le technicien assure se méfier d’une « équipe qui a de l’expérience et qui sait gérer ces matchs-là ».

Au-delà de l’identité de l’adversaire, tous les Toulousains s’accordent sur leur « fierté » d’être sortis de cette terrible poule 1, avec cinq victoires en six matchs, et sur leur statut d'« outsider » en quart de finale. « Cette qualification nous fait énormément plaisir, mais on essaie d’être "contenus", observe Didier Lacroix. On n’a encore rien gagné. » Et cela fait depuis le dernier Bouclier de Brennus, en 2012, que la disette dure.