Décès de Nicolas Chauvin: La ministre des Sports appelle à prendre des mesures «pour que ça n'arrive plus»

RUGBY En huit mois, trois rugbymen français sont décédés à cause de chocs violents reçus en plein match…

A.L.G. avec AFP

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Roxana Maracineanu, la ministre des Sports, le 10 octobre 2018.
Roxana Maracineanu, la ministre des Sports, le 10 octobre 2018. — CHAMUSSY/SIPA

« C’est trop ! ». La ministre des Sports, Roxana Maracineanu, a estimé jeudi soir que la mort du jeune joueur du Stade Français Nicolas Chauvin devait amener la fédération française de rugby (FFR) à « se poser vraiment des questions », en promettant que l’Etat l’accompagnerait. « Un troisième jeune homme qui décède sur un terrain de rugby, le premier depuis que je suis ministre, c’est trop. Il faut vraiment qu’on fasse quelque chose et que la fédération se pose vraiment des questions, la question du pourquoi », a déclaré la ministre à des journalistes.

Roxana Maracineanu, qui compte voir le président de la FFR Bernard Laporte et le président de la Ligue (LNR) Paul Goze, demande « à la fédération qu’elle s’engage fortement », en promettant « de les accompagner dans les mesures qu’ils comptent prendre », « pour que ça n’arrive plus ». La ministre s’était déjà entretenue avec Bernard Laporte le 29 novembre dernier.

« Pour moi, ça remet évidemment sur la table la question du suivi (médical) des sportifs », mais « dans le rugby, d’après ce que j’ai compris, ce n’est pas ça qui est en question », a-t-elle poursuivi. Restant prudente, elle a avancé des pistes, « la manière de jouer au rugby », « des choses qui touchent à l’arbitrage », « l’évolution physique des joueurs » : « ce sont des questions qui sont ouvertes dans mon esprit, que je vais poser au président de la Fédération française de rugby et au président de la Ligue ».

La ministre rassure les parents

Quatre mois après la mort à 21 ans de Louis Fajfrowski (Aurillac, Pro D2) après un plaquage, le décès mercredi d’un espoir du Stade Français, Nicolas Chauvin, 19 ans, après un plaquage en plein match dimanche, ravive le débat sur la violence et la dangerosité accrues du rugby. Fin mai, un jeune joueur du club amateur de Billom (Puy-de-Dôme) était décédé au lendemain d’un match, au cours duquel il avait reçu un choc violent à la tête.

Interrogée sur l’inquiétude des parents, qui pourraient renoncer à inscrire leurs enfants dans les clubs de rugby à cause de ces drames, Roxana Maracineanu a rappelé les vertus d’un sport qui selon elle « se prête bien à des comportements d’évitement, de contact, qui sont importants pour le développement de l’enfant. Maintenant, il faut que les règles de ce sport s’adaptent au risque qu’il peut comporter au plus jeune âge ».