Rugby: Inspiré par le handball, Bernard Laporte veut doubler le nombre de licenciés

SPORT Le président de la FFR s’est exprimé lundi soir à Toulouse, lors de l’inauguration de la Ligue Occitanie. Il espère que son objectif aboutira « après la Coupe du monde 2023 »…

Nicolas Stival
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Alain Doucet et Bernard Laporte, respectivement présidents de la Ligue Occitanie et de la Fédération française de rugby, le 17 septembre 2018 à Toulouse.
Alain Doucet et Bernard Laporte, respectivement présidents de la Ligue Occitanie et de la Fédération française de rugby, le 17 septembre 2018 à Toulouse. — N. Stival / 20 Minutes
  • Alors que le rugby français voit ses effectifs baisser depuis plusieurs années, Bernard Laporte s’est montré très offensif.
  • Le patron de la FFR veut partir à la conquête des écoles pour conquérir des licenciés, à la manière du handball.

De la musique du Sud-Ouest, un joli buffet et des convives venus parfois de loin, du Gard ou du pays catalan. La nouvelle Ligue Occitanie de rugby (LOR) a été solennellement inaugurée lundi soir à Toulouse. Présidée par Alain Doucet, l’entité qui couvre feu les régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon pèse plus de 400 clubs et 70.000 pratiquants, répartis dans 13 départements.

« Cela représente 25 % du total des licenciés en France et c’est plus qu’en Irlande, au pays de Galles ou en Ecosse », calcule Bernard Laporte devant l’assistance. Poignée de mains, bises, demande de photos, le président de la FFR est chez lui, en famille, dans cette Maison du rugby du quartier des Argoulets.

Loin des polémiques dont il est souvent le « héros », la dernière concernant sa présence dans la nouvelle émission de Cyril Hanouna. « Je ne cautionne pas les mauvais procès que je vois poindre ici ou là, le rugby a besoin plus que jamais d’exposition médiatique », a commenté Alain Doucet depuis la tribune, avant l’intervention de Laporte.

« On nous a menti durant des années »

Car l’ovalie a connu des jours meilleurs, avec une évaporation d’environ 15.000 pratiquants la saison dernière. Offensif malgré la conjoncture, l’ancien sélectionneur du XV de France poursuit un objectif plus qu’ambitieux. « Il faut que dans cinq ou six ans, après la Coupe du monde [2023], on ait doublé le nombre de licenciés. » Il s’agira de commencer par inverser la courbe actuelle. « On nous a menti durant des années », assurait Laporte un peu plus tôt, lors d’une brève conférence de presse.

« Durant la campagne [pour la présidence de la FFR, en 2016], on nous disait qu’on avait 450.000 licenciés. Quand on a regardé, on n’en avait que 330.000, dont 50.000 dirigeants ! On s’est aperçu que depuis 2010-2011, on perdait des licenciés. Comment faire pour stopper cela ? J’ai eu la chance d’être au ministère des sports [d’octobre 2007 à juin 2009] et j’ai vu une fédération, le handball, bien travailler dans les écoles. »

Car pour Laporte, la solution est là. Bien sûr, il y a les 14 mesures du programme « Bien joué » dévoilées samedi, dont le déjà fameux passage en force, pour protéger les jeunes joueurs et rassurer les parents, potentiellement effrayés par la violence des chocs. Mais il faut surtout aller chercher les enfants là où ils passent leurs journées.

« 150 cadres techniques de clubs [CTC] vont être mis en place, pour former nos 8.000 éducateurs qui pourront ainsi aller dans les écoles primaires, afin d’initier et de recruter. Certains clubs le font déjà, mais je veux que ce soit une politique fédérale. » Coût évalué de la mesure, prévue pour 2019 : dix millions d’euros.

Laporte le certifie : ce sera efficace. La preuve ? L’exemple de Saint-Jean-de-Védas, dans l’Hérault. « Dans le village qui a formé le pauvre Louis [Fajfrowski, joueur d’Aurillac décédé le 10 août après un match], qu’on a enterré il y a un mois, ils ont un peu plus de licenciés chez les moins de six ans, les moins de huit ans et les moins de dix ans. Pourtant, s’il y a bien un endroit où ça pourrait faire peur, c’est là. Mais ils ont bien travaillé dans les écoles et ils tirent la quintessence de leur travail. » Comme le handball français donc.

Levée de boucliers à la Maison du rugby de Toulouse.
Levée de boucliers à la Maison du rugby de Toulouse. - N. Stival / 20 Minutes

« Tous ensemble, on va redresser la barre », a promis le Gaillacois à la famille du rugby occitan, dans un appel à l’unité. Et l’exemple vient d’en haut : candidats l’un contre l’autre à la présidence de la FFR en décembre 2016, Bernard Laporte et Alain Doucet sont désormais dans le même camp. Le premier a même soutenu le second lors des premières élections de la Ligue Occitanie, en décembre dernier.