XV de France: Ne parlez pas de défaite encourageante aux Bleus, ils n’en peuvent vraiment plus
RUGBY•Déjà, celles contre l'Australie et la Nouvelle-Zélande en novembre avaient été dures à avaler...N.C.
Ça commence à faire beaucoup. Non, en fait, on n’en est même plus là. Ça fait trop, pour le XV de France. En novembre, il y avait eu l’Australie, bougée mais pas assez (23-25), puis la Nouvelle-Zélande, transpercée comme rarement mais qui s’en était sortie (19-24). Rebelote samedi à Twickenham, où les Bleus ont manqué de rigueur et laissé le match à l’Angleterre dans les dix dernières minutes (16-19).
Cela fait donc trois défaites d’affilée pour l’équipe de France face à de grandes nations au terme de rencontres qu’elle a maîtrisées, parfois emballées, bref, qu’elle aurait dû gagner. Et le contenu, si intéressant soit-il, ne suffit plus à remonter le moral des troupes. « On est tous en colère, rapporte Louis Picamoles, pourtant élu homme du match samedi. On en a marre des défaites encourageantes ! On n’a rien à envier aux Anglais sur certaines choses, mais sur d’autres, des actions qui ne demandent pas forcément beaucoup de talent, ils sont hyper rigoureux, beaucoup plus que nous. »
C’est toujours là le problème, en fait. Un début de match timide contre les Australiens, une incapacité chronique à conclure face aux Blacks, un amoncellement de petites fautes individuelles contre les Anglais… A chaque fois, il y a quelque chose qui coince. « J’ai l’impression que chaque joueur a commis une faute impardonnable. De replacement, en défense, en mêlée, un ballon en l’air qu’on n’attrape pas, un ruck duquel on ne s’écarte pas, énumère Guy Novès. Il y a vraiment eu trop de choses comme ça. On a un cœur gros comme ça, on continue de développer notre rugby comme on sait faire mais ça manque de rigueur, de maturité. »
La jeune équipe montée par le nouveau sélectionneur depuis un peu plus d’un an maintenant est joueuse, et franchement on aime ça. Elle doit aussi, maintenant, savoir être tueuse. « Le constat est là. On fait de bonnes choses, mais on échoue encore. La finition, il faut la travailler, juge l’ouvreur Camille Lopez. Il faut que l’on grandisse encore. »
Ces jours meilleurs, il y a bon espoir qu’ils arrivent, quand même. Ce Tournoi est là pour ça. Dès dimanche, les Bleus vont affronter l’Ecosse, qui vient de battre l'Irlande, au Stade de France. Pas question, cette fois, de quitter le terrain en losers magnifiques. La rage de tomber si près, encore et encore, doit bien servir à quelque chose.



















