France-Australie: Non mais en vrai, ils sont où les joueurs connus dans notre XV de France?

RUGBY Franchement, en regardant l'équipe qui va jouer contre l'Australie samedi, on se dit qu'on ne connaît pas grand monde...

Nicolas Camus

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Le XV de France se prépare avant le test-match face aux Samoa, le 12 novembre 2016.
Le XV de France se prépare avant le test-match face aux Samoa, le 12 novembre 2016. — MIGUEL MEDINA / AFP

Vous allez dire qu’on cherche toujours à personnaliser les sports collectifs, à s’attacher aux individualités et à en faire des caisses dès qu’une tête intéressante ressort de la mêlée. C’est un peu vrai. Mais c’est aussi ce qui fait qu’on aime le sport, non ? On admire une équipe pour ses exploits, on s’y attache grâce aux personnalités qui la composent.

Si l’équipe de France de foot fait à nouveau recette, c’est aussi parce qu’on est fiers comme tout d’exhiber notre super Grizou à la face du monde. Ça marche aussi pour les autres sports. Le basket a TP, le handball Karabatic, le volley Ngapeth. Et le rugby, alors ? Et bien au moment où le XV de France se prépare à affronter l’Australie, samedi, puis la Nouvelle-Zélande la semaine suivante, on cherche toujours.

Cela fait quelques années maintenant que les Bleus n’ont plus été portés par une figure emblématique, indiscutable sur le terrain et captivant en dehors - malgré toute notre affection pour Thierry Dusautoir. Il n’y a qu’à jeter un œil à l’équipe qui défiera l’Australie pour s’en rendre compte.

Que des noms qui n’évoquent pas grand-chose au commun des mortels. Et qui peinent à exciter les amateurs. Il est où, le leader médiatique, respecté, écouté qui pourrait nous vendre cette équipe de France ? Les joueurs les plus expérimentés, Picamoles, Maestri et le capitaine Guirado, cultivent la discrétion. Les plus spectaculaires, Vakatawa et Nakaitaci, sont Fidjiens. Le demi d'ouverture frisson ? Jean-Marc Doussain, la sobriété incarnée qui a bien plus souvent joué demi de mêlée.

Il y a bien Wesley Fofana qui sort un peu du lot, en tout cas niveau popularité. Avec ses 304.000 abonnés sur Twitter, il est le seul à se trouver dans les standards des grands sportifs français, quand ses coéquipiers rassemblent péniblement 10.000 fans.

Les réseaux sociaux sont un marqueur important. « Ils sont obligatoires pour se rapprocher du grand public », note Camille Naude, de My Sport Agency, une agence spécialisée dans la gestion d’image de sportifs basée à Toulouse. Mais ça ne suffit pas. On ne peut pas dire que Fofana soit le petit chouchou du peuple.

Que faut-il d’autre, alors, si l'on s'en tient au hors-terrain ? « Il n’y a pas de secret, les noms que l’on retient sont ceux liés à des campagnes publicitaires », reprend notre expert comm’. Pas faux. Parmi les 50 sportifs préférés des Français en 2015, on ne retrouve que quatre rugbymen : Frédéric Michalak (6e), Thierry Dusautoir (11e), Morgan Parra (26e) et Vincent Clerc (34e). Pourtant, plus aucun d’entre eux ne porte le maillot de l’équipe de France. Excepté Dusautoir (dont on avait beaucoup parlé en fin d’année au moment de sa retraite internationale suite à la Coupe du monde), ils passent en revanche régulièrement dans des spots sur le petit écran.

Ces cas restent très rares, alors que le rugby dispose d'un bon potentiel médiatique. « C’est propre à ce sport et à ses valeurs, tente d’expliquer Camille Naude. La plupart des joueurs sont réservés et pas trop intéressés par tout ça. Eux, c’est le terrain. Et puis c’est aussi une question de génération. » Un talent hors-norme peut se suffire à soi-même, mais personne n’a ce profil en ce moment.

Beau, fort, sympa, charismatique… Mettez les doses que vous voulez et mélangez tout ça, la tête d’affiche est un amalgame complexe. « Pour devenir une star, un sportif doit sortir du cadre, par un fait majeur capable de faire de lui une personnalité médiatique, expliquait au moment de la Coupe du monde 2015 Roman Ptaszyński, de TNS-Sofres, à Slate. Le rugby ne suscite pas cela. »

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La starification n’est pas dans les gênes du rugby, on l’aura compris. C’est louable et en même temps dommageable. La promotion d’un sport passe aussi par là. Anecdote de Camille Naude: « L’Australie et la Nouvelle-Zélande sont deux matchs référence, qu’on devrait tous attendre avec impatience, et personnellement je n’ai vu l’info qu’il y a deux jours… Alors que j’aime beaucoup le rugby ! ».

Disposer de joueurs qui incarnent leur équipe ne ramènera pas en soi les Bleus vers les sommets mondiaux, on est d'accord. Mais avec tout ce que cela représenterait sur le terrain et en dehors, ce serait un signe pluôt encourageant.

Après avoir dit tout ça, on vous laisse la parole en vous proposant une liste de potentielles têtes d’affiche pour le XV de France. Vous validez ou pas ? Faites votre choix.