Roland-Garros : Monfils-Federer, Simon-Wawrinka, Tsonga-Berdych… Mode d'emploi pour trois exploits

TENNIS Super sunday sur les courts de Roland...

B.V. et N.C.

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Stanislas Wawrinka (à gauche) face à Gilles Simon Lancer le diaporama
Stanislas Wawrinka (à gauche) face à Gilles Simon — SIPA

C’est un Super Sunday qui s’offre à nous. Trois Français seront en huitièmes de finale ce dimanche, mais pour combien à l’arrivée en quarts ? C’est toute la question car Gaël Monfils, Gilles Simon et Jo-Wilfried Tsonga n’affrontent pas des truffes. En face, on a respectivement Federer, Wawrinka et Berdych. Sans être favoris de leurs matchs, les Français ont un vrai coup à jouer et on a essayé de voir comment ils pourraient l’emporter. Voilà à peu près ce que ça donne.

SIMON - WAWRINKA

Stanislas Wawrinka (à gauche) face à Gilles Simon - SIPA

 

Son plan de match : Gillou ne savait pas encore marcher qu’il imaginait déjà des plans de jeu. Alors ce n’est pas contre Wawrinka, qu’il « connaît extrêmement bien », qu’il va se présenter démuni. « Je sais exactement à quoi m’attendre. Quand il joue bien, il faut s’accrocher. Il a beaucoup d’armes dans son jeu, des grosses frappes, il sert bien. Je sais ce qu’il fait très bien sur un terrain… mais aussi ce qu’il fait moins bien », assure Simon. Comme être constant, par exemple. Et oui, car ce n’est pas parce qu’il est également bien rencardé sur son adversaire - « il ne faut pas se précipiter, il essaie de te faire venir et l’important c’est de ne pas y aller quand lui veut mais quand toi tu le décides », dit-il - que Wawrinka ne va pas faire tout l’inverse s’il déraille un peu.

Le scénario rêvé : Face à un des plus gros athlètes du circuit, inutile d’espérer gagner au physique pour Gillou. Ni au tennis d’ailleurs, Stan est-au dessus sur la durée. La solution ? Venir intimider le Suisse dans le vestiaire avant le match, comme après la défaite en Coupe Davis. Avec des copains, hein, Simon ne fait pas peur à grand-monde. Une fois sur le terrain, accompagner chaque point gagnant d’un guttural « Pour toi Ilham », du nom de l’ex-madame Wawrinka, un sujet qui agace beaucoup le bonhomme. Après un premier set gagné au tie-break sur une balle let, le Suisse devrait complètement péter un boulon.

Le match dont il faut s’inspirer : Shanghaï 2014

Oublions la défaite lors de la finale de Coupe Davis pour s’intéresser plutôt au dernier match entre les deux hommes « sur le circuit ». Gilles Simon s’est offert Wawrinka à Shanghai fin 2014 en faisait craquer le Suisse, qui a même quasiment refusé de jouer le dernier point pour conclure un festival de 66 fautes directes.


Sinon, il y a aussi un match incroyable entre les deux hommes à Roland en 2012. Sauf que ce match, Gilles Simon l’a perdu. Mais jusqu’au cinquième set, il avait tout bon.

Le people en tribunes qui va le faire gagner : Anna Wintour

La papesse de la mode a déjà été aperçue cette année dans les tribunes du Central et l’on espère qu’après avoir jeté un œil vers le short immondissime de Stan Wawrinka, elle enverra de nombreuses ondes négatives vers le joueur Suisse.

Anna Wintour (à droite) dans le public de Roland-Garros - AFP

 

TSONGA - BERDYCH

Tomas Berdych (à gauche) et Jo-Wilfried Tsonga - Photos SIPA

 

Son plan de match : Clairement, il ne va pas falloir faire comme d’hab’. C’est que le grand Tchèque est comme qui dirait la bête noire de Jo, contre qui il a perdu six fois en huit confrontations. « J’ai toujours eu beaucoup de difficultés contre lui, reconnaît le Manceau. Il a une régularité incroyable, il joue bien partout. Mais il n’est pas imbattable. La clé, c’est vraiment d’être d’être hyper concentré du début à la fin. » Surtout en retour. Berdych a tendance à s’agacer quand son adversaire commence à ramener ses missiles en première, et son pourcentage dégringole vite. Contre Paire au tour précédent, il est tombé à 58 %. Ça peut aider.

Le scénario rêvé : Berdych ne se présente pas sur le court à cause d’une intoxication alimentaire contractée au goulash. Où alors il se blesse rapidement dans le premier set, histoire de nous épargner trois heures de distribution de pains insoutenables, avec une victoire en quatre manches au bout. Dont un tie-break salement vendangé par Tsonga alors qu’il pouvait faire tourner le match. Pas la peine de faire la moue, vous savez comme nous que Tsonga ne passera pas à la régulière.

Le match dont il faut s’inspirer : Marseille 2013

Tsonga le dit lui-même, il a « beaucoup de mal » contre Tomas Berdych. Alors autant chercher dans les deux seuls matchs qu’il a remporté face à lui (en huit confrontations). Le premier date de 2011 le deuxième, plus frais, remonte à 2013. C’était une finale à Marseille, et le Français avait fini pour s’imposer au terme d’un match très disputé et surtout d’un niveau assez exceptionnel. Celui qu’il devra sans doute atteindre une nouvelle fois pour se farcir le 4e joueur mondial.

Le people en tribunes qui va le faire gagner : Michèle Laroque

Figurez-vous que la comédienne Michèle Laroque est une grande fan de Jo-Wilfried Tsonga et qu’elle l’avait déjà grandement félicité sur Twitter après une belle victoire de Jo face à Federer, à l’été 2014. Grande amatrice de tennis, elle est souvent dans les tribunes pour les matchs de son chouchou. Et ça va lui porter chance, évidemment.

 

Michèle Laroque en tribunes de Roland-Garros, à côté de Sylvain Wiltord, en 2015 - AFP PHOTOS

 

MONFILS - FEDERER

Gaël Monfils (à gauche) et Roger Federer, à Roland-Garros en 2015 - SIPA


Son plan de match : La Monf’ reste sur deux victoires contre Fed’, et les deux fois sur terre battue (Coupe Davis et Monte Carlo). Il connaît donc la recette. « Il pose beaucoup de questions et c’est toujours dur de trouver les réponses. Le mieux, c’est d’imposer son rythme, son jeu, pour que ce soit moi qui arrive à lui poser des questions, explique le Parisien. Si c’est le cas, ça voudra dire que je suis dans mon match et que je suis bien. » Et s’il réussit à faire durer le match – ce n’est pas après deux victoires en 5 sets qu’il va commencer à faire le difficile –, il pourra emmener le public avec lui. « A Paris, il est encore plus fort. Gaël vit pour ce genre de match. Je connais le danger, ses capacités », reconnaît Federer. Qui l’a quand même toujours battu à Roland (2008, 2009, 2011)

Comment on adorerait que ça se passe : Débarqué sur le court en écoutant du Matt Pokora avec les deux genoux strappés et l’œil endormi, Monfils perd les deux premiers sets en une heure et demi avant de concéder un triple break dans le troisième set. Et là, bêtement, Rodgeur envoie un coup droit dans les bâches. Le Central se lève alors comme un seul homme pour encourager le Français. « J’ai vu à ce moment-là qu’il y avait la place » expliquera Gaël après coup. Trois plongeons plus tard, le Suisse perd son premier jeu de service du match. Il n’en gagnera plus que deux dans les deux manches suivantes, balayé 4-6, 3-6, 7-5, 6-1, 6-1, juste avant la nuit.

Le match dont il doit s’inspirer : Coupe Davis 2014

LA BRANLEE ! Alors peut-être que Roger Federer était un peu blessé et qu’il s’économisait pour le cinquième match qu’on eut cru possible décisif, mais on ne prend pas trois sets comme ça. Le Français avait marché sur le Suisse en trois manches, 6-1, 6-4, 6-3, sans lui laisser la moindre chance. Bon, sinon, au bilan total Federer mène 8-4 dont un sale 3-0 à Roland. Mais c’est du détail.

Le people qui va le faire gagner : Matt Pokora.

Ca fait déjà un bail que les deux sont super potes. « Je viens dès que c’est possible à Bercy ou Roland-Garros, nous expliquait le chanteur en 2011. Je fais partie du clan Monfils. C’est quelqu’un qui marche vachement à la confiance. Il est capable de passer à côté d’un match parce qu’il n’y a personne dans le stade et qu’il n’y a pas d’ambiance. Il fonctionne un peu à l’américaine. C’est un show-man. Il a besoin des gens pour se transcender. » Et donc de toi, Matt.

M-Pokora, grand pote de Gaël Monfils, se charge de mettre l’ambiance lors des matchs de son copain. - NIKO/NIVIERE/SIPA