PSG-Bordeaux : Les ratés de Mbappé, le désert du milieu... Les Girondins se sont nourris des errances parisiennes

FOOTBALL Les Girondins ont su saisir la chance offerte par le PSG

William Pereira

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Ligue 1: Le débrief express de PSG-Bordeaux (2-2) — 20 Minutes

Au Parc des Princes,

Un match nul, deux perspectives. Là où Thomas Tuchel ressent la défaite, les Girondins de Bordeaux voient la victoire. Question de différence de force de frappe, mais pas seulement. Le scénario du match laissait présager le pire pour les visiteurs en fin de première période, alors on peut aisément comprendre le poing serré de Laurent Koscielny​ devant la caméra dans le tunnel du Parc après le coup de sifflet final. Gasset ne boude pas non plus son plaisir. « Je suis heureux de l’état d’esprit des joueurs, dit-il en conférence d’après-match, du fait qu’ils n’aient pas été abattus après le deuxième but. »

Il y avait pourtant de quoi vriller. D’une situation favorable – l’ouverture du score contre son camp de Pembele à la 10e – et un corner sur la droite de la défense parisienne, les Bordelais sont passés à un penalty pour Neymar (27e) après un slalom maradonesque dont Paul Baysse a sûrement cauchemardé et un coup de batte de baseball sur la nuque signé Moise Kean une minute plus tard. Une séquence qui a eu le don de mettre les manieurs de ballon parisiens en confiance, laissant place à de belles séquences collectives plus entrevues depuis un bail sur le front du PSG. Tuchel, pourtant sévère samedi soir, n’a pas oublié de le mentionner dans son analyse post-match. « On a maîtrisé la première mi-temps, on a contrôlé totalement. On a bien joué parce qu’on a suivi le plan, on a été discipliné et on s’est créé des occasions contre une équipe contre qui c’est d’habitude dur de s’en créer. »

Costil 1-0 Mbappé

Très bien Thomas, mais les occasions sont quand même bien plus arrangeantes lorsqu’elles sont converties en but. Kylian Mbappé, grand perdant de la soirée face à Benoît Costil, en sait quelque chose. Serait-il stressé par la perspective d’un 100e but sous les couleurs parisiennes. Tuchel ne pense pas. Au contraire, « ça lui donne une pression positive », croit-il savoir. Ça ne correspond pas trop à ce qu’on a vu sur son face-à-face scandaleusement raté avec le gardien girondin dans des conditions pourtant dignes de feu le challenge Orange des U15 de Meudon à la mi-temps au Parc.

Pourquoi tenter le crochet intérieur quand il y avait mille fois la place pour trouver le cadre ? Du reste, reconnaissons à Costil un niveau stratosphérique, même quand Kyky faisait les bons choix. Avant la pause, il était allé chercher du bout du bout des ongles un ballon destiné à terminer sa course dans le petit filet opposé, au lieu de quoi il est allé mourir sur le poteau.

La victoire tactique de Gasset

Autre lacune parisienne que les Bordelais ne se sont pas privés d’exploiter, le désert du milieu du PSG sur les phases de transitions offensives-défensives. On ne peut pas dire que le duo Ney-Mbappé a été besogneux lorsqu’il s’agissait de repli et c’était guère mieux pour Paredes, Rafinha puis Herrera, dont certaines courses défensives s’apparentaient au mieux à du travail en fractionné. En face, les Girondins se sont contentés « de rester équilibrés derrière », pour mieux surprendre en contre, explique Gasset, surtout à partir de la 70e, quand Tuchel a fait pencher son jeu vers l’ultra-offensif.

« Il y avait de l’espace devant donc il fallait laisser les joueurs offensifs en contre et ne pas les accompagner parce que Paris a fini avec cinq attaquants de grand niveau [Neymar, Mbappé, Di Maria, Sarabia et Icardi]. On a maîtrisé tactiquement défensivement mais sans la finition devant. »

Ce n’est pas passé loin. Sous l’impulsion d’un Ben Arfa retrouvé, les Girondins ont failli réussir le coup parfait à la 89e quand l’ancien Parisien a parfaitement lancé De Préville dans la profondeur. Mais, à l’image de Mbappé une demi-heure plus tôt, il a failli dans son duel contre Sergio Rico, alors qu’il était parfaitement isolé. L’un des rares domaines où Bordeaux n’aura pas réussi à faire mieux que le PSG. La victoire se joue parfois à peu de chose.