PSG - Bayern Munich : « On a construit quelque chose »... Paris a de quoi être fier et optimiste pour la suite

FOOTBALL Le PSG a fait un grand pas en avant grâce à cette campagne de Ligue des champions

William Pereira

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Kylian Mbappé, déçu.
Kylian Mbappé, déçu. — David Ramos/AP/SIPA

De notre envoyé spécial à Lisbonne,

Tête baissée, yeux humides, mine désappointée, Thiago Silva est le premier joueur parisien à descendre du car pour rentrer à l’hôtel Myriad. Le Brésilien sait qu’il a laissé passer sa dernière chance de remporter la Ligue des champions avec le Paris Saint-Germain. « C’était mon dernier match à Paris. Je suis triste, concède-t-il au micro de RMC Sport. Je m’excuse auprès des supporters. Je remercie tous les fans pour leur amour. Je reviendrai à Paris, ce club que j’ai aimé, dans un autre rôle. »

Si ce Final 8 constitue une fin pour « o Monstro », on sent le PSG au début de quelque chose. Et malgré la déception de la défaite, l’occasion manquée d’embarquer la Coupe aux grandes oreilles à Paname et la difficulté d’accéder une deuxième fois à ce stade de la compétition, on a très envie d’être optimistes. Pour tout plein de raisons.

Le PSG s’est délesté d’un poids

A peine remis de l’élimination en 8es de finale contre Manchester United l’année dernière, Thomas Tuchel, disait peu ou prou dans une interview à beIN que plus le PSG échouerait à ce stade de la compétition, plus il aurait la pression au moment de valider son passage en quarts. En éliminant le Borussia Dortmund en février, Paris a fait sauter une barrière qu’on croyait devenue infranchissable. En bonus, l’équipe s’est surpassée pour réaliser la meilleure saison européenne de son histoire. Les sceptiques pourront toujours crier au format et au tableau avantageux, le club de la capitale n’a pas usurpé sa place en finale. Il mérite donc un peu de respect et gagne le droit de ne plus avoir la tremblote arrivé en huitièmes de finale.

Un groupe est né

La formule fait un peu cliché, on en convient, mais les joueurs et le staff parisiens ont tellement mis l’accent dessus qu’il serait malhonnête de ne pas en parler. Ander Hererra, encore sonné après la défaite, dimanche soir :

« On a construit quelque chose d’important pour le club, pour nos supporters. On va réfléchir à ce qu’on a fait, au groupe qu’on a construit. On ne va pas mettre tout ça à la poubelle. On reviendra la saison prochaine. On doit rester ensemble et le prochain rêve commence samedi. »

Le format du Final 8 et le contexte sanitaire a poussé l’équipe à vivre en vase clos et par définition à se rapprocher. Vous nous croyez pas ? Lisez donc l’ancien Parisien Valdo. « Ce que j’ai senti c’est l’amour entre eux, l’amitié, la complicité entre les joueurs et l’entraîneur. Quand c’est comme ça, c’est parfait. » Il ne peut donc en résulter que du bon.

Neymar enfin en mission à Paris

C’est peut-être celui qui sort le plus grandi de ce Final 8. A 28 ans, il était temps, direz-vous. Pas un supporter du PSG à qui on a adressé la parole à Lisbonne, qu’ils soient français, portugais ou brésiliens, n’a manqué de se montrer dithyrambique sur la nouvelle mentalité du Ney. « On sent qu’il a grandi, que c’est devenu un homme », nous disait Victor, l’un d’entre eux, avant la finale. Impliqué dans le collectif, leader à sa manière hors – avec son enceinte géante - et sur le terrain – par le dribble et la passe – donne l’impression d’avoir enfin le cœur à Paris. Un an après son caprice estival, même les supporters les plus rancuniers le reconnaissent : le PSG a besoin de ce Neymar pour assouvir ses ambitions. Si possible avec Mbappé. Car s’ils sont passés à côté de leur finale, ces deux-là font plus que jamais la paire.

Thomas Tuchel a gagné en street crédibilité

On le disait contesté dans le vestiaire, limité au plus haut niveau, Thomas Tuchel a démontré à Lisbonne qu’il avait de la ressource. S’il s’est planté dans son onze de départ contre l’Atalanta, ses changements ont permis au PSG de se remettre à l’endroit. Il a ensuite trouvé la bonne formule pour étouffer Leipzig. Surtout, c’est l’instigateur de l’esprit de groupe dont on parlait plus haut. Bref, le Final 8 a permis à l’Allemand de renforcer son aura au sein du vestiaire. Il a maintenant une saison pour convaincre Leonardo de le prolonger.