PSG-Galatasaray : Engagement, solidarité en attaque comme en défense… A Paris, le collectif est tissé

FOOTBALL Le PSG a rassuré son monde en livrant enfin une prestation collective aboutie

William Pereira

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Regardez comme ils sont heureux
Regardez comme ils sont heureux — Christophe Ena/AP/SIPA

On commençait à trouver le temps long. A quelques minutes du coup d’envoi de PSG-Galatasaray, attablé face au pupitre en tribune presse du Parc des Princes, une question nous anime : à quand remonte la dernière belle prestation collective parisienne ? Montpellier ? Non. Nantes ? Certainement pas. On vous le fait en accéléré, mais on est assez logiquement remonté jusqu’au 27 octobre et la première période du classico.

Depuis, c’était un peu le bazar, Paname se reposait sur ses lauriers, ou pour ainsi dire ses individualités. Plus inquiétant, la sensation que tout foutait le camp se faisait plus nette au fil des rencontres, d’aucuns y voyant carrément une perte d’autorité de Thomas Tuchel, finalement dépassé par les égo qu’il avait auparavant su si bien gérer. L’espoir de revoir un PSG uni dans le beau jeu s’amenuisait et il fallait donc faire quelque chose. Et quoi de mieux qu’un match sans enjeu pour travailler le fond ? « J’attends qu’on montre ensemble que nous sommes capables de jouer comme une vraie équipe. Si on veut gagner de grandes choses, c’est la seule solution », disait l’Allemand la veille du match de Ligue des champions. Pour un mec censé perdre le contrôle, il a bigrement été écouté par ses ouailles.

L’état d’esprit a occulté le bricolage de Tuchel

Evidemment, et comme à chaque fois en préambule, on rappelle à qui n’a pas vu le match que l’opposition était faible, très faible, même. Mais il y a de quoi se satisfaire de la copie collective rendue par les Parisiens mercredi. Marquinhos l’expliquait mieux que nous sur RMC Sport :

Il n’y a rien à cacher : l’état d’esprit est vraiment au-dessus maintenant. Même à Montpellier, il y avait beaucoup d’engagement de la part de tout le monde. Même sans le ballon, tout le monde a aidé : bloc compact, milieu resserré. Cela nous aide beaucoup derrière, cela nous tranquillise car les ballons arrivent alors qu’on est serrés, en duel. […] Si tout le monde arrive à continuer avec cet état d’esprit, cette intensité, on va faire de très bonnes choses cette saison. »

En dehors du score et du rendu global, la grande réussite de cette version collective du PSG réside dans sa capacité à avoir fait oublier les aspérités de la feuille de match. Rappelons qu’à part les trois de devant, Tuchel a quand même fait jouer un gosse de 17 ans au milieu – qui s’en est très bien sorti – Layvin Kurzawa à droite – ceci n’est pas une faute de frappe – et Diallo pour faire souffler Thiago Silva. Et on n’y a vu que du feu. Devant, parce que l’animation était parfaite, derrière parce que la ligne de récupération haute a permis aux Parisiens de rester tout le match dans le camp turc. Petite pensée émue pour le pauvre Rico qui doit être cryogénisé à l’heure où on vous écrit.

Enfin, le meilleur signe de l’existence d’un collectif parisien, c’est l’excellent bilan comptable de Paname en C1 depuis le début de saison. Grâce à son dernier succès européen de l’année 2019, le champion de France termine en tête de sa poule avec 16 points, soit cinq de plus que le Real Madrid. Le tout, en ayant planté 17 cacahuètes et concédé seulement deux buts. Les rageux diront Keylor Navas, Thomas Tuchel préfère parler équipe au micro du diffuseur de la compétition. « Toutes les autres victoires l’ont été sans but encaissé. Ce n’est pas possible avec 11 individualités. Nous sommes une équipe, les gars l’ont encore montré et je suis convaincu qu’ils vont le montrer encore et encore. » Attendons quand même février avant de nous enflammer.