PSG-Monaco: Ce que nous dit l’absence de fête pour le titre sur le Paris Saint-Germain

FOOTBALL L'ambiance étrange qui régnait dimanche soir au Parc des Princes n'est pas anodine

William Pereira

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Des images de joie sporadiques, mais pas de vraie fête dimanche au Parc
Des images de joie sporadiques, mais pas de vraie fête dimanche au Parc — FRANCK FIFE / AFP

Au Parc des Princes,

Ni avant, ni après, ni pendant PSG-Monaco… Du bruit, il n’y en a pas eu, sinon sporadiquement, dans les travées du Parc des Princes pour fêter le huitième championnat de l’histoire du club. Et on ne peut pas dire que l’institution parisienne se soit creusé la cervelle pour offrir une soirée digne d’un champion de France. Des « champi8ns de France » çà et là sur les écrans du stade, un ou deux cris du speaker pour rappeler que quoi qu’il arrive ce soir, la Ligue 1 n’échapperait pas à Paris, des drapeaux, des jeux de lumière, du Michael Jackson en fond sonore, quelques applaudissements des joueurs en direction de la tribune Boulogne, on se brosse les dents et au lit.

Dix minutes après le coup de sifflet final, le stade était vide. Une tristesse, une aberration, appelez ça comme bon vous semble. Nous, on se contentera d’essayer de lire entre les lignes, de se demander ce que signifie cette absence de joie dans la gagne.

L’échec de la Ligue des champions est toujours présent dans les esprits

« C’est sûr qu’on est déçus pour Manchester, mais le football continue. » C’est à peine s’il y croit, Kylian Mbappé​, quand il balance ces mots en mode pilote automatique au micro des confrères de Canal +, dimanche soir. On le sent bien, il y a comme un mal-être en cette fin de saison. La conviction que, quoi que vous fassiez, rien ne pourra effacer l’affront du retour contre Manchester United, trahison ultime des velléités européennes du PSG. Le manque de ferveur du public parisien va dans ce sens : la cicatrice ne s’est pas refermée et le temps du pardon n’est pas encore arrivé. En réponse, les joueurs ont la joie timide, presque pudique. La décence de ne pas s’enflammer, si l’on veut y voir de la vertu. Résultat, pas grand-chose à se mettre sous la dent à part Choupo-Moting qui se fait asperger de champagne devant les caméras dans le tunnel du Parc.

La L1 n’a plus de valeur pour Paris

Voilà bien longtemps que gagner la Ligue 1 n’est plus la priorité du « dream bigger project », sinon une de ses composantes. Un championnat que l’on remporte quasiment tout le temps, qui plus est sans souffrir, n’apporte aucun crédit. Pire, il anesthésie et entraîne jusqu’aux plus fidèles supporters vers une lassitude inéluctable. Là où la Premier League constitue une échappatoire pour les clubs anglais éliminés de C1, la L1 n’a jusqu’à preuve du contraire plus rien à offrir au PSG, ni aura ni joie, et c’est tout sauf une surprise d’apprendre que le champion de France est cité parmi les clubs favorables à une Ligue Européenne fermée.

Il reste encore la Coupe à aller chercher

La Ligue 1 seule ne permettant pas de lutter contre la déception européenne chronique, les supporters ont pris l’habitude de se réfugier dans un triplé (quadruplé si on compte le Trophée des champions) national qui n’intéresse que la France. La Coupe de la Ligue envolée à la suite d’un autre fiasco – contre Guingamp – il ne reste plus qu’un trophée à aller chercher. Et comme les dernières semaines ont démontré que n’importe qui pouvait venir à bout du PSG, tout le monde préfère attendre l’éventuelle conquête de la Coupe de France avant de s’enflammer. Y compris Alphonse Areola : « la Coupe de France nous tient à cœur, on espère aller chercher ce titre et ne rien laisser aux autres », et Marquinhos : « le titre de champion de France il est là, maintenant il faut aller chercher la Coupe. L’objectif de la saison c’était de gagner un maximum de titres. »

Le Parc n’est pas grand-chose sans ses ultras

Mais ça, on le savait déjà. Les dirigeants parisiens peuvent maudire le sort d’avoir fait coïncider ce huis clos partiel du virage Auteuil sur le match du titre. Car pour le reste, l’ambiance kermesse, les joueurs à qui on quémande des autographes à tout bout de champ au bord de la pelouse, c’est sympa 30 secondes, mais ça ne vous achètera pas une ferveur populaire. Pas étonnant que les joueurs ne se soient pas donné la peine de faire de réel tour d’honneur après avoir passé 90 minutes dans un Louis II parisien.