PSG-Lille: Méthode Coué, trop gentil... C'est quoi cette gestion psychologique d'Unai Emery?
FOOTBALL•La communication de l'entraîneur basque du PSG fait débat...William Pereira
«Humainement, Unai Emery a marqué les gens parce qu’il a des couilles. » Cette punchline riche en testostérone signée début 2017 par Romain Molina, auteur de la biographie du Basque, laisse dubitatif un an plus tard. Non pas que l’on soit suffisamment proche du coach basque ni du vestiaire parisien, mais la seule base de ses interventions devant la presse suffit à se poser des questions dont une en priorité : l’entraîneur du Paris Saint-Germain serait-il trop gentil ?
Pas un mauvais mot contre ses joueurs après l’échec de Munich
Sa conférence de presse au Parc des Princes avant de recevoir le Losc en Ligue 1, largement portée sur la défaite de son équipe à Munich en Ligue des champions, nous conforte en tout cas dans cette idée. Pas une seule fois, depuis mardi, il ne s’est montré critique à l’égard de ses joueurs.
« « Après le match de Munich je vois plus de choses positives que négatives. Le Bayern a joué des finales de Ligue des champions. Si tu cites quatre favoris pour la victoire finale en Ligue des champions l’un d’entre eux est forcément le Bayern. L’analyse globale est positive. Le contexte du moment est qu’on a perdu deux matchs et c’est pas bien. Mais le contexte global il est très bien. » »
Sous-entendu, « on n’a pas perdu contre n’importe qui, n’en faites pas des caisses. Et puis il y a pas moins d’une semaine on roulait encore sur tout le monde ». On est bien d’accord sur la démesure de certaines polémiques (notamment les rumeurs sur un départ de l’Espagnol) et leur caractère prématuré au vu du « bilan global positif de l’équipe » sans cesse invoqué par Emery au cours de la conférence de presse, mais il y a un juste milieu entre sonner l’alarme pour rien et siffloter comme si de rien n’était en attendant que l’orage passe.
Thiago Silva ? « Le meilleur défenseur du monde »
De fait, le technicien basque est un peu l’antithèse du José Mourinho de fin de second mandat à Chelsea. Rappelez-vous, à l’époque, le Portugais tirait dans tous les sens sur ses joueurs au point de flinguer la vie de groupe. En conférence de presse, vendredi, alors que les journalistes ont tout fait pour obtenir d’Emery une réponse critique sur la nouvelle faillite psychologique de Thiago Silva, cette fois à l'Allianz Arena, celui-ci a tressé des lauriers au Brésilien. On n’y comprend plus rien :
« « Thiago Silva est meilleur que l’an passé je l’ai déjà dit. Il est plus positif, il reste très professionnel. Pour moi c’est le meilleur défenseur central du monde. » »
Avant la Coupe du monde 2014, c’est à peu près ce que pensaient tous les autoproclamés experts du foot. Mais là, Unai… Sérieux… Un tacle, juste un rappel à l’ordre, un peu de caractère, mais fais quelque chose. A moins que ça ne fasse partie d’une stratégie, de mind-games à la Emery. Après tout, n’est-il pas un mordu d’ouvrages sur la psychologie et la réussite humaines ? Voilà ce qu’il a répondu vendredi quand on lui a demandé s’il doutait des performances de son équipe et de son rendement comme entraîneur du PSG : « Je ne doute pas. Comment tu veux douter si tu finis premier de ton groupe en Ligue des champions ? », a-t-il déclaré.
En gros, avec Emery, il faut savoir lire entre les lignes. Quand l’Espagnol semble être trop gentil, c’est que la situation est instable, voire précaire. Mais ça ne veut pour autant pas dire qu’il n’agit pas en interne. Lors du penaltygate, il avait fini par trancher en faveur de Neymar mais jamais il ne l’a dit publiquement. Question de cohésion de groupe ? Sûrement. Toujours est-il que ce management pudique le discrédite auprès de la presse, qui, en manque de preuves, a de plus en plus de mal à croire à cette histoire de « cojones ».


















