Nasser on fire, le Clan Neymar au grand complet, les Ultras au taquet... On a vu la meilleure conf' de tous les temps

FOOTBALL On a assisté à la conf' du siècle au PSG...

A.L.G.

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Nasser Al-Khelaïfi et Neymar, les deux meilleurs potes de tout Paris.
Nasser Al-Khelaïfi et Neymar, les deux meilleurs potes de tout Paris. — Lionel BONAVENTURE / AFP
  • Neymar Jr était présenté officiellement vendredi après-midi au Parc des Princes
  • Pour l’occasion, des centaines de journalistes avaient fait le déplacement
  • La conférence de presse a donné lieu à quelques scènes bien sympas

C’était l’homme le plus attendu de Paris, et après des semaines d’un feuilleton aux multiples rebondissements, il est enfin arrivé. Neymar Jr est officiellement un joueur du Paris Saint-Germain et sa présentation par Nasser al-Khelaïfi dans l’auditorium du Parc des Princes était plus attendue encore qu’une victoire du PSG en Ligue des champions. Ou presque.

  • Trois Obus, demis de bière et Neymar à toutes les sauces

C’est LE bar que les supporters du PSG connaissent par cœur, celui où on raque 10 balles sa pinte de bière après les matchs et où on débrief les exploits des rouges et bleus. Du coup ce matin, même si c’est pas la foule des grands jours, il n’y a qu’un seul sujet de conversation, Neymar. En fond, sur une télé fixée au mur, la conf’de presse à venir attire déjà les regards. Et entre deux gorgées de bières ou de café, quelques mecs accoudés au zinc refont le monde autour du Brésilien.

- Y en a qui disent qu’il fait une connerie de venir au PSG, mais regarde Maradona, c’est en quittant le Barça pour Naples qu’il a écrit sa légende. Ben lui, ça sera pareil.

- Il est où en ce moment d’ailleurs ?

- A son hôtel, au Royal machin chose là…

- Au Royal Monceau.

- Ouais, c’est ça.

- Putain, t’as vu le monde qu’il y a pour s’acheter un maillot à 140 euros sur les Champs-Elysées.

- Ouais, c’est n’importe quoi… Mais je crois que celui-là je vais quand même l’acheter !

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  • L’auditorium et la chaleur humaine

Bon, c’est pas non plus un scoop, mais il fallait se lever tôt aujourd’hui pour avoir la chance de poser ses fesses dans l’un des fauteuils de l’auditorium du Parc des Princes et assister aux premiers mots de Neymar le Parisien. Dans la salle, c’est un concert multilingue où les journalistes, qu’ils soient Français, Anglais, Américains, Espagnols ou Brésiliens, s’échangent des infos et tuent le temps en attendant le messie de Paris.

Les places assises sont chères, donc, et celui ou celle qui a l’audace de laisser la sienne vide l’espace de quelques secondes le regrette bien vite. Pas de pitié dans le métier… En plus de ça il fait chaud, mais genre très, très chaud. Habituellement bien climatisée, la salle de presse n’a pas droit à ce privilège aujourd’hui et la température monte en flèche. Ça sent même assez rapidement le taureau, on ne va pas se mentir. Mais bon, on nous a dit que le jeu en valait les auréoles donc…

  • Le clan est dans la place

Quand Neymar voyage, c’est toujours un spectacle puisqu’il se trimballe la plupart du temps avec une clique digne d’un rappeur US en manque d’affection. Les premiers à faire leur apparition dans l’auditorium, ce sont ses potes, ses « toiss » comme ils s’appellent eux-mêmes. Sapés à la cool, tee-shirts tendances, lunettes de soleil et casquette vissée, ceux-ci se tiendront debout contre le mur durant toute la conférence, en mode garde rapprochée prêt à bondir en cas de pépins.

Vient ensuite la famille avec, en tête, Neymar Sr, dont l’entrée dans la salle déclenche automatiquement une rafale de flashs. Suivent ensuite la maman, la frangine, le mystérieux et influent Mr Zahavi ainsi que l’agent de Neymar, Wagner Ribeiro. Tout ce petit monde à le sourire au moment de s’asseoir aux premiers rangs. On peut les comprendre, après des semaines de tractations aux quatre coins du monde, le plus dur est passé.

  • On se lève tous pour Nasser, sérieusement ?

La chorégraphie est réglée au millimètre. Après l’entrée en scène du clan Neymar, c’est au tour des hommes forts du PSG de débouler dans l’arène. Le trio magique Jean-Claude Blanc-Maxwell-Antero Henrique rejoint les premiers rangs pour claquer la bise aux proches de Neymar avant que le boss final ne fasse à son tour son apparition.

Même s’il fait son maximum pour ne pas arriver en faisant la roue ou en dansant le moonwalk, on sent au premier coup d’œil que Nasser Al-Khelaifi est fier du coup qu’il vient de réaliser. Le visage ne ment pas, jamais. Et là pour le coup, le visage de Nasser crie « et alors, c’est qui l’patron ? !!! » Et là, alors qu’il avale les derniers mètres qui le séparent de l’estrade, le président du PSG est accueilli par une volée d’applaudissements venue de tous les côtés de la salle. La scène, surréaliste, traduit bien l’ampleur de l’événement qui se déroule sous nos yeux (un peu) (beaucoup) ébahis.

  • Pas de retard pour Neymar

La présentation de Neymar au Parc restera dans l’histoire à divers égards. D’abord parce que c’est Neymar, bien sûr, mais un peu aussi parce qu’aujourd’hui c’est tout un pan des us et coutumes du PSG qui vient de se casser la gueule. Pourquoi ?

Parce que la conférence de presse a commencé A L’HEURE !!!!!!!

N’importe qui qui suit un tant soit peu le club sait combien les retards d’un quart d’heure, puis d’une demi-heure, puis d’une heure, sont une tradition au Paris Saint-Germain. Ça avait été le cas à l’époque de Zlatan, ça l’a été de nouveau, beaucoup plus récemment, avec Dani Alves, et on s’était préparé à ce que l’histoire bégaye. Mais non, même pas. Ayons une grosse pensée pour ce cahier de Sudoku qui ne sera jamais rempli…

  • Le Nasser Al-Khelaifi show

On avait remarqué dès son arrivée que la jauge de « coolitude » du président parisien frôlait les sommets et ça s’est vite confirmé. La première phrase donne le ton : « Je suis très heureux d’accueillir Neymar, le meilleur joueur du monde. » Biiiiim ! Cristiano ? Messi ? C’est qui ces ploucs ? Chaque réponse qu’il apportait aux journalistes était accompagnée d’un sourire béat que seul un premier amour de vacances peut venir concurrencer.

Même quand il s’est agi de causer pognon, Al-Khelaïfi, d’habitude si prudent et réservé au moment d’évoquer le portefeuille, semblait prendre du plaisir. Le prix élevé du transfert ? « Oui, c’est un transfert qui est cher aujourd’hui mais je suis sûr que Neymar vaudra le double dans quelques années. Avant Neymar, le PSG valait un milliard, avec lui il en vaut déjà un milliard et demi. » Des craintes à avoir au niveau du fair-play financier ? « Mais non. A ceux qui s’inquiètent du fair-play financier, je leur dis ‘soyez tranquilles et allez boire un café.’ » Nasser on fire, du jamais vu de la première fois.

  • Neymar dans un fauteuil

Tiré à quatre épingles, costard top classe et petit foulard blanc qui dépasse de la poche, le Brésilien a paru à l’aise, comme à la maison. On a essayé de percevoir dans ses yeux les traces de fatigue occasionnées par le jet-lag et la petite fiesta qu’il a organisée avec ses potes chez lui, jeudi soir, avant de définitivement quitter Barcelone, mais même pas. Frais comme un gardon, le garçon.

Dans le discours, rien de bien foufou en revanche. Il a sorti les banalités d’usage (le projet, la ville, le foot et, bien sûr, son pote Jésus), échangeant parfois des regards complices avec NAK et zyeutant de temps à autre son crew adossé au mur de l’auditorium à quelques mètres de lui. En gros, donc, Neymar n’a pas révolutionné la pratique de la première conférence de presse. Mais est-ce qu’on ne s’en foutrait pas un peu ? Son but à lui, c’est de révolutionner le jeu du PSG. C’est d’ailleurs tout ce que lui demandent les ultras du club. Ultras dont il a pu faire la connaissance à sa sortie du stade.

  • La clause ? Quelle clause ?

Au milieu de la conf ‘, alors qu’on était en plein chapitre « money money », un journaliste au fort accent américain a posé une question qui a beaucoup fait marrer ses confrères. « A combien avez-vous fixé la nouvelle clause de Neymar ? », a-t-il demandé au président parisien. Visiblement pas au courant qu’en France cette pratique était interdite, le journaliste n’a pas eu le temps de se raviser alors même que plusieurs autres tentaient de lui faire comprendre son erreur.

Et c’est finalement pas plus mal comme ça. En effet, ça nous a permis de voir (enfin) Neymar sortir un peu du cadre très lisse dans lequel il s’était enfermé et de le voir se marrer. Dans un éclat de rire, coupant presque la parole d’un Nasser qui était pourtant à deux doigts de donner un cours d’économie française au journaliste US, Neymar s’est fait plaisir : « Je viens à peine d’arriver au PSG et vous voulez déjà me vendre ! » Rires dans la salle et 1-0 pour la répartie.

  • Champion du monde mon frère

En sortant du Parc des Princes, après avoir vu Neymar caresser le ballon pour la première sous le maillot parisien (ce qui est d’ailleurs plutôt excitant à voir, même quand on ne supporte pas le PSG), on croise un journaliste de Santos, au Brésil, là où tout a commencé pour le nouveau n°10 de Paname. Entre deux discussions sur la vie nocturne de Neymar et son génie balle aux pieds, Paulo Simões, 28 ans, qui bosse à Paris pour Jornal a Tribuna nous balance un scoop venu tout droit du Brésil.

Là-bas, les gens voient son arrivée à Paris comme un signe. Je m’explique : en 93, Raï signe au PSG et un an plus tard le Brésil est champion du monde. En 2001, Ronaldinho signe à Paris et on gagne le Mondial 2002. Là on est en 2017 et Neymar signe au PSG… Voilà, quoi ! »

En attendant, Neymar est bien un joueur du Paris Saint-Germain, et on a toujours un peu de mal à réaliser.