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Le comité d’organisation des JO justifie l’augmentation de sa masse salariale

JO Paris 2024 : Le comité d’organisation justifie l’augmentation de sa masse salariale

BUDGETL’émission « Complément d’enquête » révèle que plusieurs hauts dirigeants du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop) ont été augmenté. Le Cojo a tenu un point mercredi après-midi pour s’en justifier
William Pereira

W.P.

Un gouffre les sépare. D’un côté, il y a les 45.000 volontaires des JO de Paris 2024. Des bénévoles mis à contribution en échange d’un bout de magie de l’événement, un équipement et un repas par jour (mais pas de logement). De l’autre, les hauts dirigeants du comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop) dont les rémunérations dépassent en moyenne ceux du secteur privé, d’après les révélations de l’émission Complément d’enquête diffusée ce jeudi.

Une note budgétaire interne datée du 11 décembre détaille entre autres, le budget alloué à la masse salariale globale du comité d’organisation. Le calcul mène au chiffre de 584,8 millions d’euros pour la durée d’organisation de l’événement. C’est-à-dire 115 millions d’euros de plus que la somme annoncée dans le dossier de candidature.

« Cette évolution est liée à l’évolution du périmètre du projet, explique Fabrice Lacroix, directeur exécutif administratif et financier, à l’occasion d’un point presse qui se tenait ce mercredi après-midi. Nous avons ajouté des sports complémentaires qui n’existaient pas au moment de la candidature, ainsi qu’un engagement territorial qui n’existait pas du tout », comme le surf à Tahïti, dont on se demande toujours s’il était bien raisonnable.

Selon l’émission, les dépenses salariales sont néanmoins telles que les recommandations de la Cour des comptes pour la dernière ligne droite menant aux JO 2024 allaient plutôt dans le sens d’une cure d’austérité interne. Mais d’après la députée socialiste d’Ille-et-Vilaine Claudia Rouaux, membre du comité de rémunération de Paris 2024 depuis septembre, ces alertes n’ont pas empêché les augmentations conséquentes de certains cadres dirigeants.

300.000 euros nets par an pendant sept ans pour Estanguet

Une directrice de la communication a ainsi vu son salaire gonfler de 45.000 euros, pour passer à 195.000 euros annuels. Une variation salariale à inscrire dans le cadre de l’égalité femme hommes, justifie le comité d’organisation, qui s’étonne de se voir reprocher une mesure « volontariste, presque militante » que la question de l’égalité salariale. « Notre comité des rémunérations nous avait alertés sur certains profils féminins qui n’étaient pas à la hauteur des meilleurs salaires. Cette situation a donc été corrigée avec la promotion de cette directrice en tant que directrice exécutive. »

Lors du point presse de mercredi le directeur général délégué, Michaël Aloisio, a précisé qu’il s’agissait du cas spéficique d’une personne qui « siégeait au comex depuis six ans sans en avoir le titre et le salaire associé. Nous n’avons fait que corriger son titre et mécaniquement le salaire associé à son titre [selon la grille salariale établie]. »

L’émission s’attarde par ailleurs sur la rémunération de Tony Estanguet, laquelle fait l’objet d’une enquête du Parquet national financier. Le président du Cojop, qui opère en tant que travailleur indépendant, aura perçu environ 300.000 euros nets annuels pendant sept ans. Un calcul qui prend en compte une prime de fidélité équivalente à 10 % de la totalité des revenus de Tony Estanguet si celui-ci reste en poste jusqu’au bout de l’aventure. Un peu d’eau dans le verre de vin de l’indécence : c’est toujours moins que les 400.000 euros de Sebastian Coe, boss des JO de Londres 2012. « Le directeur général de Londres 2012, Paul Deighton, avait, d’après une analyse comparative du cabinet [avec lequel travaillait le comité de rémunération du Cojop], un salaire de 550.000 euros avec une part variable », ajoute Aloisio.