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La planche et le kite à foil débarquent au JO avec leurs fortes sensations

JO Paris 2024 : Entre « course à l'armement » et sensations fortes, la planche et le kite à foil débarquent aux JO

JO PARIS 2024Le test event de voile de Marseille, premier grand test des JO de Paris 2024, qui se tient jusqu’à dimanche est l’occasion de découvrir les deux nouvelles disciplines, la planche à voile à foil et le kitesurf à foil
Adrien Max

Adrien Max

L'essentiel

  • Le test event de voile a lieu jusqu’au dimanche 16 juillet à Marseille, il s’agit de la première grande répétition à un an du début des Jeux olympiques de Paris 2024.
  • A cette occasion, 20 Minutes vous fait découvrir les deux nouvelles disciplines, la planche à voile avec foil, et le kite foil, avec les représentants français.

A la Marina de Marseille,

Des voiles et des ailes à perte de vue dans la rade de Marseille, où se déroule jusqu’à dimanche le test event, première grande répétition des épreuves de voile des prochains Jeux olympiques de Paris 2024. Dont celles de Lucie Belbeoch et de Nicolas Goyard et de Lauriane Nolot et d’Axel Mazella, les représentants français des toutes nouvelles disciplines présentes pour les prochains JO : la planche à foil (IQFoil), masculin et féminin et le kite foil, homme et femme.

Lucie Belbeoch, originaire de Brest, était remplaçante lors des derniers Jeux olympiques de Tokyo, en 2021, avec sa planche à voile, mais elle ne disposait pas de foil à l’époque. Une grande nouveauté pour ces prochains Jeux olympiques, qui « change tout », selon la jeune véliplanchiste.

Course à l’armement

« Déjà l’aspect technique, ce n’est pas du tout la même façon de fonctionner au niveau de la planche. Mécaniquement ça n’a rien à voir. Au niveau de la tactique aussi, la stratégie est complètement différente parce qu’on va deux fois plus vite, donc les choix doivent aussi être pris deux fois plus vite. Au niveau de l’engagement mental c’est différent, on est un mètre au-dessus de l’eau, ça va vite, ça coupe, il y a plus de blessures et de chutes qu’auparavant », liste-t-elle au moment de sortir de l’eau après des résultats un peu décevants mardi.

Les IQFoil sous les yeux de la Bonne Mère, lors du test event de voile à Marseille, première grande répétition à un an du début des Jeux Olympiques de Paris 2024.
Les IQFoil sous les yeux de la Bonne Mère, lors du test event de voile à Marseille, première grande répétition à un an du début des Jeux Olympiques de Paris 2024.  - Nicolas Tucat

Surtout, la discipline évolue énormément depuis son apparition il y a trois ans, et la « course à l’armement » n’échappe pas aux athlètes qui amèneront leur propre matériel pour les prochains JO. « A l’œil nu on a tous le même matériel, mais les finitions ne sont pas les mêmes. La fibre de carbone, les voiles cousues main, finalement on sent énormément de différence, ce qui fait qu’on doit investir beaucoup, tester le matériel, le choisir, le régler, le revendre, c’est très chronophage. Mais pour éviter les dérives, c’est quand même très réglementé », confie Lucie Belbeoch.

« Une exploration permanente »

Au-delà du matériel, et des foils impressionnants qui dépassent des planches alignées sur le sable, les techniques de navigation évoluent aussi très rapidement, comme l’explique Nicolas Goyard, l’homologue masculin de Lucie. « On va observer ce que les autres font, tester, pour voir si ça nous correspond parce qu’on a tous des caractéristiques différentes. Ce qui va être bien pour untel ne le sera pas forcément pour l’autre donc c’est une exploration permanente », explique-t-il. Et les sensations ? « C’est dur de faire une comparaison. Ça va plus vite qu’avant, ça vole au-dessus de l’eau donc c’est du pilotage, du feeling et de l’anticipation pour optimiser tout ca avec des masses d’eau et d’air qui bougent tout le temps. C’est technique et ça glisse fort donc c’est grisant », confie le natif d’Hyères, qui a terminé deux séries en tête, mardi.

Des « tips sur le parking » à « l’optimisation de la performance »

Axel Mazella, participera, lui, à ses premiers Jeux olympiques l’année prochaine. Non pas qu’il n’était pas qualifié pour Tokyo, mais tout simplement parce que le kite foil n’était pas une discipline olympique en 2021. Elle l’est désormais pour ces JO de Paris 2024, et le natif de Toulon passe maintenant plus de temps à la salle de musculation, comme en témoignent ses larges épaules.

« Avant, je dirais qu’on était un sport de passionnés ou tout le monde échangeait beaucoup, on se donnait des tips sur le parking. Depuis que c’est arrivé au JO, il y a beaucoup plus de professionnalisme, on s’est aussi rendu compte que le gabarit était important, on est tous parti sur une prise de masse. On va faire des entraînements à la salle de musculation cinq fois par semaine, on a un préparateur physique, un préparateur mental, un coach sur l’eau pour la technique. Rien n’est laissé au hasard, on essaye d’optimiser la performance », liste celui qui a terminé deux fois deuxième et une fois premier de ses séries, mardi après-midi.

« Des réflexes de survie »

Et autant dire qu’avec des rafales à plus de 30 nœuds, ca déménage. « Il y a des fois c’était tendu on allait à 80km/h en étant les uns à côté des autres donc il faut vraiment avoir le cœur bien accroché. Il faut aussi réussir à décrocher le cerveau et ''border'' sans réfléchir, mais en même temps penser à la sécurité. Donc ce sont des réflexes de survie qui ressortent tellement tu es dans l’excitation et tu as envie de gagner. Tu sens que tu es à la limite, il faut jouer tout en faisant très attention », souligne-t-il. A l’image de cette kiteuse suédoise, dont l’aile s’est prise dans celle d’une concurrente avant de faire un saut de plus de 10 mètres et d’atterrir brutalement dans l’eau.

Les kites foil, nouvelle discipline aux JO, se suivent à près de 80 km/h sur le plan d'eau de Marseille lors du test event de voile.
Les kites foil, nouvelle discipline aux JO, se suivent à près de 80 km/h sur le plan d'eau de Marseille lors du test event de voile.  - CHRISTOPHE SIMON

L’arrivée de la discipline aux JO a ramené énormément de professionnalisme à la discipline, mais aussi beaucoup plus de pratiquants. Les courses sont désormais à guichets fermés et se font sur qualification. Axel Mazella porte d’ailleurs le poids d'une nation sur les épaules, puisqu’un seul représentant par pays participera aux Jeux olympiques la saison prochaine. Comme en planche à foil, la France fait partie du haut du panier même si les autres nations grappillent progressivement leur retard.

Objectif médaille

Pour les deux disciplines, les athlètes se départagent lors de séries durant lesquelles ils participent à un slalom, et à un marathon (qui compte double) pour les planches à voile, en vue d’établir un classement avant les phases finales. Le premier, pour la planche à voile, et le premier et le second, pour le kite, sont directement qualifiés pour la finale, tandis que les autres participent à des quarts de finale, ou directement à des demi-finales, en fonction de leur classement. Un peu sur le modèle des phases finales du Top 14 de rugby, pour résumer. Mais pour chaque discipline, les points inscrits tout au long de la semaine sont pris en compte pour le classement final.

Un fonctionnement un peu compliqué à comprendre au départ, mais l’objectif de la délégation française est clair : viser une médaille en planche à foil et en kite foil également. Ce qui ne ferait pas de mal pour se rapprocher de l'objectif (trop) ambitieux de 80 médailles pour la France l'été prochain.