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Mais pourquoi les records tombent comme des mouches en escalade de vitesse

JO 2024 : Mais pourquoi les records tombent comme des mouches en escalade de vitesse ?

Jeux olympiquesCinq records olympiques, deux records du monde, un record d’Europe et six records personnels sur 14 participants en une heure de compétition. Pour aller voir du record tomber, allez à l’escalade de vitesse
Jean-Loup Delmas

Jean-Loup Delmas

L'essentiel

  • Vous aimez voir les records tomber et vous en redemandez après avoir vu Duplantis établir une marque historique à la perche ? Pas de soucis, les JO de Paris ont la solution : l’escalade de vitesse.
  • Que ce soit chez les hommes ou chez les femmes, les athlètes ont fait exploser une pluie de records et de meilleures marques personnelles en deux jours – et littéralement deux petites heures cumulées – de compétition.
  • Mur trop facile et mal conçu ? Esprit olympique et foule en délire ? Ou génération dorée ? On a demandé aux athlètes quelques explications.

De notre envoyé spécial dans le Guinness book,

L’escalade de vitesse est le paradis des fans de record, de marque historique et de « sky is the limit ». En un peu moins d’une heure de compétition au JO de Paris, entre les phases qualificatives puis de duel pour établir les huit finalistes, le record olympique est tombé à cinq reprises. Alors certes, la discipline n’a qu’une seule édition de Jeux dans les pattes, à Tokyo en 2021. De là à abattre cinq fois la marque…

Sur les 14 athlètes présents, 6 établiront leur meilleur chrono personnel. En trois runs cet après-midi (deux en qualifications et un en duel), Bassa Mawem baissera à chaque fois son meilleur chrono all-time.

Le mur est-il trop « facile » ?

Ajoutez à cela que la Polonaise Aleksandra Miroslaw avait pulvérisé la veille le record du monde féminin, dans une compétition où neuf marques personnelles sur 14 participantes avaient été battues, et on commence à sérieusement se poser des questions. La voie (le mur d’escalade où sont installées les prises) est-elle mal conçue ou trop facile ?

« Le mur est clairement rapide, et très facile à grimper. Il n’y avait pas de difficulté », indiquait l’Indonésien Veddriq Leonardo, homme le plus rapide sur un mur pendant quelques minutes. « Je pense que la vraie différence, c’est le grip. Chacune des prises était très bonne à attraper et pour relancer, ce qui aide à aller particulièrement vite. »

Le japonais Euncheol Shin voyait une raison plus mentale que technique à cette pluie de record : « C’est un cercle vertueux, je pense. On voit les records tomber, les autres faire leur meilleure perf, et on se dit que c’est possible pour nous aussi. Cela booste notre ego. Le fait que ce soit les Jeux olympiques, chaque athlète est préparé comme il ne l’a jamais été et s’arrange pour donner sa meilleure performance à vie. »

Des jeunes aux dents longues et aux pieds rapides

Interrogé sur le sujet, Sylvain Chapelle, l’entraîneur de l’équipe hexagonale de vitesse, évoquait plusieurs raisons : « Oui, le mur est rapide, bien sûr, mais il n’y a pas que ça. L’ambiance joue aussi, le public, tout ce qui est mis autour permet de voir les chronos. » Mais pour lui, l’explication principale tient dans le boom de la discipline, encore très récente, et de sa professionnalisation : « Il y a trois ans, Bassa Mawem était le seul à descendre sous les 5’45. Aujourd’hui, ils étaient 11 athlètes sur 14 sous les 5’30. Ce n’est pas qu’une question de mur. On a des sportifs de plus en plus préparés et aux méthodes de plus en plus efficaces. Les records sont amenés à tomber encore un temps avant qu’on atteigne un plafond de verre, mur rapide ou non. »

Bassa Mawem, heureux finaliste pour littéralement un centième de seconde, se montrait peu étonné de cet après-midi record : « Je connaissais déjà les scores possibles quand je vois la nouvelle génération. Je n’ai pas été surpris ni par leur chrono, ni par les noms de ceux qui les ont faits. Je sais qui est capable de grimper en 4’60, qui est capable de grimper en moins de 5 secondes ».

A 39 ans, il le sait, les plus hautes marques sont quasi inaccessibles pour lui, mais lui a de bonnes raisons de faire « moins bien » : « Moi, j’ai grandi avec la discipline en quelque sorte, il n’y avait pas tout ça. Aujourd’hui, pouvoir évoluer avec ses jeunes que j’ai inspirés, et qui sont désormais inspirants pour moi, c’est énorme. » Des jeunes qui comptent bien encore inscrire de nouvelles marques de référence en finale.