JO 2024 – Il y a un an : Arrêtons la fausse modestie, oui, on est en train de vivre les plus beaux Jeux de l’histoire
souvenez-vous l'été dernier (11/18)•A mi-parcours, il était temps d’arrêter de faire semblant de se poser la question « Est ce que ce sont les plus beaux Jeux olympiques ? » Oui, bien sûr que oui, mille fois ouiJean-Loup Delmas
L'essentiel
- On ne sait pas si la France atteindra le nombre de médailles souhaité, même si c’est bien parti. Et au fond, on s’en fiche un peu. Ces Jeux olympiques, dont l’échec était tant redouté, sont une réussite totale et une claque magistrale.
- Ce n’est pas tant dans le domaine sportif que ces Jeux marquent les esprits, mais plutôt par leur incroyable beauté.
- Alors cessons de faire croire que le débat existe encore. Comme après la médaille d’or de Djoko, qui a plié la question du GOAT du tennis, une 3765e photo du Louvre au coucher du soleil avec le ballon olympique qui flotte nous a convaincus.
Il y a un an se tenaient les plus beaux Jeux olympiques de l'histoire (oui, on le pense toujours). Du 26 juillet au 12 août, « 20 Minutes » vous propose de revivre un grand moment de chaque journée, à travers les récits de ses envoyés spéciaux. Une manière de faire revivre l'émotion, et se rappeler où l'on était quand ils se sont déroulés.
Peut-être que notre envoyé spécial est dans une toile de Botticelli, on ne sait pas,
Au moment où Remco Evenepoel a brandi son vélo triomphant avec comme fond de toile la tour Eiffel, on a cessé de repousser l’évidence. Oui, ces Jeux olympiques 2024 resteront comme les plus beaux de l’histoire. Ça faisait quelques jours déjà que l’on tournait autour du pot, qu’à force de décors magnifiques et de photos plus proches d’un tableau de Botticelli que d’une une de L’Equipe, le constat devenait implacable. Et ça continue, chaque compétition charriant son nouveau lot d’images cultissimes qui ne feraient pas tache sur le plafond de la chapelle Sixtine.
Oubliez les tambours synchronisés et le Nid d’oiseau de Pékin, Londres 2012, le triathlon devant l’Opéra de Sidney, la piscine aussi ouverte que les comptes publics d’Athènes 2004. Jamais on a fait plus beau avant, et jamais on ne fera plus délicieux pour les rétines par la suite. A part d’hypothétiques JO à Rome. Et encore, les monuments très religieux d’Italie nous semblent moins modulables à l’envie.
T’as de beaux Jeux, tu sais
Moira Cristescu, spécialiste mode, s’y connaît en beauté et nous valide le propos : « Les Jeux de Paris ont dépoussiéré le concept en sortant du stade pour s’étendre sur la ville et profiter de ses diverses cartes postales. Ils offrent des cadres incroyables à de nombreux sports et un esthétisme exceptionnel qui semble ravir à l’unisson. »
Avec un peu moins de lyrisme que nous, Camille Lacourt, ancien nageur olympique reconverti consultant, partage notre enthousiasme : « On se rend compte qu’on est capables de faire des choses grandioses, des choses que seule la France peut offrir. Quand on voit la cérémonie d’ouverture… On est le seul pays à pouvoir se permettre une telle ouverture d’esprit. Je suis tellement fier de comment ça se passe aujourd’hui. »
« C’est aussi magnifique que magique »
Ryan Lochte, nageur états-uniens qui a également sa petite expérience des Jeux avec quand même 12 médailles, lui, aurait décrit des Jeux absolument incroyables et magiques. Et délice aux oreilles, l’Américain l’avoue : ça commence à claquer fort des genoux au pays pour Los Angeles 2028. Comment passer après tout ça ?
Il n’est rien de plus difficile à satisfaire qu’un Parisien, et pourtant, même l’habitant de la capitale un rien blasé à force de payer cinq balles son café en terrasse a adhéré à l’euphorie du moment. Métro-C’est beau-Dodo. Louis, bobo du 10e, plaide coupable : « Comme beaucoup, je craignais un échec. J’avais peur qu’on ait été trop ambitieux avec ce choix d’utiliser la ville comme stade et que ça ne fonctionne pas. Mais en réalité, c’est aussi magnifique que magique, à la télé ou en vrai. » La France avait perdu son optimisme, mais pas son génie.
« Une visite de Paris améliorée »
On aurait pu craindre que cette réussite totale donne à Tony Estanguet des envies de mettre au bûcher tous les hérétiques qui ont douté de lui. Mais le président du comité d’organisation est peut-être le seul Français à être moins dithyrambique durant ces JO qu’avant. Lui qui, annonçait-il y a deux mois au festival de Cannes, rien de moins que les plus grands Jeux de l’histoire a sobrement déclaré ce vendredi : « Cette semaine, qu’est-ce qu’elle a été belle, qu’est-ce qu’elle a été intense ».
Ne nous traitez pas de chauvins bas du front, puisque le sujet monte aussi à l’international. Déjà, chez le touriste. Jin, chinois en visite, s’exclame : « C’est sublime, ce ne sont même plus des Jeux, mais une visite de Paris améliorée. Tout en ressort plus beau, les JO comme la ville ». Jerry Brewer, du plutôt mesuré et sérieux Washington Post, l’admettait : « Il y a ici plus de synergie entre l’événement et le lieu que dans n’importe lesquels des sept Jeux olympiques auxquels j’ai assisté. »
Pas les Jeux les plus grands, mais les plus beaux, oui
On a demandé à Laurent Favre, rédacteur en chef du service des sports au Temps, célèbre quotidien suisse, de trancher : ces JO de Paris sont-ils les meilleurs ? Première étape au pays de la neutralité, refroidir le Français trop arrogant : « Ce ne sont pas forcément les plus grands, Los Angeles 1984 a sauvé le mouvement olympique, ne l’oublions pas. Ni les mieux organisés, où Pékin 2008 est indépassable. Ni les plus mémorables – Mexico 1968 a changé le sport. Ni même les plus novateurs : les épreuves dans les sites historiques sont un concept développé par Londres en 2012. » Deux ou trois moments iconiques purement sportifs, hors exploits tricolores, manquent notamment à l’appel pour le moment.
Mais, deuxième partie pleine de cocorico et de french omelette de fromage : « ce sont les plus beaux, parce que les sites sont beaux, la ville est belle, le public est beau – parce qu’il est fervent, connaisseur et chauvin juste ce qu’il faut. »
Chauvinisme écarté, les pisse-froid nous diront qu’on est dans la culture de l’instant, qu’on dit ça à chaque Jeux, blablabla. Et bien, c’est factuellement faux. « Par le passé, il y a seulement les Jeux de Rome en 1960 qui ont provoqué le même débat esthétique, chef-d’œuvre de romantisme et d’amitié entre les peuples. » Pour l’amitié entre les peuples, on ne sait pas encore, mais pour l’autocongratulation, on va profiter encore une semaine.


















