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JEUX OLYMPIQUESGIGN, arbalètes et abnégation... L'or de QFM ou « la victoire du travail »

JO 2022 - Biathlon : GIGN, arbalètes et abnégation... L'or de Quentin Fillon-Maillet, ou « la victoire du travail »

JEUX OLYMPIQUESQuentin Fillon-Maillet a remporté le titre olympique de l’individuel parce que c’est le plus fiable sur le tir debout. Un juste retour pour un homme qui chérit sa carabine comme personne
QFM victorieux
QFM victorieux - Kirsty Wigglesworth/AP/SIPA / SIPA
William Pereira

William Pereira

L'essentiel

  • Quentin Fillon-Maillet est devenu champion olympique de l'individuel, après l'argent en relais mixte.
  • Le Français a notamment bâti son succès sur le tir debout, sa spécialité sur le circuit.
  • Une juste récompense pour un athlète esthète de son sport et de l'instrument indispensable à la victoire : une carabine faite maison.

Ils sont tombés comme des mouches, les uns après les autres. D’abord Johannes Boe, puis Maksim Tsvetkov, et enfin Tarjei Boe. Tous ont lâché une balle en cours de route sur le dernier tir debout de l’individuel olympique. Quentin Fillon-Maillet, qui avait certes déjà grillé deux jokers, est le seul à n’avoir pas failli sur le dernier. Une affaire de nerfs solides et de bonne habitude : QFM est le plus fort du circuit sur tir debout.

Pour résumer l’idée en chiffre, le biathlète français a terminé la saison passée avec 89 % de réussite sur cet exercice redouté par la majorité des tireurs. « Ça a toujours été quelqu’un avec une cadence de tir mais aussi cette possibilité de pouvoir ralentir et poser, analyse l’ancien entraîneur de tir des équipes de France, Franck Badiou. Ce qu’on appelle la double partition. Ça fait longtemps qu’il l’a sur le debout. » Une arme redoutable qui, couplée à ses immenses temps de ski – le meilleur mardi – le rendent pratiquement intouchable depuis des mois, sans que la pression des JO n’y change quoi que ce soit.

Les sagouins et les fignoleurs

Faut-il aussi voir, dans la chute collective de ses adversaires et la clémence des divinités chasseresses à l’égard du Français, la récompense à un homme qui a toujours traité son outil de travail avec le plus grand soin ? Déjà contacté par 20 Minutes après avoir sauvé in extremis la carabine de QFM​ en début de saison pour nous en raconter les péripéties Franck Badiou, classait les athlètes en deux catégories. « Les sagouins sans considération pour leur arme, et les autres, les fignoleurs, ceux qui aiment les belles choses abouties. »

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Fillon-Maillet apparaît naturellement dans la seconde caste. Le Haut-Jurassien prend du plaisir à concevoir lui-même ses carabines depuis 2009, moyennant des études en conception industrielle, suite logique du temps où il fabriquait des arbalètes dans l’atelier de menuiserie familial. Le détail à son importance, car QFM connaît les vertus de chaque bois sur le bout des doigts. Il faut l’écouter en parler pour comprendre.

«  « J’ai réalisé moi-même des carabines sur du bois de noyer. C’est un bois à la foi solide et absorbant au départ du coup, à l’inverse de carabines en aluminium ou en carbone, dont les réactions sont un peu dures. Le bois est vraiment un super compromis. »  »

Mais la carabine ne se suffit pas. Sa fiabilité augmente les chances de réussite, mais elle reste au fond le simple réceptacle des sensations de son possesseur. C’est lui qui souffle, tremble ou, au contraire, se détend. Pour franchir le cap olympique – et même celui de l’individuel, un format qui ne lui convenait guère – Quentin Fillon-Maillet est allé faire un petit tour du côté du GIGN. « Je voulais voir comment ils appréhendent une situation de stress extrême en mission, expliquait-il à L’Equipe, quand ils jouent leur vie, voir comment ils gèrent leurs émotions… »

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Travail avec le GIGN, travail tout court

Sur place, à Satory et dans un camp d’entraînement francilien, on a fait bosser le champion dans des conditions ingrates : cardio dans le rouge, bras congestionnés à mort, cibles de forme différente. « Il a pu appréhender notre gestion du stress, confiait un militaire. Il n’y a pas le droit à l’erreur. » Au biathlon, il y a heureusement un peu plus de marge, même si l’individuel pardonne rarement. « Avec deux fautes, je n’imaginais pas pouvoir gagner », s’étonnait d’ailleurs le nouveau champion olympique en zone mixte. La victoire de la bonne étoile, mais surtout « celle du travail », insiste le coach des Bleus, Vincent Vittoz. « Il n’a jamais été le plus doué mais il ne lâche jamais rien et il croit toujours en lui. » Et en sa carabine.

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