JO 2026 : « Il y a une justice quand même »... Les snowboardeurs français en avaient marre de cette maudite aspiration
frustration•Les snowboardeurs français ont sauvé leur bilan des Jeux en décrochant la médaille de bronze dans le cross par équipes mixte dimanche à Livigno mais quittent les Alpes italiennes avec une montage de regrets20 Minutes avec AFP
Le dernier jour de compétition pour le snow français n’a pas dérogé à la règle : des très bons départs, une glisse impeccable pendant 90 % du parcours puis les mètres d’avance qui fondent avant de se faire croquer sur le dernier saut. Il y a eu une médaille au bout cette fois, mais la troisième place arrachée par Loan Bozzolo et Léa Casta ressemble vraiment à un service minimum pour les Bleus qui avaient débarqué en Lombardie avec de grandes ambitions derrière Chloé Trespeuch, porte-drapeau de la délégation française.
Au final, outre le fait de permettre à la France d’égaler son record de médailles dans une édition des JO d’hiver (15), ils repartent surtout avec le soulagement d’avoir évité l’échec qu’aurait constitué une première participation sans le moindre podium depuis l’introduction du snowboardcross en 2006.
« C’est une belle récompense. La magie des Jeux olympiques, on l’a enfin vraiment vécue. Cette médaille on l’offre aussi à la France. Il y a une justice quand même », a ajouté Loan Bozzolo. Pour leurs coéquipiers, ce bronze « donne du baume au cœur, on ne s’est pas plantés à 100 % », a résumé Julia Nirani-Pereira, cinquième place avec Aidan Chollet après avoir gagné la… petite finale, tout un symbole.
« On se pensait peut-être sur le toit du monde »
« On se pensait peut-être un petit peu sur le toit du monde. Je pense qu’on va tous se remettre en question et essayer de trouver où ça a coincé », a-t-elle ajouté sans se trouver d’excuses face aux désillusions en individuel où les Français ont multiplié les places d’honneur.
Chez les hommes, Aïdan Chollet, son frère Jonas et Loan Bozzolo ont pris les places 4, 5 et 6. Chez les femmes, Léa Casta, malade pendant l’individuel, Julia Pereira et Chloé Trespeuch ont échoué avant la finale.
Même dimanche, les Bleus auraient pu espérer mieux puisqu’ils étaient, avec trois équipes, la nation la mieux représentée en mixte.
« C’est frustrant, a réagi Chloé Trespeuch, éliminé en quarts avec Jonas Chollet. "J’ai fait des runs rapides ici, mais jamais au bon moment », a ajouté la double médaillée olympique (bronze en 2014 et argent en 2022) en déplorant le parcours assez facile de Livigno. « On aime quand c’est engagé, quand c’est un spectacle. Là, c’était moins ça. Mais la beauté du snowboardcross, c’est que tous les parcours sont différents. Il faut savoir être bon partout », a-t-elle dit.
« Il y a un peu d’aspiration c’est vrai mais partir derrière ne sera jamais la stratégie de la France, a répondu Julia Nirani-Pereira. Après c’est vrai qu’on est peut-être un peu légers quand on se retrouve devant de gros costauds qui arrivent vraiment à étaler la pression sur des parcours plus lents comme celui-là. »
« On aura l’or en France »
« Si on avait donné un parcours un peu plus pentu peut-être qu’on aurait eu la médaille d’or mais on l’aura en France », a même souligné Bozzolo. Un axe de progression manifeste en vue des JO-2030, même si Kevin Strucl, l’entraîneur de l’équipe de France, ne voulait pas y voir qu’un problème de poids.
« Ce n’est pas juste une question de manger parce que sinon on serait allé au self' et on serait restés deux jours là-bas », a-t-il dit, admettant qu’il « ne faudra pas se cacher derrière cette médaille pour chercher ce qui n’a pas marché » et revenir plus fort dans quatre ans.



















