Mondial de handball: Ils ont tout gagné, mais cette victoire-là est «un aboutissement» pour les Experts

HANDBALL Enfin, ils ont gagné devant leur public...

Nicolas Camus

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Nikola Karabatic, Cédric Sorhaindo et Daniel Narcisse, heureux comme au premier titre après la victoire lors du Mondial en France, le 29 janvier 2017.
Nikola Karabatic, Cédric Sorhaindo et Daniel Narcisse, heureux comme au premier titre après la victoire lors du Mondial en France, le 29 janvier 2017. — Thomas SAMSON / AFP

On ne sait pas de quoi l’avenir de l’équipe de France de hand sera fait. On ne sait pas si Thierry Omeyer, Daniel Narcisse, Michaël Guigou ou d’autres anciens vont vouloir continuer. On ne sait pas si les jeunes qui ont pris leurs responsabilités sans trembler pendant ces trois semaines vont réussir à afficher la régularité de leurs aînés. On ne sait encore rien de tout ça, mais ce qui est sûr, c’est que ce titre de champion du monde acquis à la maison, dimanche face à la Norvège (33-26) est une magnifique consécration pour cette équipe.

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A part Daniel Narcisse et Thierry Omeyer, les deux fringants dinosaures qui avaient déjà connu le sacre de 2001, aucun des hommes qui ont apporté tant de titres à la France ces dix dernières années n’avaient gagné chez eux. Alors ils n’avaient pas le choix. Personne n’aurait compris qu’ils passent à côté de ce Mondial taillé pour eux, jusque dans la programmation des jours de récupération. Alors la joie, le sentiment du devoir accompli, sont à la hauteur de la pression qui pesait sur eux.

L'émotion, la vraie.
L'émotion, la vraie. - Michel Euler/AP/SIPA

« Ça a été un mois extraordinaire avec tout l’engouement. C’est une fierté de voir l’amour qu’ont eu les supporters pour le handball français. Être champion du monde chez nous avec autant de pression, il n’y a pas de mot pour décrire ça, raconte le plus attendu de tous, Nikola Karabatic. Je suis extrêmement fier de l’équipe, et pas que des 16-18 gars qui ont joué la compétition. C’est un aboutissement. »

Un aboutissement, oui, le mot est vraiment approprié. Trois titres de champions du monde, trois titres de champions d’Europe, deux titres olympiques… Toutes ces victoires depuis 2006 ont trouvé leur couronnement dans l’ambiance surchauffée de cette salle que l’on continuera d’appeler Bercy. « C’est irréaliste, tout ce qu’on a vécu depuis le début de la compétition. On a gagné dans des endroits très compliqués, là chez nous pffff, c’est très très fort, souffle Micka Guigou. On a été supporté, encouragé, porté. Et quand on a été en difficulté ça nous a permis de ne pas chavirer. C’est la victoire de tout le monde. »

Même s’ils l’ont déjà vécu, Narcisse et Omeyer savourent pleinement eux aussi. Ils étaient jeunes lors de l’improbable victoire de 2001. Ils mesurent très bien ce que représente l’indispensable titre acquis seize ans plus tard. « Il faut féliciter tous les joueurs parce que ce n’est pas évident de jouer pour cette équipe, avec toutes ces attentes. On nous demande beaucoup, estime le Réunionnais. C’est un moment immense pour le handball français, et le partager avec le public, c’est incroyable. »

« A la maison, c’est quand même le pied, enchaîne cap’tain Titi. Il faut profiter. Ce sont des moments rares, qui passent toujours trop vite. » Ça, c’était pour l’autre partie de cette belle soirée de dimanche. A l’heure où l’on écrit, on ne sait pas trop comment ça s’est terminé. Mais ça avait l’air très bien parti, en tout cas.