Mondial de handball: Le quart de finale, ce match si particulier où «si tu perds t’es à la place du con»

HANDBALL C'est plus dur qu'un 8e de finale, et ce n'est pas encore le dernier carré, où l'excitation de la médaille suffit à vous porter...

Nicolas Camus

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Nikola Karabatic lors du 8e de finale du Mondial France-Islande, le 21 janvier 2017 à Lille.
Nikola Karabatic lors du 8e de finale du Mondial France-Islande, le 21 janvier 2017 à Lille. — ISA HARSIN/SIPA

Oui, on disait déjà ça des huitièmes de finale, marquant le délicat passage des matchs de poule à ceux à élimination directe. Mais là, on part vraiment sur une angoisse particulière.  Ce quart de finale que s’apprêtent à disputer les Experts contre la Suède, mardi, c’est un peu comme quand vous débarquez à 15 devant l’entrée du Macumba le samedi soir. Il y a ce petit moment de tension où tout peut basculer. Vous entrez dans le dernier carré et vous vous éclatez, ou vous restez devant la porte et laissez la fête aux autres.

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« Si on perd, c’est la place du con, tranche Valentin Porte. Derrière, il n’y a pas de médaille. » « C’est effectivement le match à ne pas perdre, le match couperet par excellence, ajoute Vincent Gérard. La victoire en quarts, elle t’ouvre deux matchs supplémentaires pour aller en chercher une. » Bien sûr, la France, à domicile, se doit de ne viser que l’or. Mais justement, une fois la place dans le dernier carré sécurisée, les Bleus ont l’art de mettre la tête dans le guidon pour se laisser porter jusqu’à destination.

« Arrivés-là, on sait jouer décomplexés, reprend Porte. On sait que l’équipe de France, une fois en demi-finale, est bien souvent inarrêtable. » On a vérifié. Depuis 2008, les Bleus ont atteint les demies à neuf reprises lors des compétitions majeures. Bilan, ils n’ont laissé échapper le titre que deux fois (médaille de bronze à l’Euro 2008 et d’argent aux JO 2016). Bon bah voilà, il n’y a plus qu’à battre la Suède et dérouler derrière.

Voilà, sinon ça s'est plutôt bien passé (enfin, quand on s'est pas fait sortir avant les demies).
Voilà, sinon ça s'est plutôt bien passé (enfin, quand on s'est pas fait sortir avant les demies). - Wikipedia

Tout est, évidemment, dans le « il n’y a plus qu’à ». Un quart de finale, c’est aussi ce moment où vous rencontrez une équipe qui ne fait pas tout à fait partie des favorites et qui n’a donc pas la pression inhérente à ce statut, mais qui dispose de toutes les qualités pour vous pourrir la vie comme il faut. « C’est toujours compliqué de jouer ces équipes, comme la Slovénie, la Norvège, la Suède, la Croatie. C’est solide, ça joue au hand, et il y a des joueurs expérimentés qui peuvent sortir un gros match, craint Micka Guigou. Combien d’exemples on a ces dernières années de matchs qui ne tournent pas dans le sens attendu ! Ça nous est arrivé à nous aussi. »

« On est toujours parti du principe que tout pouvait arriver »

Ces propos, tenus dimanche midi, ont trouvé un écho terrible dans l’après-midi. La fin des huitièmes de finale a été une véritable boucherie pour les gros bras. Le Danemark, championne olympique, a été sorti par la Hongrie, tandis que l’Allemagne, championne d’Europe, a été renvoyée à la maison par le Qatar. Difficile de lire plus clair message.

« Personne n’est à l’abri de rien. Peu importe ce qu’on a prouvé sur tous les premiers matchs, tous les scénarios sont envisageables, prévient Guigou. Après, ce qui fait une de nos forces, je crois, c’est l’humilité. On est toujours parti du principe que tout pouvait arriver. » Après, si les Bleus ont du mal à franchir la porte, on peut aussi compter sur le public lillois pour pousser très fort derrière.