Manchester United - OL : Il ne gagne pas toujours, mais merci le foot français de nous faire vivre des émotions de dingue
Ligue Europa•Lyon a été éliminé, jeudi soir par Manchester United (5-4 a.p.), au terme d’un match rocambolesqueAntoine Huot de Saint Albin
L'essentiel
- Les supporters lyonnais ont vécu une montagne russe émotionnelle lors du match contre Manchester United, passant de la frustration à l’espoir puis à la déception après une folle remontée suivie d’une défaite 5-4.
- Ce match illustre la capacité du football à procurer des émotions intenses, comme l’exprime Harry Maguire : « C’était un match fou, le match le plus fou que j’ai joué dans toute ma carrière, pour être honnête. Une rencontre pleine d’émotions. »
- Malgré des déceptions, ces moments intenses créent des souvenirs durables pour les supporteurs.
De notre envoyé spécial à Manchester,
Si vous êtes cardiologue et que vous hésitez encore sur la ville où installer votre cabinet, filez immédiatement du côté de Lyon. Après la terrible soirée vécue par l’OL à Old Trafford, où les Gones sont passés tout près d’un exploit retentissant avant de sombrer dans les abysses d’une remontada express à l’anglaise, on est certains que plusieurs supporteurs lyonnais vont prendre rendez-vous chez un spécialiste des maladies du cœur pour faire un check-up, au cas où.
Les suiveurs de l’OL sont passés par toutes les émotions jeudi soir. De la frustration, d’abord, en voyant leurs petits protégés faire n’importe quoi et être totalement dépassés par des Red Devils bien décidés à appuyer leur fourche là où ça fait mal (2-0 à la mi-temps). De la surprise et de l’espoir, ensuite, avec le retour d’entre les morts grâce à Tolisso et Lacazette avant le pompon sur le Rhône, la prolongation.
En infériorité numérique, ils ont malgré tout réussi à mettre les Mancuniens là tête sous l’eau et prendre deux buts d’avance (Cherki et encore Lacazette), avant que les joueurs de Ruben Amorim ne décident de ne pas finir noyés : trois buts en six minutes (Bruno Fernandes, Mainoo et Maguire) pour faire chavirer les 2.500 fans de l’OL présent dans le Théâtre des rêves dans la tristesse et l’incompréhension la plus absolue.
« Le match le plus fou de ma carrière »
« Après des scénarios pareils, on aime encore plus le foot, a assuré Moussa Niakhaté en zone mixe, encore abasourdi d’un dénouement aussi cruel. C’est la beauté du football. Malheureusement, aujourd’hui c’est contre nous. Je pense que si vous demandez aux Mancuniens, ils seront très contents. » Harry Maguire, le dernier buteur de cette orgie d’émotions, était effectivement sur un nuage et ne se rappelait pas avoir déjà vécu pareille mise en scène.
« C’était un match fou, le match le plus fou que j’ai joué dans toute ma carrière, pour être honnête, a confié le défenseur central. Une rencontre pleine d’émotions. » Et si ce n’était pas ça, finalement, le but du football ? Nous faire passer par des sensations extrêmes, dans la joie comme dans la tristesse, qui nous permet d’encore mieux apprécier la valeur d’un bon résultat.
Vivre un moment unique dont on se rappellera peut-être toute notre vie. Et pour ça, les clubs français nous ont gâtés cette année en Coupe d’Europe. Dernier exemple en date, avant Lyon, avec le PSG, qui aime décidément bien jouer avec le cœur de ses supporteurs. Pourquoi donc se qualifier facilement face à une équipe jugée moins forte ? Autant se prendre des buts et faire vivre vingt dernières minutes de souffrance ultime à ses fans contre Aston Villa.
Etat de transe
Ça marche aussi dans le sens inverse. Quand, comme face à Manchester City, au moment où plus personne n’y croit après avoir encaissé deux buts, vous remettez les pendules à l’heure et faites basculer la rencontre dans l’irrationnel, embarquant avec vous tout un stade. Il fallait ainsi voir cette semaine que ce soit à Villa Park ou à Old Trafford, pourtant pas réputé pour son ambiance, l’état de transe dans lequel se trouvaient certains supporteurs.
« Si vous voyez les buts de Mainoo et Maguire, le son du stade était le meilleur que je n’aie jamais entendu, a ainsi expliqué Ruben Amorim, le coach de MU sur TNT Sports. Beaucoup de gens veulent garder plein de choses, comme des maillots. Moi, je veux juste garder ce son, c’est le meilleur son du monde. » A Brest, qui a disputé pour la première fois la Ligue des champions, on a peut-être en souvenir l’émotion folle après le but égalisateur de Pierre Lees-Melou face au Bayer Leverkusen. A Lille, on doit encore penser aux succès face au Real ou à l’Atletico de Madrid.
« C’est ce pourquoi on fait ce métier, pour partager de telles émotions très fortes avec tous les gens qui nous entourent, confiait Bruno Genesio, le coach du Losc après sa victoire face aux Merengue. C’est ce qui va nous rester. Les points sont anecdotiques. Ce qui est important, c’est ce que j’ai vu quand les joueurs ont célébré notre but, ce que nous avons partagé dans le vestiaire tous ensemble. »
« L’un de mes meilleurs moments à l’OL »
Nous revient en tête également la finale de la Coupe du monde 2022 où l’équipe de France, en dessous de tout pendant (trop) longtemps, avait fait basculer le pays dans la folie la plus totale grâce à Kylian Mbappé. Avec cette impression, unique, que, malgré la défaite, souvent accompagnée de regrets et de déception, il y avait une petite musique qui nous revenait en tête nous disant : on était là, on l’a vu.
Notre dossier sur la Ligue des championsAlors, ce vendredi, le réveil est sûrement très difficile pour les supporteurs lyonnais, surtout pour ceux qui ont profité de la bière anglaise, mais ils pourront raconter cette fin de match rocambolesque à tout leur entourage. « A 3-2, 4-2, je pense que c’était l’un de mes meilleurs moments à Olympique Lyonnais de voir le public en feu comme ça et chanter à l’unisson, a indiqué Corentin Tolisso. On n’a pas réussi à leur donner ce qu’ils méritaient. » La France du football, l’émotion, la passion. Et le reste, ils iront le chercher.


















