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Ousmane Dembélé Ballon d’or 2025, on peut y croire pour de bon, non ?

PSG champion d’Europe : La propagande Ousmane Dembélé Ballon d’or 2025 peut-elle marcher ?

La France qui gagneLogiquement élu meilleur joueur de la Ligue des champions 2024-205 après le sacre suprême du PSG, l’attaquant des Bleus apparaît désormais comme le grand favori pour l’élection du Ballon d’or 2025, qui sera cette année remis dès le 22 septembre
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • Après avoir hissé le Paris Saint-Germain sur le toit de l’Europe samedi, Ousmane Dembélé est désormais vu comme le grand favori pour le Ballon d’Or 2025.
  • Son année civile jusque-là exceptionnelle avec le PSG, avec 25 buts inscrits en 29 matchs, plus ce triplé collectif historique (Ligue 1-Ligue des champions-Coupe de France), rendent sa candidature ultra-légitime.
  • L’absence de grandes compétitions internationales en 2025 renforce les chances de « Dembouz », qui semble avoir un temps d’avance sur ses principaux concurrents, Lamine Yamal, Raphinha, Kylian Mbappé, Pedri et Mohamed Salah.

Finalement, au moment de se lancer dans le jeu des prédictions les plus folles pour cette année 2025, n’était-il pas encore plus inimaginable, au 1er janvier, d’imaginer Ousmane Dembélé conquérir le Ballon d’or, plutôt que de voir le Paris Saint-Germain rafler sa première Ligue des champions ? OK, vu le parcours de galériens des joueurs de Luis Enrique, alors à la lutte rien que pour faire partie des barragistes de C1, il y a match.

Mais quand même, avec « Dembouz », on parle d’un attaquant n’ayant jusque-là jamais atteint la barre des 15 buts sur une saison pleine, toutes compétitions confondues. Et donc d’un athlète de 28 ans qui n’a encore jamais reçu le moindre vote/ni même nomination pour un Ballon d’or depuis ses débuts professionnels, en 2015 au Stade Rennais.

Le successeur de Weah et Messi est là, non ?

A titre d’exemples, sur cette dernière décennie, des joueurs comme Diego Godin, Dimitri Payet, Rui Patricio, Jamie Vardy, Dusan Tadic, Georginio Wijnaldum, Mason Mount, Simon Kjær, Gerard Moreno, Josko Gvardiol, Granit Xhaka, Hakan Çalhanoglu et Alex Grimaldo (vous remettez tout ce beau monde ?) sont apparus dans ce prestigieux classement.

Perçu comme un crack européen avec le Borussia Dortmund en 2017, Ousmane Dembélé n'avait finalement inscrit que 10 buts cette saison-là, avant son transfert astronomique au FC Barcelone.
Perçu comme un crack européen avec le Borussia Dortmund en 2017, Ousmane Dembélé n'avait finalement inscrit que 10 buts cette saison-là, avant son transfert astronomique au FC Barcelone.  - J.Schüler/Shutterstock/SIPA

C’est dire si les votants du monde entier ont su ratisser plus large que la rivalité Messi-CR7, mais jamais donc de trace de « Dembouz », pas même lors de la saison de son explosion aux yeux de l’Europe au Borussia Dortmund (10 buts en 50 matchs en 2016-2017). Et donc voilà que la comète de Vernon serait en pole pour devenir le successeur de George Weah (en 1995) et de Lionel Messi (en 2021 et 2023), les deux derniers Parisiens vainqueurs du Ballon d’or ?

Petit point chiffres tout d’abord : depuis le mois de janvier, Ousmane Dembélé a planté 25 buts en 29 matchs officiels avec le PSG, dont 8 sur les 11 derniers matchs de Ligue des champions, quasiment tous décisifs. Une moyenne démente pour le nouvel avant-centre de Luis Enrique, historiquement moqué pour ses croquages en pagaille face au but. La case statistique est donc cochée pour faire de lui un favori, autant que son titre de meilleur joueur de cette Ligue des champions 2025 décerné par l’UEFA. Ajoutez à cela son énorme finale de C1 contre l’Inter Milan (5-0), avec à la clé deux passes décisives et un pressing de maboulos sur la défense italienne.

La Coupe du monde des clubs, sérieusement ?

Le symbole d’un talent individuel au service du collectif, tel un buteur en pleine confiance ayant l’âme d’un Rodri (le tenant du titre). Une rareté que l’intéressé a encore avancée au micro, lundi sur le Central de Roland-Garros, en présentant ce trophée d’une vie devant 15.000 spectateurs. « Les titres individuels, c’est bien, mais le plus important, c’est le collectif, a-t-il glissé. C’est grâce au collectif qu’on a ramené la première Ligue des champions et c’est grâce à ça qu’on va continuer, saison après saison, à pouvoir remporter le plus de titres possibles. » Une nouvelle masterclass qui n’est pas un discours de façade.

Ousmane Dembélé a bien enflammé Roland-Garros, lundi après-midi, deux jours après le sacre parisien à Munich.
Ousmane Dembélé a bien enflammé Roland-Garros, lundi après-midi, deux jours après le sacre parisien à Munich.  - C. Ena/AP/SIPA

Alors OK, nous ne sommes même pas encore à la moitié de cette année 2025. Mais n’oublions pas que la cérémonie aura cette fois lieu un mois plus tôt que d’habitude, soit le 22 septembre. Et puis sur une année sans Coupe du monde, ni Euro, ni Copa America, ni CAN, quel rendez-vous pourrait-il vraiment être plus décisif aux yeux des votants qu’une première Ligue des champions remportée dans l’histoire d’un club, avec en prime la plus large victoire de l’histoire sur une finale de C1 ?

Le dénouement de la Ligue des nations, avec en tête cet alléchant France-Espagne en demi-finale jeudi ? Soyons sérieux… La première Coupe du monde des clubs organisée par la Fifa, du 15 juin au 13 juillet aux Etats-Unis ? On espère bien que non, puisqu’on parle tout de même d’une compétition à laquelle ne participe ni le champion d’Angleterre (Liverpool), ni le champion d’Espagne (le Barça), ni le champion d’Italie (Naples).

Cinq adversaires se détachent, en vain ?

Et n’allons pas non plus accorder la moindre importance aux diverses performances individuelles lors du mois de reprise de la saison 2025-2026, si loin des échéances clés. Donc non, en clair, on pourrait presque bloquer les votes début juin. Avec une question majeure : si l’élu 2025 n’est pas Ousmane Dembélé, alors qui ?

  • Lamine Yamal : OK, ce qu’il réalise à même pas 18 ans est monstrueux, sur la lancée de son Euro 2024. Mais si plusieurs de ses actions d’éclat ont marqué les esprits du grand public comme rarement, n’oublions pas qu’on parle du (seulement) quatrième meilleur buteur du Barça, champion d’Espagne, vainqueur de la Coupe du Roi et demi-finaliste de la Ligue des champions. Ses 10 buts en 2025 (versus 25 pour « Dembouz » donc) semblent insuffisants pour un joueur offensif. On parle ici du probable plus grand talent actuel, mais pas du joueur ayant réussi la plus grande saison. S’il n’a même pas raflé le trophée de meilleur jeune de cette LDC 2025, qui est revenu à Désiré Doué, il faudra rester cohérent en vue du Ballon d’or.
  • Raphinha : Son coéquipier brésilien au FC Barcelone est métamorphosé cette saison par rapport à la précédente. Meilleur buteur de cette C1 2024-2025 avec 13 réalisations en 14 matchs, l’ancien intermittent du spectacle rennais est un candidat au Top 5. De là à le voir comme LE joueur méritant ce Ballon d’or, c’est sans nous.
Les Barcelonais Raphinha et Lamine Yamal font partie des principaux prétendants au Ballon d'or 2025.
Les Barcelonais Raphinha et Lamine Yamal font partie des principaux prétendants au Ballon d'or 2025.  - B.Blanco/Pressinphoto/SIPA
  • Kylian Mbappé : Les stats individuelles parlent pour le capitaine des Bleus, Soulier d’or dès sa première saison au Real Madrid. Du jamais vu, même pour Cristiano Ronaldo. Mais désolé « Kyky », la symbolique du constat d’échec collectif est trop forte pour que cette année soit la bonne pour le Ballon d’or. En effet, pour la première fois depuis quatre ans, le Real n’a pas remporté de trophée majeur (une anomalie réparée à la Coupe du monde des clubs ?), l’année où son précédent club maudit atteint qui plus est son Graal.
  • Pedri : Du talent à revendre tourné vers la justesse technique, la vista et l’altruisme. Mais on a du mal à le voir comme le Rodri 2.0 pour ce Ballon d’or 2025, d’autant que la plaque tournante du Barça est un peu passée à côté du double rendez-vous contre l’Inter Milan en demies de C1.
  • Mohamed Salah : Autant il aurait sans doute mérité d’être sacré en 2019 après avoir remporté la Ligue des champions avec Liverpool, au terme de deux premières saisons monstrueuses en Angleterre, autant il est difficile de le voir comme l’actuel meilleur joueur du monde, à bientôt 33 ans. Avoir obtenu le titre de meilleur joueur de Premier League après avoir remis les Reds sur le toit du championnat le plus relevé au monde parle pour lui. Mais ses contre-performances contre le PSG dès les 8es de finale de C1, tout comme son absence à la Coupe du monde des clubs et l’absence de la moindre image forte en 2025 avec sa sélection égyptienne, ne vont pas l’aider à obtenir son premier Ballon d’or.
Notre dossier sur Ousmane Dembélé

Arrêtons-nous là pour cette liste de prétendants, et projetons-nous presque sereinement sur notre choix de costume pour fêter le triomphe de « Dembouz », le 22 septembre au théâtre du Chatelet à Paris. Car après tout, cette issue semble presque aussi écrite que pour son compatriote Karim Benzema en 2022.