Billetterie PSG - Inter Milan : « Je fixe mon prix à 2.500 euros »… Le marché de la revente explose pour la finale
Football•Les précieux sésames pour la finale de la Ligue des champions entre le PSG et l’Inter Milan, le 31 mai, atteignent des sommes follesAntoine Huot de Saint Albin
L'essentiel
- Le PSG dispose seulement de 18.000 places pour ses supporteurs en finale de la Ligue des champions, ce qui est insuffisant face à la demande, poussant certains fans à chercher des billets par tous les moyens.
- Les prix de revente des billets sont très élevés, allant de 2.000 à plus de 40.000 euros, incitant certains supporters comme Enzo à revendre leurs places : « Aucun match ne vaut un tel montant ».
- Enzo espère environ que ses deux places lui rapporteront un total de 6.000 euros. « Ma famille passe avant », déclare celui qui est abonné au Parc depuis plus de vingt ans.
Pas besoin d’être le dernier Prix Nobel de mathématiques pour comprendre le problème. Avec seulement 18.000 places accordées aux supporteurs du Paris Saint-Germain pour la finale de la Ligue des champions à Munich face à l’Inter Milan, les 36.000 abonnés du Parc des Princes (sans parler des dizaines de milliers de fans parisiens) ne pourront pas tous être du pèlerinage en Allemagne le 31 mai.
Depuis la fin de la mise en vente des places pour la finale, de nombreux supporteurs sont partis à la chasse au précieux, tels des chiens truffiers. Autant le Diamant noir peut se trouver sous un chêne du Périgord (allez chercher du côté de Sainte-Alvère), autant un billet pour ce PSG-Inter Milan a très peu de chance de tomber du ciel. Alors, chacun a sa petite technique : participer à des jeux-concours, harceler les partenaires de l’UEFA, faire un prêt sur plusieurs années.
« Aucun match ne vaut un tel montant »
Sur les sites légaux de revente des billets, le prix le moins cher pour une place à l’Allianz Arena est de 2.000 euros, et monte jusqu’à plus de 40.000 euros pour les places VIP. Suffisant pour donner une petite idée à certains, comme Enzo*, qui avait réussi à acheter deux places lors de l’une des trois vagues de vente. « J’étais en vague 2 et j’ai veillé et actualisé mes mails de minuit à 19h30, j’ai commandé les places dans la minute où j’ai reçu le mail », nous raconte ce supporteur du PSG depuis plus de vingt ans.
Mais, plutôt que de réfléchir à comment rejoindre la Bavière le 31 mai, ce trentenaire a donc préféré revendre ses places pour se faire un gros billet : « Aller à Munich, ça serait incroyable à vivre pour moi, explique-t-il. J’ai commencé à soutenir le PSG quand le club était au plus bas. Maintenant, il y a une réalité économique pour moi : aucun match de foot ou même un autre événement ne vaut de tels montants, j’ai des besoins financiers plus importants que d’assister physiquement à cette finale. »
Un marché du marché de la revente
Enzo a donc décidé de proposer ses places sur les réseaux sociaux et demande aux potentiels intéressés de, quand même, se renseigner les prix pratiqués avant de lui faire une proposition. Il a pour le moment reçu des offres allant jusqu’à 2.200 euros la place. Trop peu.
« J’essaie de suivre le cours des reventes, sans chercher à allumer les acheteurs mais sans non plus vendre bien moins chers que les autres, détaille-t-il. Pour l’instant, je me fixe un prix à 2.500 euros le billet, en sachant que depuis le soldout du PSG, les places augmentent chaque jour. Beaucoup de personnes cherchent à des prix qui ne correspondent pas au marché de la revente. J’ai eu aussi des propositions de revendeurs pros, ça signifie qu’il existe un marché parallèle où les billets se vendent encore plus chers que ça. »
Chose inconcevable pour Laurent, la cinquantaine, abonné au Parc des Princes depuis 1996, qui n’aurait pour rien au monde revendu sa place achetée 180 euros : « Est-ce que ce que je comprends ceux qui revendent leurs places, je suis entre un oui et un non. La passion me dirait non, la raison me dirait oui. Avec la passion, on perd la raison. Il y en a beaucoup qui sont dans cet état-là. » Enzo est plutôt dans l’autre équipe, la tête un peu plus sur les épaules, qui n’est pas du genre à hypothéquer les vacances de trois semaines dans le Luberon pour un voyage outre-Rhin de deux jours.
Deux billets pour 6.000 euros ?
« Il y a juste un moment où il faut réfléchir avec sa tête plutôt qu’avec son cœur, on parle de deux billets qui potentiellement vont me rapporter 6.000 euros, reprend le jeune homme. Je n’ai rien à prouver à personne, j’ai donné beaucoup pour ce club et la course à "celui qui aime le plus le PSG" ne m’intéresse pas. Ma famille passe avant. Le club n’appartient à personne et personne n’est au-dessus d’un autre supporteur, chacun sa façon de vivre sa passion. »
Notre dossier sur le PSGEnzo vivra donc la finale à Paris. Et il s’est même persuadé qu’il valait mieux être dans la capitale pour vivre un potentiel titre, qui représenterait « l’apothéose », en partageant cette joie avec des milliers de personnes dans les rues de Paris. « On va peut-être ''crever'' avant de revoir une finale, alors on est prêts à tout », lui répond Laurent, qui aurait pu faire des folies s’il n’avait pas eu sa place lors des trois premières vagues. Et tant qu’il y aura des acheteurs, il y aura forcément des revendeurs. Et ce peu importe le prix.
*Les prénoms ont été changés


















