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« C’était notre héros »… Zidane, un sélectionneur à l’aura incomparable

Equipe de France : « C’était notre héros »… Zinédine Zidane, un sélectionneur à l’aura incomparable

reportageZizou a dirigé sa première séance ouverte au public, ce mardi à Clairefontaine
Nicolas Camus

Nicolas Camus

L'essentiel

  • L’arrivée de Zinédine Zidane comme sélectionneur des Bleus suscite un engouement particulier chez les supporters, bien sûr. Ce mardi, ils étaient près de 300 à Clairefontaine pour assister à l’entraînement ouvert au public.
  • Parmi eux, beaucoup de quarantenaires qui ont grandi avec Zidane joueur, et les souvenirs de France 98. Stéphane, un papa de 44 ans, est venu avec son fils, à qui il a expliqué que le sélectionneur « était [son] héros ».
  • Les joueurs de l’équipe de France apprécient également ces premiers jours avec une personnalité qu’ils admirent tous. « Quoi de mieux de recevoir des ballons de Zidane pour un travail devant le but ? », en souriait Esteban Lepaul mardi matin en conférence de presse.

A Clairefontaine,

D’habitude, lors des entraînements des Bleus ouverts au public, ce sont les enfants qui ont les yeux qui brillent devant leurs idoles. Pas cette fois. Parmi les quelque 300 personnes présentes ce mardi au bord du terrain, c’étaient les papas qui avaient des étoiles dans le regard. Car le héros de leur adolescence est là, en survêtement de l’équipe de France, en train de diriger la séance. C’est ça aussi l’effet Zidane, cette fascination exercée même chez des quarantenaires bien installés dans la vie.

Stéphane, 44 ans, est là avec son maillot France 98 floqué (bien sûr) du numéro 10. Il est venu de la ville voisine de Dourdan, avec son fils Esteban, 5 ans. « Je lui ai expliqué que c’était notre héros, et je lui ai montré des vidéos de quand il jouait, raconte le papa. Zidane, c’est mon enfance et mon adolescence, 98 je m’en souviens comme si c’était hier. Je suis super heureux et fier de le voir à la tête de cette équipe. J’ai même encore du mal à réaliser, j’ai besoin de le voir à l’œuvre je crois pour bien me rendre compte. »

Zinédine Zidane dirige l'entraînement des Bleus, le 22 septembre 2026 à Clairefontaine.
Zinédine Zidane dirige l'entraînement des Bleus, le 22 septembre 2026 à Clairefontaine.  - Frank Fife / AFP

Esteban est content de découvrir le personnage, lui aussi, même s’il est « un peu fâché ». Lui, c’est Kylian Mbappé qu’il voulait voir et le capitaine des Bleus, malade, a déclaré forfait pour l’entraînement au dernier moment. Il n’est pas le seul enfant à être déçu. Lors de la séance d’autographes organisée avant l’entraînement, ils étaient nombreux à se demander quand allait arriver le meilleur buteur de l’histoire de la Coupe du monde. En attendant, c’est Ousmane Dembélé qui a gagné à l’applaudimètre. Le Parisien a eu droit à plusieurs « Ousmane Ballon d’or » qui l’ont fait sourire. Les absents ont toujours tort, comme on dit.

Zinédine Zidane ne s’est pas mêlé à ses joueurs pour cette petite demi-heure de signatures et photos. Le sélectionneur n’a rejoint le terrain qu’au dernier moment, quand tout le monde était prêt à démarrer la séance. Une manière de ne pas voler la vedette à ses hommes. Car c’est sûrement ce qui se serait passé, tout le monde en a bien conscience. L’équipe de France a désormais la particularité d’avoir un entraîneur au moins aussi adulé que ses plus grandes stars.

Une légende, « tout simplement »

« C’est une légende, il a une aura que personne n’a », observe François. Maillot des Bleus récent, floqué du numéro 10 de Mbappé, le trentenaire n’a pas de souvenir de la victoire de 1998 mais garde encore un goût amer de la défaite en finale contre l’Italie, huit ans plus tard. « La Coupe du monde 2006, j’ai pleuré. J’avais acheté plein de feu d’artifice et j’étais dégoûté de ne pas pouvoir les utiliser, retrace-t-il. Ça reste un moment très dur. »

Il en a vécu des plus belles ensuite, en 2018 notamment. Mais même s’il n’est pas tout à fait la génération Zidane, l’ancien meneur de jeu reste pour lui une référence absolue. « Il a gagné le Ballon d’or, la Ligue des champions comme joueur et entraîneur. Dans le vestiaire, on se dit qu’il doit avoir une autorité naturelle. C’est un joueur légendaire, tout simplement, et ça fait très envie de le voir à ce poste aujourd’hui. » En attendant ses premiers pas en match officiel, tout le monde l’observe piloter l’entraînement, en compagnie de son adjoint David Bettoni.

Le jeu, toujours

Les enfants ont apparemment bien reçu le message de leurs parents car très vite, des « Zizou, Zizou » descendent des tribunes. Et quand les joueurs font des petites oppositions, on sent que chacun aurait envie de voir le sélectionneur faire le cinquième. Quelques touches de balle suffisent toutefois à ravir le public. « On savait que le voir à ce poste allait arriver, mais on a quand même l’impression que ce n’est pas réel », souffle Stéphane.

La veille déjà, sous les yeux des médias, Zidane avait régalé en distillant les centres pour l’exercice de frappes devant le but en fin de séance. « On a tous été fans de lui étant jeunes, donc c’est un plaisir. On a vu qu’il avait encore de beaux restes, ça va être difficile de les reproduire », se marrait Dayot Upamecano à la sortie du terrain. « Quoi de mieux de recevoir des ballons de Zidane pour un travail devant le but ? », interrogeait de son côté Esteban Lepaul, dont quelques volées bien claquées ont reçu les félicitations du patron. Maxence Lacroix, de son côté, parlait de sa « fierté » d’avoir un sélectionneur de ce pedigree.

Ce qui saute aux yeux aussi, dans ces premiers jours de ZZ dans le costume, c’est le travail axé sur le jeu avec ballon. Alors que la séance du lundi était auparavant plutôt centrée sur la course, par exemple, pour décrasser les corps des matchs du week-end et du trajet jusqu’à Clairefontaine, Zidane et Bettoni ont réservé aux joueurs ateliers techniques et petits jeux ludiques dès les premiers pas sur le terrain d’entraînement. Même chose ce mardi, les joueurs ont passé leur temps ballon au pied, et encouragés par le staff à combiner, tout plus vite.

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L’occasion de voir que les nouveaux venus, Lucas Da Cunha et Esteban Lepaul en tête, se sont vite mis au diapason des plus expérimentés. « On était un peu en fin de cycle avec Didier Deschamps, mais c’est normal au bout de 14 ans. C’est bien de voir du nouveau, de la fraîcheur, d’autres joueurs, estime François depuis les tribunes. Il fallait un regard neuf sur l’effectif, c’était le bon moment. » Zizou est sélectionneur, il fait beau, tout le monde est heureux… et quelque chose nous dit que la lune de miel va s’étirer encore un peu.