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« La colère, l’inactivité »… Mandanda raconte le grand vide d’après-carrière

Football : « Ça ne va pas, je ne fais rien »… Steve Mandanda se livre sur le grand vide d’après-carrière

récitL’ancien gardien de l’OM et des Bleus sort un livre, intitulé « Les jours d’après », pour raconter l’état dépressif dans lequel il a plongé après avoir pris sa retraite l’été dernier
Nicolas Camus

N.C.

A l’origine, l’idée d’écrire un livre n’était pas du tout dans sa tête. Mais à force de réflexion et de discussions avec Mathieu Coureau, un auteur par « la petite mort du sportif », Steve Mandanda a fini par se lancer. « Je me suis dit que si je pouvais aider ne serait-ce qu’une personne à travers ces écrits, ça valait le coup », explique-t-il aujourd’hui à L’Equipe, qui publie les bonnes feuilles de son autobiographie, « Les jours d’après » (éditions Flammarion).

L’ancien gardien de l’Olympique de Marseille (613 matchs entre 2007 et 2022) et de l’équipe de France (35 sélections) avait annoncé sa retraite en fin de saison dernière, à 40 ans, après une dernière expérience à Rennes. Il n’avait pas idée, alors, du grand vide dans lequel il se jetait. Cette sensation de « plus rien » n’a pas mis longtemps à arriver.

Retraite forcée

« Depuis quelques semaines, plus grand-chose n’a de goût. C’est juillet, je suis seul, il fait chaud […] Mes journées sont interminables et vides, écrit-il au début de son livre. Vides d’énergie. Vides de sens. Vraiment, c’est ça la petite mort ? Ça ne va pas. Je ne fais rien, strictement rien. »

Le champion du monde 2018 n’avait pas vraiment planifié son après-carrière. Malgré son âge, il avait trouvé sa place au Stade Rennais, en tant que numéro 2 de Brice Samba. Il aurait voulu continuer dans ce rôle mais les dirigeants bretons ne lui ont pas proposé de prolonger. Alors il s’est arrêté, contraint et forcé.

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« Je fais quoi de ma vie, de mes jours ? Je m’enfonce en silence. Je n’avais pas envie d’arrêter définitivement, trop conscient que j’aimais cette vie-là, poursuit-il. Je suis chômeur, allongé sur mon canapé sans même savoir ce que j’attends, sans savoir ce que je veux. Envie de rien, [avec] ce sentiment d’être inutile, cette sensation de vide, la tristesse, la colère, l’inactivité. »

C’est pour parler de cette « chute », et du chemin pour remonter à la surface, que le joueur formé au Havre a écrit. Il s’est rendu compte, depuis, qu’il n’était pas seul. Loin de là. « J’ai croisé énormément d’anciens joueurs qui, dans 80 % des cas, me disent avoir vécu la même chose, cette sensation de vide quand leur carrière s’arrête », dit-il dans L’Equipe ce mardi.

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Pas loin d’un an après le grand saut, Mandanda va mieux. Il suit une formation de manager général au Centre de droit et d’économie du sport (CDES) de Limoges, aux côtés d’anciens sportifs (Ronny Turiaf, Laurent Bonadei, Cléopâtre Darleux) avec qui il peut partager son expérience. Et se projeter. Il souhaite devenir directeur sportif ou technique. Et puis il est devenu fou de padel, « une vraie passion qui [lui] a permis de sortir la tête de l’eau ».