PSG - OM : En écrasant Marseille, Paris a-t-il signé un acte fondateur avant les grandes échéances ?
manita•Le PSG a remporté une victoire historique contre l’OM lors d’un Classique à sens unique, dimanche soir. Peut-on parler de déclic pour une équipe qui a montré des flashs de l’année précédente ?William Pereira
L'essentiel
- Le Paris Saint-Germain a infligé une défaite historique 5-0 à l'Olympique de Marseille au Parc des Princes, avec un Ousmane Dembélé retrouvé qui a inscrit un doublé et livré une passe décisive. Ce dernier voulait « faire passer un message à un peu tout le monde ».
- L'équipe parisienne a montré un regain d'intensité avec des joueurs comme Dembélé qui a retrouvé son pressing fou, Kvaratskhelia sa magie, et Nuno Mendes qui a été aérien, dans une performance collective qui a rappelé la fin de saison dernière et enflammé le Parc des Princes.
- Malgré cette victoire écrasante, Luis Enrique qui refuse d'en faire un match référence tout en espérant que cela « donnera de la confiance » pour les échéances importantes à venir contre Rennes et Monaco.
Au Parc des Princes,
On va finir par y croire. Croire que le Paris Saint-Germain a disputé le premier tiers de la saison en claquettes et s’est servi du second comme une prépa physique pour être à fond dans la dernière ligne droite. Le passage d’Ousmane Dembélé en zone mixte et sa petite phrase - « on a bien négocié la première partie de saison » - entretiennent cette théorie à laquelle il ne manquait qu’un catalyseur, un PSG-City de 2026.
On le cherchait à tort en Ligue des champions, mais il se trouvait en fait en Ligue 1, face au grand rival marseillais qui lui avait jusqu’ici donné tant de fil à retordre. Une défaite au Vélodrome, un miracle lors du Trophée des champions, la belle promettait un dernier volet haletant. Le match n’aura finalement pas lieu, remplacé par un rite d’humiliation collectif. 5-0, c'est au moins aussi historique pour les uns que douloureux pour les autres.
Dembouz a retrouvé son pressing fou, Kvara est magique
« Les mois importants de compétition arrivent, il faut donner plus », avertissait Luis Enrique avant le Classique. Tout le monde acquiesçait mais se demandait légitimement si cette équipe, oxydée par un exercice 2024-25 infini, privée de réelle présaison, et redevenue fébrile en Ligue des champions avait les jambes pour suivre ce commandement. La réponse était oui.
A l’image de son équipe, Ousmane Dembélé a retrouvé son esprit conquérant. Constamment sur les starting-blocks à chaque relance du gardien, avec supplément regard de tueur, il n’a pas rechigné au pressing. Et bien sûr, il a délivré une passe décisive et inscrit un magnifique doublé. Son deuxième but (crochet, crochet, sacoche du droit) est à accrocher dans la salle des Etats, à droite de la Joconde et à gauche de son chef d’œuvre face au Losc (lob soyeux, huile sur toile).
« C’est l’instinct, je vois que je mets beaucoup d’intensité sur les premiers ballons et j’élimine les adversaires » « C’est incroyable, samedi on me demandait pourquoi il était irrégulier, alors j’aime les joueurs irréguliers comme Ousmane », ironisait quant à lui l’entraîneur parisien en conférence de presse.
Et que dire du reste de l’équipe. Nuno Mendes a été aérien, João Neves a retrouvé son don d’ubiquité, Kvaratskhelia sa magie, tandis que Bradley Barcola et Désiré Doué optent pour une direction artistique plus clivante, celle des casseurs de reins maudits à la finition. « Notre objectif c’était de mettre le feu sur le terrain, a déclaré l’ancien Rennais au micro de Ligue 1 +. On a tout donné ce soir et ça porte ses fruits. »
Ousmane Dembélé voulait « faire passer un message »
Le constat est implacable : il y a eu dans cette prestation parisienne des flashs de la seconde partie de saison dernière, jusqu’à la communion avec un Parc des Princes que l’on n’avait plus vu aussi survolté depuis la demi-finale de C1 contre Arsenal. « On avait à cœur de faire un grand match et aussi de faire passer un message à un peu tout le monde », souriait le Ballon d’Or après la rencontre.
Il appartient à la suite des événements de ranger cette manita dans la case des épiphénomènes ou des actes fondateurs. Dans toute sa contradiction, Luis Enrique refuse d’en faire un match référence. Il lui préfère la prestation contre le Sporting à Lisbonne en dépit du résultat (défaite 2-1), mais estime a minima que la victoire de dimanche « donnera de la confiance », quand Désiré Doué pense déjà à capitaliser dessus. « Il faut qu’on continue sur cette lancée. »
A commencer par le déplacement chez son ancien club, vendredi prochain, puis à Louis II contre Monaco, en Ligue des champions. Le début des choses sérieuses. Si comme le dit Dembouz, « les supporters (parisiens) auront la banane demain », la joie ne tient qu’à un fil. La marge en Ligue 1 sur le dauphin Lens est minime, quant à la défense du titre européen, elle reste improbable au vu des dernières sorties en Ligue des champions. Mais dimanche soir, un grand rayon de soleil est venu transpercer les nuages noirs du ciel parisien. Et ça suffit pour y croire.



















