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Le PSG doit-il sacrifier la Supercoupe pour ne pas exploser en vol cette saison ?

PSG - Tottenham : Paris doit-il « sacrifier » la Supercoupe pour ne pas exploser en vol cette saison ?

FOOTBALLUne semaine seulement après avoir repris l’entraînement, les Parisiens ont rendez-vous avec Tottenham en Supercoupe d’Europe. Une rencontre que Luis Enrique va devoir gérer avec prudence, au risque de mettre son équipe en danger sur le plan physique
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

L'essentiel

  • Les Parisiens ont eu droit à trois semaines de vacances après leur saison exceptionnelle (mais à rallonge) qui les aura vus être sacrés champions d’Europe. Mais l’heure de la reprise a déjà sonné.
  • Ainsi, une semaine seulement après avoir repris le chemin de l’entraînement, les hommes de Luis Enrique doivent déjà être sur le pont pour affronter Tottenham en Supercoupe.
  • Un premier match à enjeu qui n’est pas sans risque sur la suite de la saison, après un opus 2024-2025 marqué par une gestion physique du groupe extraordinaire.

A l’image de votre serviteur, qui s’affale sur son clavier, la bave de la sieste aux lèvres après s’être pété la panse lors du déjeuner du jour en terrasse, on n’est pas tous égaux dans nos capacités à revenir de vacances avec le sourire et la volonté de tout casser. Voilà pourquoi on souhaite bien du courage aux Parisiens qui, une petite semaine à peine après la fin de leur coupure estivale – tardive, pas merci à la Coupe du monde des clubs – sont déjà de retour pour affronter Tottenham en Supercoupe d’Europe.

Une première opposition de la saison dont les enjeux dépassent de loin ceux des autres équipes du continent, celles qui ne sont pas championnes d’Europe, et qui lancent généralement leur saison par des petites oppositions amicales sans pression, où l’on fait tourner l’intégralité de l’équipe à la mi-temps, le but étant simplement de gentiment gambader pour retrouver un début de sensation athlétique.

Tout l’inverse de ce qui attend les Parisiens mercredi, à Udine, où les Spurs, qui ont repris la saison depuis plus d’un mois maintenant, n’attendent qu’une chose : faire tomber le roi d’Europe, à l’image de ce qu’a fait Chelsea en finale de la Coupe du monde des clubs mi-juillet. « C’est incomparable en termes de forme physique entre les deux équipes, prévient d’emblée Alexandre Marles, ancien préparateur physique du PSG et des Bleus. Que ce soit en termes de physique mais aussi d’automatismes, l’avantage va clairement à Tottenham sur ce plan-là. »

« Je pense qu’ils n’ont pas tout perdu physiquement »

Si les hommes de Luis Enrique ont été invités à reprendre individuellement le travail de préparation à partir du 28 juillet, à raison d’une heure et demie par jour, ils ont eu le plaisir de couper totalement avec le foot pendant près de deux semaines. Suffisant pour perdre la plupart de son tonus et de ses capacités physiques à enchaîner les efforts au haut niveau ? Sur ce point, les spécialistes ne sont pas tous d’accord. Pour Alexandre Marles, il n’y a pas photo.

« On ne perd pas tout mais on perd beaucoup, assure-t-il. On ne perd pas une saison entière dans le sens où on a engrangé de la confiance, des automatismes, mais d’un point de vue strictement physique, oui, on a tout perdu, ça c’est clair. Et quand on a tout perdu, on ne joue pas une finale européenne contre un club qui a repris bien plus tôt dans son intégralité. On ne fait même pas 60 minutes sur un match, et surtout on est incapable de rempiler trois jours après à Nantes. »

Pour Stéphane Paganelli, préparateur physique individuel auprès de joueurs de foot comme Rémy Cabella, l’analyse est différente : « Vu la saison qu’ils viennent de faire, les capacités physiques, que ce soit au niveau de l’endurance, de la force, de la vitesse, ne diminuent pas de beaucoup. Ça doit être de l’ordre de 5-6 % maximum. Donc en reprenant avec un travail individualisé depuis le 28 juillet, si c’est bien respecté et bien dosé, je pense qu’ils n’ont pas tout perdu de leurs aptitudes cet été. D’autant que le groupe a pour lui d’avoir peu évolué par rapport à la saison dernière, les joueurs se connaissent parfaitement, ils ont vécu presque un mois ensemble aux Etats-Unis, donc ça va les aider en termes d’automatismes. »

Un plan de jeu adapté aux circonstances ?

Reste à savoir si un PSG à 60-70 % de ses capacités physiques peut suffire pour taper des Spurs loin d’être emballants la saison dernière et qui seront privés de James Maddison, victime d’une rupture des ligaments croisés et absent une bonne partie de la saison. « Sans être à 100 % de leurs capacités physiques, ils peuvent faire quelque chose mercredi. Je pense qu’ils auront des jambes, prédit Stéphane Paganelli. Après, ceux qui ont toutes les réponses, c’est le staff, qui possède les datas, les donnés de fatigue de chaque joueur. Nous, on ne peut que faire des hypothèses, bâtir des théories, on n’est pas tous d’accord sur ces questions mais, la seule réponse, c’est le staff qui l’a. »

Ce que l’on peut avancer sans prendre trop de risque de viser à côté, c’est que le PSG de mercredi ne pourra pas ressembler à celui qui a mis l’Europe en PLS depuis janvier dernier, avec un pressing tout-terrain de chien de la casse, des courses incessantes à hautes intensités et des dépassements de fonctions permanents.

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Alexandre Marles : « S’ils ne sont pas prêts physiquement, ils ne vont pas aller presser comme des malades non plus, ils n’en seront pas capables de toute manière, leur style de jeu en sera logiquement impacté. On va avoir un match assez spécial contre Tottenham, je pense. » « Luis Enrique va certainement adapter ses consignes et son organisation tactique en fonction de ce que ses joueurs ont dans les jambes. Un match qui va sortir de l’ordinaire avec peut-être un PSG au visage un peu différent », valide Stéphane Paganelli.

Une cascade de blessés cette saison à Paris ?

Mais l’ancien prépa physique parisien va plus loin et se demande même s’il ne faudrait pas carrément sacrifier cette finale de Supercoupe sur l’autel des objectifs à plus ou moins long terme : « Même s’ils ne font pas un super mois d’août, ils seront très difficiles à jouer dans les mois à venir et personne ne leur en voudra s’ils perdent mercredi mais qu’ils vont à nouveau loin en Ligue des champions. Je pense qu’ils vont se servir du mois d’août pour faire tampon avec ce qu’il s’est passé en fin de saison dernière, pour étaler la préparation. »

A l’image de la finale perdue à New York contre Chelsea, une défaite contre Tottenham, au-delà de faire mal à l’ego de ses joueurs aux ambitions XXL, ne serait pas bien grave pour un club qui veut voir sur le long terme. Reste alors cette inquiétude (légitime) des supporters parisiens : Après une telle saison, ponctuée par une Coupe du monde des clubs dont tout le monde se serait bien passé, le PSG risque-t-il de voir ses héros tomber comme des mouches et garnir une infirmerie étrangement vide la saison dernière ?

Pour nos deux spécialistes, la parfaite gestion physique du groupe par Luis Enrique et de son staff la saison passée devrait porter ses fruits pour l’exercice à venir. « Si ceux qui ont beaucoup joué la saison dernière sont aussi bien gérés par le coach cette saison, je ne vois pas pourquoi ça se passerait foncièrement mal, songe Marles. Le groupe est assez large, il y a quand même la possibilité de faire souffler les titulaires quand ils commencent à tirer la langue. Paris a l’effectif pour ne pas mettre ses joueurs en danger dès le début de la saison. »

Assurés très tôt d’être sacré champion de France, les Parisiens ont pu adapter le temps de jeu de chacun en fonction des objectifs en Ligue des champions, à l’inverse de l’Inter, saucée en finale par le PSG, qui a dû se battre jusqu’à la dernière journée pour le titre en Serie A (finalement remporté par Naples). Comme quoi, la Ligue 1, que l’on ne disait pas assez compétitive pour le Paris Saint-Germain pour espérer régner sur l’Europe, a parfois de bons côtés.