20 Minutes avec AFP
La guerre entre l’UEFA et la Fifa fait rage et les couteaux sont désormais de sortie. Alors que l’instance dirigée par Gianni Infantino traverse une grave crise depuis la fin de la Coupe du monde et tente par tous les moyens de sauver la tête de son président, accusé de despotisme après son projet avorté de vente des parts de la Coupe du monde à des investisseurs privés, son homologue européen ne ménage plus ses coups.
« Mes amis, je pense qu’il est temps de dire 'ça suffit', le football n’a pas besoin d’empereurs », a lancé mardi le président de l’UEFA Aleksander Ceferin à Infantino (mais sans jamais le nommer), lors de l’assemblée générale des clubs de football européens (EFC) à Copenhague. « Développons-nous, innovons, rendons nos clubs et nos compétitions encore plus performants, mais n’oublions jamais que le football est plus grand que ceux qui le dirigent. Nous en sommes les gardiens, pas les propriétaires. Personne n’a le droit de vendre son avenir », a poursuivi le dirigeant de l’instance du football européen
Ceferin a comparé Infantino, absent du congrès et représenté par le secrétaire général Mattias Grafström, à l’empereur du conte d’Andersen « Les habits neufs de l’empereur ». « Nous connaissons tous cette histoire. Un empereur est persuadé qu’il porte des habits magnifiques, des habits que, selon lui, seuls les imbéciles ou les inaptes ne pouvaient pas voir, a-t-il déclaré. Sa cour fait semblant de croire à cette histoire jusqu’à ce qu’un enfant dise à haute voix ce que tout le monde peut voir : 'l’empereur est nu' ».
Plainte envisagée pour « gestion déloyale »
L’UEFA, dont le président mène la fronde anti-Infantino, envisage de porter plainte pour « gestion déloyale » contre le patron de la Fifa, une infraction passible de cinq ans d’emprisonnement mais qui suppose de démontrer qu’il a intentionnellement lésé les intérêts de la Fifa. C’est tous le sens de la requête envoyée par l’UEFA à un tribunal de Floride afin d’avoir accès à des documents liés au projet de Gianni Infantino, finalement avorté, de vendre des parts de la Coupe du monde.
« Imaginez qu’un de vos cadres supérieurs négocie secrètement la vente d’un de vos joyaux de la couronne, et que votre conseil d’administration, vos joueurs et vos supporters n’en sachent rien. Une fois que vous l’apprenez, que ferait votre conseil ? », s’est interrogé Ceferin, alors que l’opposition à Infantino travaille d’arrache-pied pour trouver le bon candidat à mettre sur la route d’Infantino lors des élections de mars prochain.