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Après avoir ébloui le monde, le trio magique Mbappé-Olise-Dembélé a tout gâché

France - Espagne : Après avoir ébloui le monde, comment le trio magique Mbappé-Olise-Dembélé a finalement tout gâché

CHUTE LIBREEstampillé meilleure ligne offensive de la planète lors de cette Coupe du monde, le trio magique Mbappé-Olise-Dembélé est totalement passé à côté de sa demi-finale contre l’Espagne
Coupe du monde 2026 : Le brief-débrief de France - Espagne (0-2)
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

L'essentiel

  • Encensés (à raison) depuis le début de la Coupe du monde aux Etats-Unis, le trio d'attaque de l'équipe de France est passé totalement à côté de sa demi-finale contre l'Espagne.
  • A l'arrivée, c'est le quatrième élément, Bradley Barcola, qui aura semblé le plus à même de créer du danger dans la défense espagnole.
  • Qu'on le veuille ou non, ce non-match restera comme une grosse ne tache indélébile dans le romoan de leur Mondial jusqu'ici pavé de louanges.

De notre envoyé spécial à Dallas,

Le plus drôle dans ce qui convient d’appeler le « fiasco bleu » de mardi, c’est que la plus belle action tricolore est intervenue avant même le coup d’envoi, quand Kylian Mbappé est apparu sur les écrans géant depuis le couloir du stade de Dallas, le visage fermé et le regard déterminés de celui qui est bien décidé à manger les Espagnols en tortilla toute la soirée. Un peu à la manière dont il était sorti du couloir avant la guérilla urbaine face au Paraguay, où il s’était comporté de manière exemplaire, à la façon du capitaine du navire qui va au charbon avec ses matelots.

En le voyant ainsi débouler tel un général sur son cheval blanc, on s’est dit et redit qu’il ne pouvait rien nous arriver. Sentiment que le début de match avait par ailleurs confirmé, avant que Lucas Digne n’entre en scène pour faire basculer la rencontre dans l’horreur absolue. Car jusque-là, en effet, les Bleus avaient semblé maîtriser les événements et il s’en est même fallu de peu pour que Dembélé, d’une passe laser absolument sublime, ne lance parfaitement Mbappé, bloqué ensuite par trois défenseurs espagnols.

Le péno puis le néant

Mais le futur latéral gauche du PSG a changé bien malgré lui la face de cette demi-finale, sans qu’il ne soit le seul responsable du naufrage individuel et collectif de mardi. Car il restait bien assez de temps au quatuor d’attaque que le monde nous enviait pour faire la différence et faire de cette faute de Digne un simple non-événement, un petit caillou sur la route du succès qu’on espérait toutes et tous. Pour cela, il aurait fallu que le trio infernal Mbappé-Olise-Dembélé soit à la hauteur de l’événement, ce qui ne fut pas le cas (et dans des proportions absolument dingues).

A commencer par Michael Olise, l’homme que les néophytes ont appris à connaître et à aimer cet été du côté des Etats-Unis, celui sur qui tout glisse et qui peut vous rendre le football si beau quand il est décidé et dans un bon jour. Mardi, ce n’était pas le cas, c’est rien de le dire. Son début de match a ressemblé à peu près à ça : un ballon touché, une passe manquée. Un ballon touché, un contrôle trop long. Un ballon touché, un contrôle trop long et une passe manquée, etc, etc. Un enfer en terre texane.

Mais le mental à toute épreuve de l’attaquant du Bayern laissait penser que ce n’était là qu’un défaut à l’allumage et qu’il finirait tôt ou tard par tout écraser. Il n’en fut rien, jamais. Pire, à force de s’entêter dans de mauvais choix de dribbles, il a à plusieurs reprises exposé le milieu de terrain français à des contres espagnols. On ne comprend toujours pas comment Deschamps a pu attendre la 72e minute pour le sortir en lieu et place de Rayan Cherki, qui aura fait plus et mieux en vingt minutes qu’Olise en une grosse heure de jeu.

Le Ballon d’or fait pschitt, le Pichichi

Ousmane Dembélé a lui passé l’intégralité du match sur la pelouse et on se pince encore pour le croire tant le Ballon d’or 2025 est passé à côté de sa demie, malgré un ou deux gestes intéressants en début de rencontre. Positionné à droite en début de match, « Dembouz » est ensuite passé dans l’axe pour tenter de faire mieux qu’Olise, en vain. Quant à Kylian Mbappé, s’il a semblé être l’homme le moins à la ramasse du trio, sa prestation fut tout de même pénible à regarder.

Pour tout dire, on n’a pas souvenir d’une seule action où l’on aurait pu se lever de notre siège tant le Madrilène a paru esseulé, en manque total de tranchant et d’inspiration. On passe aussi sur ce coup franc envoyé deux mètres au-dessus de la barre (encore un qui ira alimenter le formidable compte X Has Mbappé scored a free-kick ?) sur l’une des rares fois où les Bleus avaient une occase de s’approcher du but Simon. A l’arrivée, mardi, le meilleur attaquant tricolore se nommait Bradley Barcola qui, sans avoir été particulièrement brillant, aura été suffisamment au-dessus des autres pour qu’on lui épargne la 22 Long Rifle ce matin.

0,3 xG, pas mal non ? C’est Français

Les tirs (mais si, souvenez-vous, ces trucs qui permettent de marquer des buts au football) parlons-en. Sur ce point, les chiffres ne sont plus criants, ils hurlent au loup sur un rocher à la nuit tombante tels les coyotes dans Lucky Luke. Mardi soir, l’équipe de France a battu un record dont elle se serait bien passée, celui du plus petit ratio d’expected goals de son histoire en Coupe du monde depuis qu’Opta analyse les données de la compétition, à savoir 60 ans.

Avec des xG à 0,3 (contre 1,63 pour l’Espagne, qui a pourtant marqué ses deux buts sur ses deux seuls tirs cadrés de la rencontre), c’est rien de dire que les Bleus n’ont jamais mis en danger la défense espagnole et leur gardien Unai Simon. Une défense espagnole louée depuis le début de la compétition mais qui, disons-le, n’a même pas eu à forcer son talent tant les Bleus se sont sabordés eux-mêmes en ratant à peu près tout ce qu’ils (n') entreprenaient (pas).

« Quand on fait autant d’erreurs techniques, c’est difficile de poser des problèmes à l’adversaire, convenait Deschamps après le match. Forcément, si on n’a pas l’expression offensive et technique qu’on a eue jusqu’à maintenant, c’est de notre faute. Face à une telle équipe, il fallait être au maximum et l’équipe de France ne l’a pas été aujourd’hui. » « Quand vous mettez tout ça bout à bout, les imprécisions techniques et tactiques, ça donne une défaite, prolongeait Mbappé sur M6. C’est une grande déception bien sûr mais, si on est objectif, on n’a pas mis tous les ingrédients pour aller en finale. »

« Vous avez peur de qui ? Vous avez peur de quoi ? »

Un constat certes lucide de la part du capitaine des Bleus mais qui n’en reste pas moins incompréhensible tant Mbappé et ses tontons flingueurs avaient jusque-là livré une copie presque parfaite depuis le début du Mondial. Des buts à gogos, des combinaisons de zinzin et cette sensation de se trouver les yeux fermés même quand les espaces n’existaient pas, bordel ce qu’on a vibré…. Comment expliquer alors que cette armada ait pu se prendre les pieds dans le tapis dans de telles proportions ?

Faut-il y voir un coup de moins bien physique, comme l’avançait Deschamps après le match ou croire plutôt Luis De La Fuente quand il déclarait après le match que « les meilleurs joueurs du monde » ont perdu contre « la meilleure équipe du monde » ? Il y a sans doute un peu de tout ça. On pencherait quant à nous sur une troisième option, celle d’une équipe de France arrivée à ce rendez-vous sur la pointe des pieds, avec le trouillomètre à zéro, contre une équipe d’Espagne dégoulinante de confiance.

Or, dans le sport de très haut niveau, le doute et la peur sont des ennemis capables de vous couper les pattes et vous cramer les neurones. A l’arrivée, l’attaque tricolore avait la bonne gueule de celle dont on écrit les épopées dans les livres d’histoire et qu’on se transmet de génération en génération les soirs d’hiver au coin du feu. Mais il faut pour cela rendre une copie parfaite du début à la fin, surtout à la fin, d’ailleurs, et c’est précisément sur ce point que les joueurs ont failli. Ce n’est pas la fin du monde, certes, mais on repart quand même des Etats-Unis avec un gros goût d’inachevé au fond de la gorge.

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