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Les Bleus ou Macron, qui a le plus déçu vendredi soir ?

Les Bleus contre l’Azerbaïdjan, Macron avec la reconduction de Lecornu, qui a le plus déçu vendredi soir ?

Le match dans le matchAu Parc pour assister à la victoire sans panache des Bleus contre l’Azerbaïdjan ou sur leur canap' pour suivre la reconduction de Sébastien Lecornu, les Français ont connu un vendredi soir très moyen
William Pereira

William Pereira

Vendredi soir, la France a eu à choisir entre deux spectacles, l’un plus important que l’autre, mais chacun ennuyeux à sa manière. D’un côté, le match de l’équipe de France contre l’Azerbaïdjan au Parc des Princes (victoire 3-0). De l’autre, la reconduction de Sébastien Lecornu dans ses fonctions de Premier ministre.

Dans les deux cas il fut question de patience. Emmanuel Macron a attendu 22 heures pour annoncer ce qui devait l’être au plus tard à 20 heures. De la même manière, les Bleus ont failli à la promesse d’une soirée prolifique aussitôt le coup d’envoi donné, histoire d’honorer les 30 ans du 10-0 infligé aux mêmes Azerbaïdjanais en bonne et due forme. Piégés par le bus de leur modeste adversaire garé devant le virage Auteuil, les joueurs français ont choisi la voie de la somnolence.

Pas de numéro 10 miracle ni d’accord avec la gauche

« On a obtenu le résultat qu’on voulait, mais la manière non, surtout en première période », reconnaissait, lucide, Didier Deschamps. « On s’est juste un peu endormi, on va dire, parce qu’on avait beaucoup le ballon », justifiait pour sa part Malo Gusto après la rencontre. Excuse acceptée, ne faisons pas semblant de découvrir les subtilités du jeu tricolore sous Didier Deschamps. Encore moins en pleine épidémie de blessures dans le secteur offensif, à laquelle il faut ajouter celle de Kylian Mbappé. L’attaquant du Real Madrid sera forfait contre l’Islande.

Une pensée émue au passage pour les adeptes de Michael Olise dans le rôle du numéro 10 retrouvé, l’élu, celui qui doit réconcilier les Bleus avec les adversaires en bloc bas. Il a finalement été l’auteur d’une prestation totalement neutre, saveur yaourt nature. A l’image d’une certaine gauche qui se rêvait capable de renouer avec Emmanuel Macron dans une réunion de tous les compromis et dont l’issue, « sidérante », fut en fait la même que toutes les précédentes. Moralité : aucun joueur français n’est suffisamment créatif pour perforer des systèmes défensifs aboutis, et aucun chef de parti ne peut forcer le président à faire un pas vers sa gauche.

Et si Deschamps succédait aussi à Deschamps ?

Vendredi soir, il a surtout été question de passage en force. Mais là où celui de Kylian Mbappé en fin de première période a permis d’ouvrir les portes du succès à l’équipe de France et pousse à l’optimisme en vue des prochaines échéances, celui du chef de l’Etat - qui donne « carte blanche » à son Premier ministre - enfonce le pays dans un bazar politique sans fin. En témoignent les réponses des leaders de tous bords, déterminés à censurer le futur gouvernement quitte à provoquer une nouvelle dissolution. Avec le risque de dégoûter définitivement les Français de la vie politique et de les pousser à voter contre un système à bout de souffle en 2027.

Les supporters de l’équipe de France sont passés par là. Depuis 2022, ils serrent les dents devant les prestations erratiques de la sélection en attendant la fin du mandat de DD. La différence réside dans les perspectives, plus réjouissantes dans le football, avec l’arrivée attendue de Zinédine Zidane, promesse d’un jeu autrement festif, qu’à l’échelle de l’Etat. Attention tout de même : en cas de victoire à la Coupe du monde 2026, rien ne nous garantit que le président de la FFF Philippe Diallo ne nommera pas Didier Deschamps pour succéder au sélectionneur démissionnaire Didier Deschamps.