« J’aurais attendu jusqu’à demain »… Pour les supporters du PSG, des minutes de bonheur après des années (et des heures) de galère
psg-inter•Les supporters parisiens ont dû faire preuve de beaucoup, mais alors BEAUCOUP, de patience avant d’assister à la parade du PSG sur les Champs-ElyséesJean-Loup Delmas
L'essentiel
- Les supporters du PSG ont attendu de longues heures sur les Champs-Élysées pour assister à la parade du PSG, vainqueur de la Ligue des champions, certains arrivants dès l’aube malgré l’ouverture officielle à 14h30.
- Et forcément, avec un tel délai, on s’est parfois un peu ennuyé sur les Champs-Elysées, surtout qu’il n’y avait pas grand-chose à faire à part attendre ce foutu bus bien leeeeeent.
- Mais pour la plupart des supporters présents, ça en valait largement le coup, jurent-ils, pour enfin voir la coupe aux grandes oreilles à la maison.
Aux Champs-Elysées,
Ça y est, les supporters du PSG ont enfin droit au bonheur européen « après tant d’années, de galère et de combat », comme le veut le tube à la mode. Enfin, presque. Restait quand même encore une dernière galère, proche du travail d’Hercule. Assister à la parade des nouveaux vainqueurs de la Ligue des champions, en survivant à l’attente. Bus prévu pour 17 heures, ouverture des Champs-Elysées à partir de 14h30. Et des fans hardcores et un peu névrosés de louper une place, là dès l’aube. Dont un joli 8h30 pour Gilles. « Je sais que ce sera très long en attente pour un bus qui passera très vite. Mais je n’ai pas hésité une seconde », estime le père de famille en roublard rompu à l’exercice. « J’étais sur les Champs pour les Bleus en 2018, je me devais d’y être aussi là. »
Même certitude pour Lorenzo, 20 ans, et là depuis « seulement » 10 heures : « C’est une fois dans une vie. La Ligue des champions, je l’ai vu au musée du FC Barcelone, et c’était giga impressionnant. Alors la voir porter en vrai par les joueurs de mon équipe, ça va être fou. »
« Des minutes inscrites pour l’éternité »
Et après avoir vécu en quatorze années la Remontada, le but de Demba Ba, l’élimination par la garderie de Manchester United et on en passe des mélodrames… le supporter parisien, qui aime bien rappeler à qui veut l’entendre qu’il est un martyr du football, qu’importent les milliards, pouvait encore se fader une après-midi d’ennui supplémentaire avant de voir le bonheur de ses propres yeux. Dernière pénitence pour ce supporter : « Ça fait tellement longtemps qu’on attend cette finale, qu’on parle de cette victoire, de cette parade un jour, que oui, ça va durer quelques minutes, mais des minutes inscrites pour l’éternité ! ».
Ennuyante, l’après-midi l’a effectivement été quelques fois. Rien à voir avec un manque de ferveur, mais meubler des heures et des heures d’une journée dans l’attente d’un bus s’avère complexe. Et ce n’est pas les tentatives de l’organisation, en repassant 457 fois les buts ou en mettant des musiques quelque peu hors contexte (California Girls, vraiment ?) qui sauveront.
« C’est une sortie familiale »
Alors parfois, disons-le, on ronfle fort. Même les kops improvisés finissent par faire des pauses silencieuses de plusieurs dizaines de minutes. On jure avoir entendu un chant anti-marseillais qui n’a pas pris, preuve de la torpeur qui a parfois gagné les Champs. On pardonnera aux supporters, après une courte nuit, un foie éprouvé et des jambes fatigués d’être debout, ils restent humains. « Marquinhos vient à peine de sortir de l’avion !!! », à 16h30, quand la parade était censée commencer à 17 heures, témoigne de la lenteur des choses.
Pour s’occuper, on danse, on chante. Certains jouent aux meilleurs supporters : « C’est déjà une immense chance, un honneur qu’ils soient là et qu’ils fassent acte de présence à Paris, alors on est là. » D’autres se sentent moins concernés. Loin des barrières de sécurité, et collés aux boutiques, Rinoh passe le temps : « Je ne suis pas supporter de Paris, cet après-midi, c’est une sortie familiale, on est venu pour l’ambiance, c’est tout. »
« Ils nous ont fait coucou juste à nous »
Ça y est, après quatre siècles d’attente, le bus arrive. Après les critiques de la parade des Bleus en 2018, passé plus rapidement que Désiré Doué face à Di Marco, le bus parisien roule au pas. Presque trop long pour certains, notamment les pauvres supporters à la fin de l’Arc de Triomphe, dernier endroit desservi par la parade. Certains virent au drama. Après avoir patienté six heures, Aziz est prêt à tout balancer et à partir… « C’est trop long, je rentre », jure-t-il à ses potes désabusés de sa 38e complainte, avant de finalement rester s’ambiancer « juste pour ce chant-là ».
Les fumigènes, les cris, la joie. Quelques minutes à hurler à plein poumons, et à distinguer, à travers les fumigènes, les héros éternels. Reste à rentrer chez soi, là encore, tout un combat avec le nombre de stations fermées et les foules de supporters que les Champs vomissent dans Paris.
Alors ça valait le coup ? « J’aurais attendu jusqu’à demain sans problème ! », jure Juliette. « C’était le plus beau moment de ma vie », crâne un autre. « Tu as vu, ils se sont arrêtés juste pour nous », jure même un dernier. « Ils nous ont fait coucou, puis avec les autres ils ont réaccéléré, on a trop de chance ! » La coupe aux grandes oreilles et un léger sens de l’hyperbole, c’est bon, Paris a définitivement rattrapé Marseille.


















