Commotions cérébrales : La Fédération anglaise accusée de négliger les risques de démence
Football•D’anciens joueurs et leurs familles mènent un combat judiciaire depuis deux ansN.S.
Il n’y a pas que le milieu du rugby qui s’inquiète ces dernières années des conséquences des commotions cérébrales sur la santé de ses pratiquants. Voici deux ans, 17 anciens footballeurs britanniques ou leurs familles ont entamé un combat judiciaire contre les autorités de leur sport.
A la pointe de cette lutte se trouvent les proches de Nobby Stiles. Atteint de démence, le défenseur champion du monde 1966 est décédé à l’âge de 78 ans en octobre 2020. Il souffrait d’une encéphalopathie traumatique chronique, une maladie cérébrale dégénérative qui ne peut être diagnostiquée que post mortem.
Ce jeudi, la BBC indique que les plaignants accusent de « négligence » et de manquement à leur devoir de protéger les joueurs plusieurs organismes : les Fédérations anglaise (FA) et galloise (FAW), l’English Football League (EFL, en charge des championnats de deuxième, troisième et quatrième divisions anglaises) ainsi que l’Ifab, responsable des lois du football.
La Fédération anglaise se défend
La FA est particulièrement visée, alors que dès décembre 1983, une commission médicale avait affirmé que « les joueurs victimes de commotions ne devaient pas reprendre le jeu ». « Cependant, en l’absence de divulgation [des documents], il est difficile de savoir si, oui ou non, des actions ont été mises en place à la suite de cette conclusion », observent les plaignants.
La FA a répondu qu’elle n’était « pas en mesure de commenter les procédures judiciaires en cours ». « Mais nous continuons à jouer un rôle déterminant dans l’examen et l’amélioration de la sécurité de notre sport », a-t-elle ajouté.
En février 2020, la Fédération anglaise, ainsi que ses homologues galloise, écossaise et irlandaise, avaient annoncé la suppression du jeu de tête lors des entraînements des jeunes de moins de 12 ans et son encadrement lors des séances des adolescents de 12 à 16 ans. Il était en revanche maintenu pendant les matchs.
Des études inquiétantes
Ces mesures ne convainquent visiblement pas l’avocat des plaignants, Richard Boardman, interrogé par la BBC : « Nous croyons que les autorités [en charge du football] étaient au courant de ce problème depuis plusieurs décennies mais qu’elles ont manqué à leur devoir de protection des footballeurs, ce qui a engendré des problèmes neurologiques et des décès. » Me Boardman estime que de nombreux autres joueurs et familles de joueurs vont rejoindre le combat en train d’être mené.
En 2019, des chercheurs de l’université de Glasgow avaient produit les résultats d’une étude menée sur d’anciens footballeurs écossais. Celle-ci indiquait que ces derniers avaient 3,5 fois plus de risques de mourir d’une maladie neurodégénérative que le reste de la population.
En France, des travaux dirigés par Emmanuel Orhant, directeur médical de la FFF, avaient aussi conclu en 2022 que la probabilité de développer une forme de démence et plus spécifiquement la maladie d’Alzheimer était respectivement trois et quatre fois plus élevée chez les footballeurs, qui vivaient toutefois en moyenne plus longtemps que les autres personnes.


















