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INTERVIEWDe retour chez les Bleues après Diacre, Léa Le Garrec y a « toujours cru »

Equipe de France féminine : « J’y ai toujours cru » dit Léa Le Garrec, de retour après avoir été écartée par Corinne Diacre

INTERVIEWDe retour en équipe de France après cinq ans et demi de mise en retrait par l’ancien staff, la milieu de terrain et capitaine de Fleury, s’est confié à « 20 Minutes »
Léa Le Garrec lors de son arrivée à Clairefontaine fin juin.
Léa Le Garrec lors de son arrivée à Clairefontaine fin juin.  - IPA Sport/SIPA / SIPA
Aymeric Le Gall

Propos recueillis par Aymeric Le Gall

C’est à la veille du départ de l’équipe de France vers l’Australie que nous avons retrouvé Léa Le Garrec, 29 ans, dans les lumineux locaux de Clairefontaine. A ce moment-là, les Bleues venaient d’en terminer avec deux très intenses semaines de préparation. Sourire aux lèvres, la capitaine de Fleury est revenue avec nous sur la traversée du désert qui fut la sienne, elle qui n’avait plus mis les pieds en équipe de France depuis près de cinq ans et demi, à cause d’un mauvais relationnel (il faut croire) avec l’ancienne sélectionneuse Corinne Diacre.

Pas compliqué de comprendre à quel point la joueuse a été enchantée d’apprendre la nomination d’Hervé Renard le 30 mars dernier. Alors que les Bleus affrontent le Brésil ce samedi pour leur deuxième match de Coupe du monde, voici en guise d’amuse-bouche notre entretien avec Léa Le Garrec, qui revient sur ces années difficiles et nous donne le pouls de ce groupe pendant le Mondial.

Qu’est-ce que ça fait de retrouver les Bleues et Clairefontaine, après cinq ans et demi d’absence ?

Je suis très heureuse d’être ici. Mais c’est différent, disons. Différent parce que je n’ai pas la même expérience que lors de mes premières sélections. A l’époque j’avais 23 ans et depuis 2017, j’ai vécu beaucoup de saisons de haut niveau, que ce soit avec Guingamp ou à Brighton, avec une expérience anglaise qui m’a beaucoup apporté sur le plan physique, et là depuis deux ans et demi à Fleury où je suis performante. Donc, aujourd’hui, j’arrive dans ce groupe avec beaucoup plus d’expérience et je me sens un peu plus leader du fait de mon rôle de capitaine à Fleury. Je n’appréhendais pas ce retour car je sais que j’ai déjà fait mes preuves sur le terrain.

Comment avez-vous vécu ces longues années loin des Bleus, alors que vous performiez en club ?

Pour être honnête, ça faisait trois ans maintenant que je ne regardais plus les listes de l’équipe de France. A partir du moment où vous êtes performante en club et que vous n’êtes même pas présélectionnée, ça ne sert à rien de faire semblant d’y croire… Je pensais juste à continuer à être performante en club et à profiter des trêves internationales pour bien récupérer ou prendre un peu de temps pour moi. Des fois, je partais en week-end, j’essayais de m’aérer pour ne pas trop penser à la sélection. Je regardais quand même les grosses compétitions, notamment via mon poste de consultante pour Canal+, mais au fond de moi je n’y pensais plus car je n’étais même pas, selon la sélectionneuse, parmi les 50 meilleures joueuses françaises.

On se dit quoi dans ces moments-là ?

On se dit que ce n’est juste qu’une question de personne et que le jour où il y aura un changement, il faudra être là. Et c’est ce qui s’est passé. J’ai continué à travailler pour être prête pour un jour comme aujourd’hui. Et j’y ai toujours cru.

Il n’y a pas une part de vous qui restait en éveil, en se disant que peut-être, sur un malentendu…

J’étais déjà en éveil. Depuis l’Euro en fait, que j’ai commenté sur Canal, je me suis dit « mais Léa en fait tu ne devrais pas être en tribunes, tu devrais être sur le terrain ! ». Et ça m’a motivé. J’ai appris à être patiente et à persévérer. Et quand j’ai vu ce qu’il s’est passé (la fronde des joueuses et le départ de Corinne Diacre), je me suis tout de suite mise en retrait vis-à-vis de Canal+ afin d’avoir ma carte à jouer. Je suis très heureuse d’être de retour. Certaines joueuses m’ont dit « enfin ! Tu es enfin là », ça fait plaisir à entendre. C’est dur de perdre cinq ans et demi de sélection, c’est court une carrière, mais je me dis mieux vaut tard que jamais, si ça trouve mes plus belles années en Bleue sont à venir. Je me sens très bien physiquement, on dit souvent que le pic de forme c’est vers 29-30 ans, à partir du moment où mon corps est ok pour supporter les efforts, il n’y a pas de raison que je m’arrête.

Comment sentez-vous ce groupe ?

Il y a beaucoup de sourires. On sent des joueuses détendues et qui tirent toutes dans le même sens. On est là pour faire quelque chose ensemble. On se connaît quasiment toutes, on a toutes joué selon les âges en sélection jeunes, on se côtoie tous les week-ends en championnat. Et c’est sain, je sens vraiment qu’il y a du plaisir qui se dégage d’être ensemble.

Comment avez-vous vécu cette première liste d’Hervé Renard, celle de votre grand retour ?

Déjà, je ne pensais pas un jour que je serais entraînée par quelqu’un comme Hervé Renard. Alors entendre mon nom dans sa bouche, c’était fort oui ! C’est une grande fierté et un honneur de lui avoir tapé dans l’œil et d’avoir été rappelée. L’idée après ça c’était de lui prouver qu’il avait eu raison, sans se mettre trop de pression pour autant, en faisant simplement ce que je fais tous les week-ends. A l’arrivée je ne suis pas entrée en jeu lors du premier match mais j’ai marqué directement après mon entrée en jeu contre le Canada, c’était incroyable. J’ai couru vers le banc, il y a eu une grosse explosion de joie, j’avais tellement envie de leur dire merci de m’avoir permis d’être là, aujourd’hui, avec eux. Je vais disputer un Mondial, quoi !

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Ce n’est pas simple d’aborder un Mondial avec un nouveau sélectionneur, un nouveau staff, un nouveau groupe…

Si vous travaillez bien, que tout le monde va dans le même sens et qu’il y a un collectif soudé (elle coupe)… Vous savez, une compétition comme une Coupe du monde se gagne grâce à ça, sur la question du collectif. Didier Deschamps, le spécialiste pour bâtir des groupes soudés, nous en a parlé lors de sa visite à Clairefontaine l’autre jour. Et de ce que je vois de ce groupe, sans ego mal placé, qui est heureux de vivre ensemble, mais pas que les joueuses, avec tout le staff, je me dis que les ingrédients sont là pour faire quelque chose. Le coach a instauré des repas avec les membres du staff, où on se mélange sur les tables, c’est sympa, ça permet d’apprendre à mieux se connaître, à parler d’autre chose que de foot, à tisser des liens. C’est important pour espérer aller loin dans ce Mondial. Et puis on a de la chance que la Fédération ait mis en place un staff élargi et compétent, il faut en profiter.

C’est vrai qu’avec Corinne Diacre, les staffs étaient restreints à la portion…. Ça fait quoi de retrouver un staff plus élargi ?

J’ai juste envie de dire que c’est normal dans le foot d’aujourd’hui ! Chaque personne a un rôle bien établi, le sélectionneur ne peut pas tout prendre en charge lui-même ou avec un ou deux adjoints.

Comment ça se passe avec le sélectionneur et son staff justement ?

On sait ce qu’il a fait. On sait ce qu’ils ont fait ensemble, avec le staff, lors de la dernière Coupe du monde. On les voit à l’écoute, ils sont là pour nous aider et nous accompagner à atteindre notre meilleur niveau. On sait qu’il va y avoir une grosse pression sur nous après ce qu’il sait passé, en tout cas on est consciente qu’il va falloir le faire ensemble.

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