PSG-Metz : De la prolongation de Mbappé aux adieux de Di Maria, le Parc a vécu une soirée historique

FOOTBALL Le PSG a réussi l’exploit de terminer une douloureuse saison 2021-2022 en fanfare, avec la prolongation de Mbappé et les adieux de Di Maria, dans un Parc des Princes à nouveau rugissant

Aymeric Le Gall
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Après la victoire contre Metz, Angel Di Maria a fait ses adieux aux ultras parisiens.
Après la victoire contre Metz, Angel Di Maria a fait ses adieux aux ultras parisiens. — Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP
  • Le PSG a clos sa saison par une victoire sans appel (5-0) face au FC Metz dans un Parc des Princes incandescent.
  • Déjà bien chauffé par l’annonce de Kylian Mbappé de rester au PSG, le stade a vécu une soirée de folie ponctuée par des dieux émouvants à Angel Di Maria.
  • Après sept ans à Paris, El Fideo a joué son dernier match samedi et reçu un hommage appuyé de le part des ultras du PSG.

Au Parc des Princes,

Paris c’est fou. Honnêtement, on ne voyait pas comment commencer autrement le récit d’une soirée historique en tout point pour le PSG, entamée par l’annonce de la prolongation de Kylian Mbappé, poursuivi par la rouste contre Metz et ponctuée par les adieux de Di-Maria-Coeur-Avec-Les-Doigts et la remise du trophée de champion de France. Qui aurait pu penser il y a encore quelques semaines, au lendemain du traumatisme de Bernabeu, que les supporters parisiens vivraient une telle fiesta au soir du 21 mai pour la réception du FC Metz au Parc des Princes ?

Dans un monde normal, après ce qui ressemblait fort fort fort à une saison cauchemardesque, Mbappé n’aurait rien annoncé samedi soir, laissant craindre un inéluctable départ au Real (probablement annoncé en claquettes-chaussettes à Téléfoot), le PSG n’aurait rien organisé pour célébrer la despedida d’Angel Di Maria (comme on l’a craint un temps) et Metz se serait imposé dans un Parc silencieux marqué par la grève des ultras. Merci, bonsoir, à la saison prochaine. Mais Paris a ça de formidable qu’il n’est jamais là où on l’attend. Et après une saison plus-pénible-tu-meurs, le club a réussi l’exploit de finir en fanfare dans une ambiance (enfin) retrouvée.

Et soudain, tout Paris se remet à y croire

Tout avait commencé en début d’après-midi, sur les coups de 15 heures, quand les bruits de couloirs sont devenus informations : si señor, Mbappé a bel et bien décidé de prolonger son contrat avec le PSG et mettre Madrid en état de guérilla urbaine. Dès lors, tout redevenait possible. Dans la ligne 9 qui mène au Parc, il flottait dans l’air comme un je-ne-sais-quoi de sourires béats. Un être (ne) vous quitte (pas), et tout est repeuplé, ou un truc du genre. Les sourires sont finalement devenus dinguerie quand, à 20h45, le speaker a pris la parole pour annoncer l’arrivée sur l’estrade de Nasser Al-Khelaïfi et Kylian Mbappé. La suite, vous la connaissez.

Une fois ce point de détail réglé, que pouvait-il arriver de mal au PSG​ ? Nada, comme on dit du côté de Castilla-La Mancha. Si le début de match nous a fait craindre un temps un bis repetita de ce qu’on a dû se farcir toute la saison au Parc des Princes, la faute à des Messins entreprenants et jouant leur survie en Ligue 1, Mbappé a vite pris les choses en main pour sceller son deal avec Nasser Al-Khelaïfi et le festival pouvait commencer. Un but, puis deux, puis trois, etc, etc. Au final, les hommes de Pochettino (phrase qu’on ne devrait plus écrire de notre vie après ce papier) ont déroulé et étrillé de pauvres Grenats relégués au rang de souffre-douleur.

Adios, El Fideo

Et comme il était écrit que rien, vraiment rien, ne viendrait ternir cette soirée de fête, Di Maria s’est débrouillé pour inscrire son dernier but en rouge et bleu et s’offrir une ovation à vous filer les poils. Remplacé quelques minutes plus tard, El Fideo est sorti du terrain sous la haie d’honneur improvisée par ses coéquipiers – scène assez rare en plein match, vous en conviendrez, les yeux pleins de larmes et le cœur lourd.

Car Ratatouille n’avait pas prévu de terminer ainsi cette histoire commencée dans la chaleur monégasque un soir d’août 2015 par une sucrerie pour Ezequiel Lavezzi. Mais les dirigeants en ont décidé ainsi, comme il nous l’a expliqué en zone mixte après le match. « C’est la décision du club, il faut la respecter. Ils savaient que je voulais rester une saison de plus ici afin d’accomplir mon rêve, gagner la Ligue des champions avec le PSG, on n’est pas passé loin il y a deux ans, mais c’est comme ça. C’est mon seul regret mais je sais que les garçons vont tout donner pour y arriver la saison prochaine. »

Les ultras parisiens avait donné rendez-vous à Di Maria sur le parvis du virage Auteuil pour lui dire au revoir.
Les ultras parisiens avait donné rendez-vous à Di Maria sur le parvis du virage Auteuil pour lui dire au revoir. - Geoffroy Van der Hasselt / AFP

Di Maria se consolera en se disant qu’il n’est pas parti dans l’anonymat, dans un Parc des Princes silencieux du fait de la grève des ultras. En effet, après des semaines de mutisme, le Collectif Ultras Paris a mis fin à sa grève des encouragements à l’entame de la seconde période. Et ses premiers chants ont été pour l’Argentin, évidemment. Plus tard dans la soirée, après une remise du trophée dont on vous passe les détails, les ultras ont donné rendez-vous au Fideo sur le parvis d’Auteuil. Là même où, il y a trois ans, il avait fêté en grande pompe la qualif contre Dortmund.

« Ces sept ans ont été tout simplement incroyables, inoubliables. Il y a tellement de choses que je veux retenir de ces sept années, à commencer par l’amour que m’ont donné les supporters parisiens. Et je crois que si les ultras m’ont offert la même fête que contre Dortmund, ça veut dire que j’ai bien fait les choses dans ce club. Avec ça et cette ovation du Parc, je m’en vais plus qu’heureux. » Fumigène en main, à l’argentine, Di Maria a clos dignement une soirée que personne au PSG n’est près d’oublier.