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Pourquoi y a-t-il « une attente colossale » à Londres pour West Ham-OL ?

West Ham-OL : Pourquoi y a-t-il « une attente colossale » autour de ce match côté Hammers, avec une affluence record ?

FOOTBALLLe club de West Ham, qui court après un trophée depuis 42 ans, se prend à rêver de soulever la Ligue Europa, alors que se profile la réception de l’OL ce jeudi (21 heures)
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • West Ham accueille ce jeudi (21 heures) l’Olympique Lyonnais en quart de finale aller de Ligue Europa, dans un London Stadium (60.000 places) qui s’est rempli en seulement quatre jours.
  • En quête d’un trophée depuis 42 ans, les Hammers, actuels 6es de Premier League, se mettent à rêver de briser pour de bon leur image de « losers ».
  • « Une attente colossale » se fait déjà sentir ce jeudi dans l’est de Londres.

De notre envoyé spécial à Londres,

Les statues de Martin Peters, Bobby Moore et Geoffrey Hurst sont inspectées sous tous les recoins, ce jeudi midi, devant le stade olympique de Londres, y compris par des enfants se promenant à rollers. En 1965, les trois légendes de West Ham ont offert au club londonien la seule Coupe d'Europe de son histoire, la Coupe des Coupes, un an avant d’être trois pièces maîtresses de l’unique Coupe du monde remportée par l’Angleterre. Parmi les 60.000 supporteurs attendus ce jeudi (21 heures), lors du quart de finale aller de Ligue Europa contre l'OL, rares sont ceux qui ont pu vivre cette conquête européenne.

Une jeune fille s'arrête devant la statue de Martin Peters, Bobby Moore et Geoffrey Hurst, située devant le stade olympique de Londres où évolue West Ham.
Une jeune fille s'arrête devant la statue de Martin Peters, Bobby Moore et Geoffrey Hurst, située devant le stade olympique de Londres où évolue West Ham. - Jérémy Laugier/20 Minutes

Pour trouver trace de fans des Hammers ayant vibré pour un trophée glané par leur club de cœur, inutile d’interroger trentenaires ou quadras. « Depuis que je suis gosse, j’ai vécu cinq relégations mais aucun titre », soupire Nathan (43 ans). Autant dire que ça pourrait aider (ou pas) les supporteurs lyonnais à relativiser ce 10e anniversaire sans trophée qui se profile le mois prochain. Mercredi, le latéral gauche de West Ham, Aaron Cresswell (32 ans), a donné le ton en conférence de presse : « C’est le plus grand match de ma carrière. Comme beaucoup de joueurs dans l’équipe, c’est la première fois que je joue un quart de finale de Coupe d'Europe ».

Le record du « sold out » le plus rapide battu pour ce match

Et pour cause, les Hammers ont depuis 40 ans connu un deuxième tour de Ligue Europa après avoir remporté la Coupe Intertoto 1999 (youhou), un premier tour de C3 en 2006, deux échecs consécutifs en tours qualificatifs en 2005 et 2006 (toujours en Ligue Europa), et c’est tout. Autant dire qu’à côté, l’OL a des allures de Galactiques au vu de ses habitudes à sortir des poules. C’est pour ça que cette affiche de ce jeudi s’est remplie en seulement quatre jours, ce qui constitue un record, toutes compétitions confondues, pour West Ham depuis son arrivée au stade olympique de Londres en 2016, avec une jauge conséquente de 60.000 places.

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« On y croit vraiment cette saison, il est temps de gagner quelque chose, reprend un Nathan guère superstitieux. J’avoue que j’ai déjà noté qu’on affronterait soit Barcelone, soit Francfort en cas de demi-finale. » Au cœur de la boutique des Hammers, bien remplie dès ce midi, on a pu échanger avec Mats (51 ans), venu spécialement de Norvège avec son fils Sindre pour l’occasion.

« A partir de Séville, je me suis mis à y croire pour de bon »

« On n’assiste habituellement qu’à deux matchs par an, mais quand on a vu que West Ham était enfin en quarts de finale d’une Coupe d'Europe, on ne pouvait pas rater ça, explique ce Norvégien accro aux Irons depuis l’âge de 6 ans, lorsque ses parents lui ont offert un maillot. Il y a une attente colossale autour de ce match. A partir de notre très belle qualification en 8es contre Séville [l’un des favoris, battu 2-0 au retour], je me suis mis à y croire pour de bon. »

Le public du London Stadium exulte, après un but du milieu de terrain de West Ham Jarrod Bowen.
Le public du London Stadium exulte, après un but du milieu de terrain de West Ham Jarrod Bowen. - Jane Stokes/ProSports/Shuttersto/SIPA

Péniblement maintenu en Premier League en 2020, le club londonien s’est totalement métamorphosé depuis la saison passée avec David Moyes (6e en PL en 2021, et toujours 6e actuellement). « On ne nous voit plus comme des losers maintenant, apprécie Mats. Ces deux dernières saisons ont été très bonnes, ce qui est surprenant vu comme nous n’attendions rien de positif du retour de David Moyes sur notre banc. »

« Ce club aime le beau football »

Si le jeu mis en place par le coach écossais est plutôt restrictif, celui-ci ne correspond pas vraiment à l’ADN des Hammers. « Ce club aime le beau football, assure Guy Demel, défenseur ivoirien ayant évolué ici de 2011 à 2015. Même s’il n’a pas une grande notoriété en Europe, il représente beaucoup pour les Anglais car il a formé Frank Lampard, Rio Ferdinand, Joe Cole ou encore Jermain Defoe. Sans parler des trois légendes ayant soulevé le seul Mondial des Anglais. »

Autre ancien joueur du club aux bubbles (de 2005 à 2006), David Bellion n’est pas plus surpris que ça par la belle dynamique de West Ham : « Je n’ai jamais ressenti un côté loser ancré ici, ou pensé que ça serait impossible pour un tel club de se qualifier en Ligue Europa et d’y vivre une aventure forte. Les belles histoires arrivent parfois, comme Villarreal qui a remporté la C3 la saison passée ou Leicester qui a été champion d’Angleterre en 2016 ». En cas d’exploit colossal, le 18 mai à Séville, Mats ne peut s’empêcher de se projeter négativement : « Je redoute de devoir attendre à nouveau 42 ans pour voir mon club remporter le moindre titre ». Hammer to fall.