Reims-Bordeaux : Marcelo peut-il devenir le José Fonte des Girondins ?

FOOTBALL La nouvelle direction espère faire du Brésilien un vrai leader comme elle l’a fait avec le Portugais au Losc

Clément Carpentier
Marcelo avec le directeur technique des Girondins, Admar Lopes.
Marcelo avec le directeur technique des Girondins, Admar Lopes. — ROMAIN PERROCHEAU / AFP
  • Les Girondins de Bordeaux se déplacent à Reims ce dimanche (15h) pour un match important dans la lutte pour le maintien.
  • Les quatre recrues hivernales seront du voyage en Champagne (Marcelo, Guilavogui, Ignatenko et Ahmedhodzic).
  • Le défenseur brésilien a été recruté pour devenir l’un des leaders du nouveau vestiaire bordelais.

Un clone. Voilà ce qu’espèrent faire les Girondins de Bordeaux du Brésilien   Marcelo, arrivé cet hiver de l’OL. Mais de qui ? De  José Fonte, le défenseur et capitaine du Losc depuis plusieurs saisons. Un véritable leader de vestiaire que l’actuelle direction bordelaise avait fait venir dans le Nord en 2018. Depuis, avec lui, les Dogues ont retrouvé la Ligue des champions avant de remporter leur quatrième titre de champion de France la saison dernière. Bien sûr, tout ça ce n’est pas uniquement grâce au Portugais, mais on a le droit de penser qu’il y est pour quelque chose. Et pas qu’un peu.

José Fonte est ce genre de joueur indispensable dans une équipe qui vous remet tout le monde à sa place quand le bateau tangue. Il fallait le voir en décembre dernier au Matmut Atlantique s’en prendre par les mots et les gestes à Burak Yilmaz ou encore récemment à Brest à Renato Sanches, alors que ses deux coéquipiers se chauffaient avec l’arbitre de la rencontre. Et au final pas un n’a bronché face au charismatique capitaine lillois. A Bordeaux, ça fait belle lurette qu’on n’a pas vu ce genre de scène, même si Benoit Costil ne s’est jamais échappé de son rôle de leader contrairement à d’autres. Mais son poste de gardien a toujours limité un peu son influence. Il faut plutôt remonter à Marc Planus voire Carlos Henrique pour trouver trace de ce genre de leader. « Les recrues de cet hiver, ce n’est pas qu’une question technique, reconnaît Admar Lopes, le directeur technique des Marine et Blanc. On voulait aussi des joueurs avec du caractère ! » Alors Marcelo peut-il endosser le rôle de José Fonte aux Girondins ?

OL, un épisode déjà digéré

Le Brésilien devra avant tout devoir faire mieux que son prédécesseur, Laurent Koscielny. L’ancien international français lui n’a jamais réussi à enfiler ce costume cette saison entre les blessures et les tensions avec sa direction qui a fini par le mettre hors jeu. Celle-ci ne veut pas que d’un leader par l’exemple, elle veut un leader tout court sur et en dehors du terrain. Un vrai. « Tout le monde connaît Marcelo, il a un caractère très fort. C’est un leader naturel. Il cochait toutes les cases : technique, état d’esprit, expérience, il connaît la L1, il parle la langue… Bref, il s’est mis dans notre liste lui-même. On espère qu’il va nous apporter tout ça », détaille Admar Lopes.


Les Girondins récupèrent en plus un joueur revanchard après quatre mois au placard à l’OL. « Un moment difficile » avoue Marcelo qui est revenu « quelques années en arrière quand il était jeune » lors de cette période. « Il a pris cette période avec philosophie, explique Leonardo Scheinkman, son agent d’image. Quand vous avez toute une carrière derrière vous, ça vous aide à avoir du recul ». Aujourd’hui, cette histoire est déjà du passé pour un Brésilien « heureux de retrouver un club qui lui fait confiance car c’est la clé dans le football. »

Le défi plutôt que la facilité

De toute manière, il n’y a aucun doute à avoir sur la motivation du défenseur de 34 ans selon un membre de l’équipe réserve des Gones :

 « Il a apporté tout son professionnalisme au groupe lors de ces derniers mois avec nous. Il a aidé les petits, les a conseillés sur plein de détails comme la nutrition. Il a été très carré et franchement, c’est tout à son honneur étant donné le contexte autour de lui. »
 

Marcelo n’a pas fait sa star. Oui, il est capable de dérailler en dehors du terrain comme à Lyon, mais sur le rectangle vert, c’est très rare. Très peu sont ceux à remettre en doute son professionnalisme. « Je ne suis pas là pour rigoler, je suis là pour travailler », a rappelé le principal intéressé lors de sa présentation.

Son choix de rejoindre Bordeaux est d’ailleurs à l’image de l’homme. Le défi plutôt que la facilité. Sollicité par des clubs turcs, brésiliens ou encore américains, il a décidé de signer six mois (plus une année en option) chez le 17e de Ligue 1. Et quitte à débarquer pour l’instant sans femme et enfants sur le plan personnel puisque les petits doivent finir leur année scolaire. Alors oui, il y a le cadre de vie, « on n’est pas loin de l’océan, c’est toujours important pour nous les Brésiliens (sourires) et du bon vin », s’amuse Leonardo Scheinkman, mais cela dénote aussi un certain état d’esprit. Marcelo a accepté la mission, sauver les Girondins. « Je pense qu’il peut apporter beaucoup de choses. Déjà, sa rigueur de travail. De la stabilité aussi et beaucoup de fraîcheur à une équipe en difficulté. Pour moi, c’est un bon choix pour Bordeaux. Ça peut vraiment donner quelque chose d’intéressant », insiste notre témoin lyonnais.

Remplaçant à Reims, titulaire à Lens dans une semaine ?

Reste à savoir dans quel état physique se trouve le défenseur passé par le PSV, Hanovre ou encore Besiktas. Il a beau avoir enchaîné une dizaine de matchs d’affilée avec la réserve de l’OL en National 2, il y a un monde avec la L1. Cette semaine, au Haillan, il a navigué entre les séances collectives et individuelles. Ce dimanche, il devrait commencer sur le banc à Reims même s’il « se sent très bien » et rappelle au passage que « le juge de paix, c’est le terrain ! »

« Au niveau sportif, il a été solide. Il a apporté son impact. Bien sûr, il était au-dessus. En plus, il a été productif avec trois buts, et certains importants », affirme l’un de ses ex-coéquipiers ces derniers mois avant d’ajouter :

 « Physiquement, il a fait la reprise avec nous en janvier et même s’il n’a pas joué les derniers matchs car il était sur le départ, il est prêt pour moi. »
 

Il n’y aurait donc pas trop de d’inquiétudes à avoir pour celui qui rêve de finir sa carrière à Santos dans quelques années. « Il n’y a aucun doute, insiste Admar Lopes, il peut jouer jusqu’à 40 ans comme Hilton ! » Tiens, encore un clone…