Girondins de Bordeaux : Hurmic-Poulmaire, pourquoi proposent-ils un projet de socios ?
FOOTBALL•Le maire de Bordeaux, Pierre Hurmic – épaulé par Didier Poulmaire, ex-avocat de Laure Manaudou et acteur de la reprise de l’OM par Frank McCourt – souhaite que le futur repreneur des Girondins intègre les supporteurs dans son projetClément Carpentier
L'essentiel
- Les Girondins de Bordeaux sont à la recherche d’un repreneur après le désengagement du fonds d’investissement américain King Street.
- Le maire Pierre Hurmic, conseillé par l’avocat Didier Poulmaire, souhaite un changement de gouvernance au sein du club et intégrer les supporteurs dans le projet du futur acheteur.
- Les Ultramarines, le plus grand groupe de supporteurs bordelais, se disent pour le moment totalement opposés à ce modèle des socios.
C’est un des sujets que Pierre Hurmic et ses équipes devaient aborder ce mardi après-midi à l’occasion d’une réunion de travail sur l’avenir des Girondins de Bordeaux. Mais celle-ci a finalement été remise à plus tard en raison d’un problème de calendrier. Ce n’est que partie remise car le maire écologiste de Bordeaux compte bien mettre sur la table le sujet des socios à l’occasion du rachat du club, s’il y a bien sûr rachat dans les prochaines semaines, après le désengagement de King Street, le fonds d’investissement américain, propriétaire des Marine et Blanc.
Cette idée n’est pas nouvelle mais elle est revenue sur le devant de la scène à travers une note de Didier Poulmaire à la mairie de Bordeaux, il y a un mois, selon les informations de 20 Minutes. L’ancien avocat de Laure Manaudou ou Yoann Gourcuff, très actif dans la reprise de clubs, a trouvé un soutien de poids avec Pierre Hurmic. Celui qui a notamment conseillé Franck McCourt lors de son rachat de l’OM en 2016 explique son point de vue :
« Je fais partie des gens qui pensent qu’on ne peut plus diriger un club sans intégrer concrètement les supporteurs. Ils doivent être associés au devenir du club et à certains choix. C’est un moyen de leur garantir que le développement du club se fera bien avec eux. » »
L’entourage du maire de Bordeaux répond que « c’est une très bonne idée mais attention, à l’instant T, ce n’est pas eux qui vont sauver le club ».
Hurmic plaide pour une nouvelle gouvernance
D’ailleurs, l’objectif n’est pas du tout que des socios reprennent le club mais qu’ils intègrent celui-ci afin d’avoir un actionnariat populaire en son sein. « Je pense qu’il faut inventer une nouvelle sorte de gouvernance à la tête du club. Il faut que le repreneur prenne en compte, par exemple via une association, l’avis des supporteurs. Cela me paraît nécessaire », insistait ce mardi matin Pierre Hurmic sur France Bleu Gironde. Son collègue, Gérard Chausset, adjoint au maire de Mérignac et conseiller métropolitain, a même été plus loin en évoquant l’idée d’une action à 100 euros auprès de Sud Ouest. Didier Poulmaire, qui est proche d’Alexis Gallice, tient lui à rappeler que cette participation ne sera pas forcément payante et qu’il faut développer un modèle propre à la France. Il ajoute que « ce schéma doit intégrer d’anciens joueurs qui le souhaitent car ils sont eux aussi une forte valeur ajoutée pour l’avenir du club ».
L’avocat affirme aussi qu’il « a trouvé une solution pour régler la question de la confidentialité des informations car le public ne peut pas être au courant de tout notamment sur la question des transferts ». Mais pour le moment, il ne s’agit que des prémices du dossier. Les prochaines semaines diront si cette volonté de la mairie devient une réalité. Le chemin pourrait s’annoncer long et tortueux sachant que la municipalité n’a pas réellement de moyens de pression sur le futur repreneur et ne peut pas juridiquement obliger celui-ci à avoir un actionnariat populaire.
« C’est un modèle dont nous ne voulons pas »
Qu’en pensent les supporteurs ? Pour l’instant, l’idée n’a pas vraiment reçu d’écho. Il faut dire que l’urgence est tout autre entre les derniers résultats sportifs (Bordeaux est 16e de Ligue 1 avec cinq points d’avance sur la zone rouge à quatre journées de la fin du championnat) et la situation financière du club. Les Ultramarines, le plus grand groupe de supporteurs des Girondins, semblent en tout cas totalement opposés à ce projet. La réponse de leur porte-parole, Florian Brunet à Pierre Hurmic : « Ne nous infligez plus vos postures idéologiques sur des sujets que vous ne maîtrisez pas, qu’on arrête avec le délire de socios. »
« C’est un modèle dont nous ne voulons pas et qui, dans un club de notre dimension, est illusoire et populiste, poursuit-il en s’adressant au maire de Bordeaux, nous ne sommes ni Barcelone ni le Real, l’importance des supporteurs est de fait indiscutable. Inutile de les introduire au CA [conseil d’administration] et ne rêvez pas, l’argent récolté est un doux rêve. »


















