Droits TV : Clap de fin pour la chaîne Téléfoot, « dans la tristesse et avec un sentiment d’immense gâchis »

FOOTBALL Six mois après son lancement, la chaîne Téléfoot va cesser d’émettre au terme de la 24e journée de Ligue 1

A.L.G. avec AFP

— 

Le plateau de Téléfoot peu avant le lancement de la chaîne, le 18 août 2020.
Le plateau de Téléfoot peu avant le lancement de la chaîne, le 18 août 2020. — BERTRAND GUAY / AFP
  • L’accord conclut entre la LFP et Canal + pour la reprise des droits TV du foot français sonne la fin de l’aventure de la chaîne Téléfoot.
  • Six mois après son lancement, la chaîne va diffuser son dernier match dimanche soir avec le classico OM-PSG.

Un Classique, et rideau ! Après OM-PSG dimanche soir, la chaîne Téléfoot va s’éteindre moins de six mois après son lancement, laissant sur le carreau une rédaction qui souhaite rester « professionnelle et digne » malgré la tristesse et « l’immense gâchis » causé par la défaillance de Mediapro.

Jusqu’au bout, la soixantaine de salariés installée dans ses locaux d’Aubervilliers y a cru. Téléfoot allait-elle pouvoir survivre malgré le retrait de sa maison mère sino-espagnole Mediapro, acté en décembre ? Les dirigeants français du groupe ont tout fait pour, ces dernières semaines, tentant de convaincre tantôt Canal+, tantôt la Ligue de football professionnel (LFP), de reprendre l’exploitation et la gestion de la chaîne, montée de toutes pièces en quelques mois.

Mais le couperet est tombé, brutal, jeudi soir, avec l’accord Canal+/LFP pour la réattribution des droits TV de la fin de saison. Le classico du 7 février sera le dernier des 382 matchs de Championnat diffusés par la chaîne depuis la fin du mois d’août, L1 et L2 comprises… auxquels il faut ajouter plus de 250 rencontres européennes et le Trophée des champions.

« Notre mission n’était pas vaine »

« Il y avait un petit peu d’espoir même si les dernières semaines étaient rudes à vivre. Le premier sentiment, c’est la tristesse, et aussi un sentiment d’immense gâchis. On a travaillé comme des forcenés pour accoucher du bébé. Il avait fière allure quand même. Il n’était pas loin de marcher… Et finalement, pour des raisons qui nous dépassent totalement, on envoie valser l’échiquier sur lequel on était », résume, fataliste, Thibault Le Rol, l’un des présentateurs vedettes de Téléfoot.

Au moment de présenter son dernier multiplex, dimanche à 15 heures, l’animateur, ancien de beIN Sports, aura sans doute la voix émue et le cœur lourd. Une émotion connue par la journaliste Marina Lorenzo, aux commandes vendredi de sa dernière émission de la mi-journée racontant le quotidien des clubs.

« Je pense que notre mission n’était pas vaine », a lancé l’animatrice entre les larmes, entourée par son équipe. « Sans rancune », ajoutera dans un sourire l’ex-présentatrice de « J + 1 » sur Canal+, quelques minutes après avoir reçu les hommages en direct du joueur lensois Florian Sotoca, hommages du monde du foot qui se sont multipliés dès le début du week-end.

Et maintenant ?

Aux côtés de sa rédaction ces dernières heures, le directeur éditorial Jean-Michel Roussier n’a aucun doute sur le professionnalisme de ses troupes jusqu’à la dernière minute, malgré la tristesse. « Il y avait un espoir, il s’est éteint. Les 16 matchs qu’il nous reste, il va falloir arriver à les sortir. Mais le travail, ils le feront jusqu’au bout », confiait-il vendredi, soulignant le « talent » de la rédaction.

Si l’avenir professionnel – licenciement ? plan de départ ? - reste encore flou pour les salariés interrogés, en raison de discussions internes toujours en cours, la fierté d’avoir participé à cette aventure, elle, subsiste. « Le pari est hélas perdu à certains égards, mais il est gagné à d’autres car je ne regrette rien. Avoir pris ce risque, tenté cette aventure, été membre d’une telle rédaction, je ne le regrette absolument pas », conclut Thibault Le Rol.