OL-AS Monaco : « On joue sur nos forces »… Les Lyonnais sont-ils devenus pour de bon une équipe de contre-attaque ?

FOOTBALL Les Lyonnais se sont rappelés au bon souvenir du Final 8 de Lisbonne, dimanche contre les hommes de Niko Kovac (4-1)

Jérémy Laugier

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La connexion entre Memphis Depay et Houssem Aouar a dynamité la défense monégasque, dimanche soir au Parc OL (4-1).. PHILIPPE DESMAZES
La connexion entre Memphis Depay et Houssem Aouar a dynamité la défense monégasque, dimanche soir au Parc OL (4-1).. PHILIPPE DESMAZES — AFP
  • L’OL a réussi le petit exploit dimanche soir de mener 4-0 à la pause contre l’AS Monaco, malgré une possession de balle famélique de 28 % à la maison.
  • Doit-on en déduire que le style de jeu en bloc bas/contre-attaque, qui a fait ses preuves en Ligue des champions à Lisbonne, a encore de beaux jours devant lui ?
  • Désormais 6es en Ligue 1, les partenaires d’Houssem Aouar vont vite entamer une énorme semaine, entre un déplacement à Lille et la réception du derby.

Au Parc OL,

Rudi Garcia doit une fière chandelle à Stéphane Jobard et Niko Kovac. S’ils ont des intentions et surtout des moyens très différents, les coachs de Dijon et de Monaco sont les seuls à être venus au Parc OL cette saison avec une transition défensive cataclysmique. Avec à chaque fois une fessée au tableau d’affichage (4-1), soit près de 60 % des buts lyonnais inscrits sur ces deux seules rencontres depuis le lancement du championnat.

L’ASM a eu beau monopoliser très largement le ballon en première période (72 %), elle a été démolie dimanche (quatre buts encaissés en trente minutes) par la vitesse d’exécution et le réalisme retrouvé de l’OL, désormais 6e en L1. Bâtie autour d’un Memphis Depay dans un remarquable registre de numéro 9-10 créatif, chirurgical et altruiste digne de Karim Benzema au Real Madrid, l’équipe de Rudi Garcia semble s’être enfin trouvée une identité : un bloc bas assumé et la contre-attaque à tout va à la récupération.

« Maintenant, on est plus que réalistes »

Rudi Garcia a reconnu dimanche soir qu’il s’agissait « du plan de jeu mis en place » face à « une très bonne équipe qui attaque ». En criant manque de liant collectif depuis la reprise de la Ligue 1, les Lyonnais s’en sont donnés à cœur joie face à la si tendre défense Aguilar-Badiashile-Disasi-Sidibé. Passe quasi à l’aveugle en première intention d’Aouar pour Depay, talonnade du Néerlandais pour provoquer un penalty sur Toko-Ekambi…, tout y est passé ou presque pour soulager un OL encore 14e il y a huit jours, mais aussi son entraîneur Rudi Garcia.

« On a effectivement marqué quatre fois sur nos quatre tirs cadrés de la première période. Avant, on n’était anormalement pas en réussite. Et maintenant, on est plus que réalistes. Ça prouve qu’on avait raison de ne pas s’inquiéter. »

Finalement, ce style si clivant dimanche soir est-il l’héritier direct des deux exploits européens enchaînés durant l’été contre la Juve et Manchester City ? « Je pense qu’on joue sur nos qualités, sur nos forces, comme on l’a encore démontré ce soir », estime Anthony Lopes. Quitte à ce que la qualité technique d’un milieu de terrain hypra-dense (Aouar, Mendes, Paqueta plus Guimaraes, Caqueret et Lucas sur le banc face à l’ASM) soit clairement sous-exploitée au vu des ballons leur passant le plus souvent au-dessus de la tête.

Kovac « surpris de voir les Lyonnais positionnés aussi bas »

Même Niko Kovac a été surpris par la crainte de devoir faire le jeu d’un OL vacciné par les purges à répétition contre Bordeaux, Nîmes ou Lorient : « Je m’attendais à ce qu’ils procèdent en contre-attaques car ils ont les qualités pour le faire, avec beaucoup de joueurs rapides. Par contre j’étais quand même surpris de les voir positionnés aussi bas. De notre côté, nous avons eu le tort de jouer trop haut ».

Un défaut du jeune groupe monégasque qu’a rappelé Rudi Garcia après le match : « Je pense qu’il faut aussi être intelligents. En regardant les chiffres, on savait que Monaco était la moins bonne équipe du championnat sur la gestion des attaques rapides et notamment des buts encaissés dessus. C’était juste logique d’avoir un peu d’espace à exploiter ».

« C’est un peu notre Ligue des champions »

On peut faire confiance à l’ancien champion de France avec le Losc pour vouloir en faire de même dimanche (21 heures) à Lille. Celui-ci n’a pas caché qu’en pleine année sans le moindre match européen, « quand on joue des concurrents directs comme Monaco ou Lille, c’est un peu notre Ligue des champions ».

Et l’un des tauliers du vestiaire lyonnais, Anthony Lopes, n’est pas du genre à se projeter sur une autre saison présentant cette anomalie de résultats : « On sait qu’on a besoin de faire une série pour atteindre les places européennes. Enfin, la Ligue des champions, parce que voilà… »