Coronavirus : 605 millions d’euros de chiffre d’affaires en moins pour les clubs français en 2019-2020

FOOTBALL Le syndicat de clubs Première Ligue a commandité une étude pour évaluer les pertes financières dues à la crise du Covid-19

A.L.G. avec AFP

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Le foot français accuse des pertes records à cause de la crise sanitaire liée au Covid-19.
Le foot français accuse des pertes records à cause de la crise sanitaire liée au Covid-19. — ALLILI MOURAD/SIPA

Les clubs de Ligue 1 ont perdu 605 millions d’euros de chiffre d’affaires lors de la saison 2019-2020, interrompue en mars par la pandémie de Covid-19, estime une étude du cabinet EY commandée par le syndicat de clubs Première Ligue. Plus largement, l’impact provoqué par le coronavirus représente une perte de 1,27 milliard d’euros pour la filière du football professionnel, dont les revenus sont évalués à 6,48 milliards d’euros sur le dernier exercice, contre les 7,75 milliards d’euros prévus.

La Ligue 1, dont le dernier match s’est joué le 8 mars, est le seul des principaux championnats européens à ne pas avoir repris la compétition. Durant la période d’activité partielle, les clubs ont dû supporter 225 millions d’euros de salaires, une charge conséquente malgré les baisses consenties par les joueurs (72 millions d’euros) et les aides de l’Etat (144 millions d’euros, hors prêt garanti par l’Etat).

Le syndicat cherche des solutions pour pallier le manque à gagner

Les secousses économiques liées à la pandémie vont se poursuivre la saison prochaine, qui reprend le week-end du 22-23 août, assure EY. La crise sanitaire liée au Covid-19 pourrait entraîner pour l’exercice 2020-2021 une perte du chiffre d’affaires total de la filière football entre 8 % et 11 %, soit un manque à gagner compris entre 659 et 951 millions d’euros. C’est entre 3.400 et 8.000 emplois qui seraient à risque, selon le cabinet américain. Première Ligue évalue à 34.500 les salariés directs et les emplois indirects qui composent le secteur.

Le syndicat préconise plusieurs mesures pour « retrouver la compétitivité » de la filière, comme le prolongement de l’exonération des contributions patronales jusqu’en décembre 2020 (coût qu’il estime à 150 millions d’euros) ou la création d’un crédit d’impôt exceptionnel pour inciter l’investissement en sponsoring sportif. L’instance évoque également l’idée de donner aux alcooliers la possibilité de sponsoriser les championnats et les clubs, et l’aménagement des autorisations de vente de bière dans les stades.