PSG-Dortmund : « C’est un grand pas vers l’avant »… Les Parisiens ont l’impression d’avoir grandi durant cette drôle de soirée

FOOTBALL Paris atteint enfin les quarts de finale de la Ligue des champions, après trois échecs très douloureux au stade des 8e

Nicolas Camus

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Thomas Tuchel et son staff exultent au coup de sifflet final de la victoire contre Dortmund en 8e de finale retour de la Ligue des champions, le 11 mars 2020.
Thomas Tuchel et son staff exultent au coup de sifflet final de la victoire contre Dortmund en 8e de finale retour de la Ligue des champions, le 11 mars 2020. — GETTY/UEFA / AFP
  • Le PSG s’est qualifié pour les quarts de finale de la Ligue des champions en battant le Borussia Dortmund (2-0) mercredi soir.
  • Fragilisés par un match aller raté, le huis clos et la maladie de dernière minute de Mbappé, les Parisiens ont su braver les éléments contraires.
  • Ils atteignent enfin les quarts de la C1, après trois échecs très douloureux au stade des 8e de finale.

Il faut parfois une accumulation d’éléments contraires pour aller chercher des choses tout au fond de soi et en ressortir si ce n’est grandi, au moins libéré d’un poids. Ce qu’ont réalisé les Parisiens mercredi soir contre Dortmund, avec un but à remonter, sans leurs supporteurs en tribunes ni leur meilleur buteur sur le terrain, n’est pas rien. Les images de joie de l’après-match le prouvent. Ils ont su être à la hauteur de l’événement, et leur histoire récente en Ligue des champions suffit à rappeler à quel point cela n’avait rien d’évident.

La préparation de ce 8e de finale retour a été houleuse, entre blessures, fêtes d’anniversaire, discussions musclées dans les vestiaires, coronavirus et angine de dernière minute. On était déjà prêt à écrire sur la lose parisienne et ses scénarios toujours plus sophistiqués. Mais le PSG a pris le match par le bon bout, marquant assez vite ce but qui a mis les Parisiens en position de force par Neymar, avant de se donner le droit à un joker juste avant la pause grâce à Bernat.

« On a eu un bon mental sur le terrain, on est restés costauds, on a marqué les deux buts qu’il fallait, apprécie Marquinhos. Il faut qu’on garde ça pour la suite, cette bonne mentalité, ces valeurs. Quand on est au pied du mur, on a des personnalités pour surmonter ça. » Capitaine du soir en l’absence de Thiago Silva, le Brésilien sait de quoi il parle. Face aux Allemands, c’était lui « O Monstro », l’homme qui a dirigé et rassuré son monde.

Les Parisiens n’ont pas été d’une sérénité folle dans le dernier quart d’heure, mais ils n’ont concédé pour autant aucune occasion franche au Borussia. La machine à buts Erling Haaland a été parfaitement muselée, cette fois. « C’est toujours l’objectif pour nous de contrôler le match, ce qu’on a réussi à faire en première période. En seconde, on a dû souffrir, mais on a souffert ensemble », débriefe Thomas Tuchel.

Le coach allemand a beaucoup aimé ce qu’il a vu. Lui qui ne cesse d’axer son discours sur la nécessité de courir les uns pour les autres, quels que soient les statuts, a été entendu. Il poursuit :

« On a joué comme une équipe. Cette équipe est fiable et solidaire. Les gars ont montré encore plus. C’était un plaisir d’être leur entraîneur ce soir. »

On peut penser que cela n’a pas toujours été le cas cette saison. Ou celle d’avant. Il y un an tout pile, les Parisiens avaient toutes les cartes en main avant le retour contre Manchester United. Ils s’étaient fait sortir par une équipe de gosses au terme d’un match à l’envers. De quoi s’attirer des critiques, c’est le jeu. Mais surtout de quoi faire naître des doutes, et là c’est plus insidieux.

« Tout le monde a eu des doutes sur le PSG, tout le monde nous parlait de nos trois éliminations successives en 8es de finale, mais aujourd’hui nous avons prouvé que nous avons de la personnalité, du caractère », assène Nasser Al-Khelaifi. C’est vrai. Mais ça n’est pas non plus une garantie pour la suite. « Ce n’est que le début », promet Thilo Kehrer.

« Notre ambition est plus grande »

« On a souffert l’année dernière, on a souffert il y a deux ans, on a souffert il y a trois ans. Mais avec nos erreurs, on prend en expérience, embraye Presnel Kimpembe. On ne va pas s’enflammer mais c’est un grand pas vers l’avant. On est tous très fiers de nous. »

Les enseignements de cette drôle de soirée sont là parfaitement résumés. Le PSG retrouve les quarts de finale, quatre longues années après sa dernière apparition à ce niveau. L’incongruité est réparée, mais ça ne doit être qu’une première étape. En attendant de savoir de quoi sera faite la suite de la saison, alors que l’épidémie de coronavirus menace de plus en plus la poursuite de toutes les compétitions sportives en Europe, les Parisiens se sont offert l’occasion de prouver qu’ils ont grandi. Vraiment. « Notre ambition est plus grande », dit Nasser. On ne demande qu’à voir.