PSG-Bruges : Pas loin d'une Dijon-bis... Le PSG a-t-il livré sa pire performance de la saison (malgré la qualif) ?

FOOTBALL Comme à Dijon, les Parisiens n’ont pas toujours donné l’impression d’être très concernés par leur sujet mercredi soir contre Bruges

Aymeric Le Gall

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Contre Bruges, Di Maria n'a pas été aussi étincelant qu'à son habitude avec le PSG.
Contre Bruges, Di Maria n'a pas été aussi étincelant qu'à son habitude avec le PSG. — FRANCK FIFE / AFP

Au Parc des Princes,

Vous nous connaissez, loin de nous l’idée de tomber dans le délit de sale gueule. Pourtant, quand les Belges du Club Bruges KV ont débarqué sur la pelouse du Parc mercredi soir, on n’a pas pu s’empêcher de penser que les hommes de Philippe Clément avaient une belle tête de victime expiatoire, celle qui n’a rien demandé à personne mais qui va quand même prendre pour tout le monde.

En effet, après la claque reçue par le PSG à Dijon quelques jours plus tôt, tout le monde s’attendait à ce que ce match de Ligue des champions tourne à la boucherie générale, d’autant que les Belges avaient encore les joues rouges après la peignée (5-0) reçue au match aller face à ce même PSG. On ne pouvait pas plus se tromper.

Paris gagne (tout) petit

Mercredi, si les hommes de Thomas Tuchel ont assuré l’essentiel en s’imposant 1-0 et en assurant déjà leur qualification (avant même d’aller visiter Madrid, le 26 novembre prochain), ils ont surtout rendu leur pire copie de la saison. Pire qu’une défaite face au dernier de Ligue 1, oui, oui, c’est possible. Car contrairement à ce match en Bourgogne, où Paris avait sacrément manqué de chance après avoir fait le siège des cages dijonnaises (18 frappes en seconde période et deux poteaux), les Parisiens n’ont rien montré ou presque mercredi au Parc des Princes. L’ouverture du score de Mauro Icardi, encore lui, n’est qu’un trompe l’œil tant le PSG a ramé toute la soirée face à une séduisante et ambitieuse équipe brugeoise.

« C’est vrai qu’on ne pensait pas faire un match aussi bas, aussi défensif, admettait sans se cacher Marco Verratti en zone mixte après le match. Et on aurait pu faire mieux quand on avait la possession, on a perdu des ballons bêtes qui ont permis à Bruges de rester haut. » Autre salle, autre ambiance, avec un Thomas Tuchel en conférence de presse qui a, lui, préféré nous jouer un morceau de flûte en sol mineur en louant le monstre brugeois.

Il y a des moments en Ligue des champions où l’on doit souffrir. Bruges a fait une vingtaine de matchs cette saison et n’a perdu que deux fois, à chaque fois contre nous. Gagner contre une équipe comme ça sans souffrir n’est pas conforme à la réalité. Au début, c’était difficile pour nous, on a donné trop de ballons dans le camp adverse. »

Un PSG pas ou peu concerné

Alors certes, et on l‘a déjà dit, la performance des Belges et leur état d’esprit conquérant sont à louer – comme Dijon d’ailleurs, qui avait aussi choisi de jouer au ballon contre Paris plutôt que d’attendre la sentence bien au chaud devant ses buts – mais le public du Parc était en droit d’attendre une réaction après le cauchemar bourguignon. Au lieu de ça, Paris est retombé dans ses travers, à l’image de la seconde période plan-plan face à l’OM que Tuchel avait déjà vertement critiqué à l’époque.

Mais il faut croire que ce PSG a deux visages. Celui des matchs sexy lors desquels il sait se mettre à la hauteur (voire plus), et certains autres, ceux qu’on laisserait volontiers aux seconds couteaux que sont Paredes, Choupo-Moting ou Kurzawa. Un constat que ne réfutait pas Il Buffetto après la rencontre.

« Pour moi, c’est impossible d’aller sur un terrain et ne pas donner tout ce qu’on a. Même quand j’étais petit et que je jouais en bas de chez moi avec mes amis, je donnais tout. Mais voilà, on joue soixante matchs par an et quand tu joues tous les trois jours, ça peut arriver que parfois, on soit moins dedans, a concédé l’Italien. Et dans ces cas-là ça nous arrive de perdre, on l’a vu contre Dijon. Le plus important, c’est de ne pas le répéter. »

Pourtant, le compte est bon

On ne va pas se mentir, la plupart du temps ça passe malgré tout. Parce que Mbappé, parce que Di Maria, parce qu’Icardi, etc. Sauf que mercredi, les étoiles parisiennes n’ont jamais brillé, en témoigne ce duo Mbappé-Di Maria totalement invisible, sans idée, sans génie. Face à ce manque de peps des offensifs, le PSG a même dû s’en remettre à Keylor Navas pour stopper le péno de Diagne et préserver les trois points. « Après le penalty, j’ai eu le sentiment qu’on a joué un peu avec la peur de perdre cette victoire », a même déclaré l’entraîneur parisien. Ah non hein, pas encore cette histoire de boule au ventre par pitié. Gardez-en sous le coude pour les huitièmes.

Exceptionnellement de passage face à la presse après la qualif, Leonardo n’a pas cherché à se cacher. « Je suis d’accord, il y a beaucoup de choses à améliorer, notamment la constance. Il y a eu des grands matchs et d’autres où on a eu des difficultés, a-t-il concédé avant de sortir son boulier chinois. Si on parle de performances, c’est plus difficile mais si on parle de bilan concret, il est très bon. On est premiers en championnat avec sept points d’avance. On a gagné quatre matchs en Ligue des champions et il reste deux matchs. On est la seule équipe dans ce cas avec le Bayern, et on n’a même pas encaissé un but. Alors si on parle de chiffres, la situation générale est très positive. »

Sur ce point, Leo est dans le vrai. Déjà assuré en C1 de voir le mois de février, Paris va pouvoir aller à Madrid avec ses tongs et ses mots croisés. Ce qu’il ne fera évidemment pas car un choc face aux Merengue, voilà finalement bien ce qui excite les joueurs du PSG.