«Ça me manque», Arsène Wenger ne dit plus non à un retour

FOOTBALL Jusqu'à maintenant, ce n'était pas le bon moment. Mais cela semble avoir changé...

N.C. avec AFP

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Arsène Wenger lors d'une conférence de presse à Tokyo, le 24 octobre 2019.
Arsène Wenger lors d'une conférence de presse à Tokyo, le 24 octobre 2019. — Masatoshi Okauchi/REX/SIPA

Arsène Wenger se dit prêt à reprendre du service. Un an et demi après son départ d’Arsenal, qu’il avait dirigé pendant 22 ans, le technicien français est semble-t-il prêt, comme il l’a dit à l’AFP ce vendredi à l’occasion d’une visite à Tokyo.

Il a reçu ces derniers mois « des propositions du monde entier », mais ce n’était pas encore le moment. « Jusqu’à présent j’avais refusé de revenir parce que nous avions des problèmes de santé dans la famille, dit-il au cours d’un entretien accordé à l’occasion d’une visite à Tokyo. Les propositions venaient toujours à un moment où je ne pouvais vraiment pas le faire ou ne le voulais pas ».

Même les soirées pluvieuses à Stoke lui manquent

Alors qu’il vient de fêter ses 70 ans, Wenger, annoncé à plusieurs reprises au PSG ou sélectionneur du Qatar, entre autres, « peux tout envisager ». « Je n’exclus rien », a-t-il répondu quand il lui a été demandé si, par exemple, s’il pourrait revenir au Japon – il avait entraîné Nagoya Grampus entre 1994 et 1996, et son nom là encore circulé pour le poste de sélectionneur de l’équipe nationale.

Quoi qu’il en soit, le management lui manque. Même les soirées sous la pluie glaciale des climats moroses de Stoke ou Bolton. « Personnellement, j’aimais ça », dit-il dans un sourire. « C’est parce que je viens d’une région (le nord-est de la France) où nous avions des mercredis pluvieux aussi, oui, ça me manque ! ».

« C’est le contact avec les gens qui manque, c’est d’être dans le même bateau, de partager les mêmes émotions, la victoire, la défaite, a ajouté l’Alsacien. Je supporte assez bien la pression, parce que j’ai fait ça toute ma vie, alors ça me manque. »

Il y a un poste qui le laisse toutefois de marbre : celui de sélectionneur de l’équipe de France. Il salue au passage la performance de Didier Deschamps avec la victoire de la France à la Coupe du monde 2018 en Russie. « J’ai refusé cette proposition plusieurs fois », dit Arsène Wenger, qui a récemment été pressenti pour Lyon. « Je préfère le football de club. Pour moi c’est un peu du temps partiel une équipe nationale : c’est dix matchs par an. J’ai l’habitude d’en faire 60, donc cela ne m’a jamais vraiment tenté ».

Le métier devient de plus en plus précaire

Il assure ne pas avoir tourné en rond chez lui. « Non, je suis assez surpris, j’ai profité d’un peu plus de temps, de liberté. C’est la première fois en 35 ans que je me suis levé le matin sans devoir me rendre quelque part. » Il reproche aux médias leur présence constante dans le football moderne et aux propriétaires de club d’avoir la gâchette facile, ce qui rend le métier de plus en plus précaire.

« Il y a des choses qui ne me manquent pas, dit-il. La surveillance continuelle et les conclusions définitives après chaque match sont bien pires qu’avant. Le paysage du football a changé ces 20 dernières années, les propriétaires ont changé. C’est plus de l’investissement, des calculs. Mais au bout du compte vous ne pouvez pas changer de manager toutes les semaines. »

Arsène Wenger a aussi expliqué un des grands mystères qui l’entoure : la raison pour laquelle il n’arrive jamais à remonter la fermeture éclair de son manteau. « Mon manteau était très long et je le mettais lorsque je me sentais déjà gelé », rit-il. « Parfois j’avais très froid aux mains. Aussi, on se concentre sur le jeu, pas sur sa fermeture éclair. Mais je suis peut-être aussi un peu maladroit », dit celui qui a été souvent filmé en train de se battre avec son manteau les yeux rivés sur le terrain de jeu.