Football Leaks: Les recruteurs du PSG accusés de fichage ethnique, le club ouvre une enquête interne

FOOTBALL De nouvelles révélations des Football Leaks ciblent le Paris Saint-Germain…

A.L.G. avec AFP

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Un match du PSG en Youth League en 2014.
Un match du PSG en Youth League en 2014. — FRANCK FIFE / AFP

De 2013 au printemps 2018, la cellule de recrutement du PSG a mentionné des critères ethniques dans ses fiches d’évaluation de jeunes joueurs, classés comme « Français », « Maghrébin », « Antillais », « Africain », révèle Mediapart ce jeudi dans le cadre des Football Leaks. Une source proche du club précise qu'« une enquête interne » est en cours.

Jusqu’au printemps 2018, une case « origine » figurait dans les formulaires destinés à superviser les recrues potentielles. Pour « Français, il aurait fallu écrire blanc. D’autant que tous les joueurs qu’on recommandait étaient Français. Le PSG ne voulait pas qu’on recrute des joueurs nés en Afrique, car on n’est jamais sûr de leur date de naissance », raconte à Mediapart Serge Fournier, présenté comme le recruteur du PSG pour la région Normandie.

Mediapart publie un compte rendu d’une réunion interne décrite comme « houleuse » en mars 2014 en citant des déclarations attribuées à l’un des responsables de la cellule de recrutement de l’époque, Marc Westerloppe, mais que ce dernier conteste : « Il y a un problème sur l’orientation du club, il faut un équilibre sur la mixité, trop d’Antillais et d’Africains sur Paris ».

Malek Boutih missionné par le PSG

Cette déclaration aurait suscité un vif « émoi » chez les autres participants à cette réunion, conduisant la direction à convoquer Marc Westerloppe à un entretien préalable à une sanction le 27 juin 2014. Il n’aurait finalement pas été sanctionné.

Interrogé par Mediapart, le PSG a missionné l’ancien député PS et président de SOS racisme Malek Boutih pour réagir à ces révélations. Selon lui, au sujet du fichage ethnique, « il y a un problème réel. Il n’y a pas eu de volonté d’omerta. (La direction) n’était pas au courant de l’existence de ces formulaires ». Concernant Marc Westerloppe, « personne n’a apporté le moindre élément, personne n’a confirmé les propos tenus », assure Malek Boutih.

Pour le foot français, cette affaire réveille « l’affaire des quotas », quand avait émergé l’idée d’imposer des quotas de binationaux chez les jeunes, lors d’une réunion de la Direction technique nationale (DTN) fin 2010.