Caen-OL: «Bouc émissaire parfait», «joueur quelconque»… Quel souvenir a laissé Claudio Beauvue à Lyon?

FOOTBALL Recruté cet été par Caen, Claudio Beauvue va retrouver samedi (17 heures) l’OL, où sa carrière a patiné en 2015-2016. Deux ans et demi plus tard, les supporters lyonnais n'ont pas oublié son ultime chambrage...

Jérémy Laugier

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Juste après un but anecdotique en fin de rencontre, le 9 janvier 2016 contre Troyes (4-1), Claudio Beauvue s'était fendu d'une provocation à l'encontre des supporters lyonnais.
Juste après un but anecdotique en fin de rencontre, le 9 janvier 2016 contre Troyes (4-1), Claudio Beauvue s'était fendu d'une provocation à l'encontre des supporters lyonnais. — JEFF PACHOUD / AFP
  • Prêté par le Celta Vigo, Claudio Beauvue retrouve du temps de jeu au Stade Malherbe de Caen, avec qui il a marqué pour sa première apparition.
  • Le hasard du calendrier permet déjà à l’attaquant guadeloupéen d’affronter l’OL, où son court passage de six mois en 2015-2016 a été un échec.
  • Pas vraiment en phase avec une partie du vestiaire, l’ancien Guingampais s’était même mis les supporters lyonnais à dos en les chambrant après un but inscrit contre Troyes (4-1) en janvier 2016.

« Ce qui s’est passé à Lyon, c’est du passé. Je n’ai aucune rancune ou sentiment de revanche envers l’OL. » A peine prêté à Caen, Claudio Beauvue a tenté de désamorcer dans L’Equipe les tensions avec son ancien club, qu’il retrouve samedi (17 heures). Arrivé dans le Rhône durant l’été 2015, l’ex-flamboyant « Air Beauvue » de Guingamp (27 buts toutes compétitions confondues en 2014-15) n’a pas réussi à s’imposer dans un OL en souffrance sur la fin de l’ère Fournier (8 buts en 28 matchs).

Pire, il a été pris en grippe par le public lyonnais et a quitté le club dès janvier 2016, après une célébration de but entre chambrage et provocation (mains derrière les oreilles, nom montré avec insistance), pour la première au Parc OL contre Troyes (4-1). Quelle trace le Guadeloupéen a-t-il finalement laissée à Lyon ?

« A cette époque, il y avait un malaise dans le vestiaire »

« Claudio, c’est une crème, un mec super gentil, assure l’un de ses anciens partenaires à Lyon. Mais à cette époque, il y avait un malaise dans le vestiaire. Et pour certains joueurs ayant du poids dans l’équipe, il était le bouc émissaire parfait. » Cela semble aussi être le cas pour de nombreux supporters, surtout depuis ce Lyon-Troyes du 9 janvier.

« Sans ce geste pour nous narguer, il serait resté complètement insignifiant à mes yeux, au même titre qu’un Piquionne ou qu’un Keita avant lui, explique Jean-Pierre, abonné au virage nord. Mais c’est sûr que cet épisode m’est resté en travers de la gorge, surtout pour un gars n’ayant rien prouvé chez nous. »

« Il a forcé le club à le vendre »

Un sentiment partagé par Quentin (29 ans) : « On s’est tous dit : ‘‘Mais pour qui se prend-il ?’’. Les mecs étaient bien chauds après ça dans le virage ». « Il voulait partir et il a forcé le club à le vendre en se mettant sciemment les supporters à dos, décrypte Sébastien, un autre habitué du Parc OL. Mais ce n’est pas mon pire ennemi. Il n’est pas resté assez longtemps pour qu’on s’y attache ou qu’on le déteste. »

« J’avais même oublié son existence avant son récent retour en Ligue 1, confie Nicolas, un autre supporter lyonnais volontiers chambreur. C’était finalement un joueur assez quelconque chez nous. J’en veux nettement plus à Yoann Gourcuff qui a coûté très cher à Lyon pendant cinq saisons. »

Quatre buts inscrits en deux ans et demi en Liga

Côté « rancœur » contre des ex, Sébastien pointe pour sa part spontanément Bafétimbi Gomis, qui « a volontairement planté le club à un moment très compliqué alors qu’on lui avait tout donné ». « Bon, ça faisait quand même chaud au cœur de voir Beauvue se planter après Lyon », précise-t-il.

Et entre ses passages au Celta Vigo, où l’intéressé a de plus vite subi une rupture du tendon d'Achille, et à Leganés (4 buts en 51 apparitions en Liga de 2016 à 2018), Sébastien et les supporters de l’OL ont de ce point de vue été servis. Difficile de les imaginer si indifférents que ça au moment d’accueillir Claudio Beauvue au match retour, le 18 mai à Décines.