Mercato OM: L'ombre de Cabella, la thune de Raiola... Pourquoi le transfert de Mario Balotelli à Marseille a-t-il foiré?

FOOTBALL Compliquée, cette affaire, compliquée... 

Jean Saint-Marc

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De retour avec la sélection italienne, Mario Balotelli pouvait espérer rejoindre un club plus côté que Nice.
De retour avec la sélection italienne, Mario Balotelli pouvait espérer rejoindre un club plus côté que Nice. — SIPA
  • Mario Balotelli ne viendra pas à l’OM. L’OGC Nice a annoncé ce lundi soir que le joueur restait sur la Côte d’Azur pour la saison.
  • C’est un désaveu pour les dirigeants marseillais qui en avaient fait une priorité en début d’été.
  • Le dossier est toutefois bien plus compliqué qu’il n’y paraît.

Grand attaquant, grand boomerang. Et le voilà qui revient en plein dans la figure des dirigeants de l’OM. Comme l’été dernier, l'Olympique de Marseille patine pour faire venir un 9 à la hauteur de ses ambitions. Cette fois, c’est l’OGC Nice qui claque la porte, et plutôt sèchement. «  Mario Balotelli a choisi de rester à Nice. Il y aura bien une saison 3 de la série à succès », indique le club dans un communiqué. Tout cela étant « simple, limpide, comme une frappe de SuperMario ».

On se permet de glousser sur le côté limpide de la chose. Personne ne comprend rien. Pas même les agents habituellement bien rencardés : « Si on parle bien d’une différence d’un ou deux millions d’euros, comme le fait le président niçois [dans L'Equipe de ce mardi matin], c’est vraiment peanuts ! Je suis étonné que l’OM n’ait pas les moyens de boucler ce deal. »

« Ce genre de trafic, ce n’est pas bon à long terme ! »

Tout est flou, dans ce transfert. Mais au cœur du problème, il y a le célèbre agent Mino Raiola. Ça ne fait aucun doute, nous confirme le journaliste Mathieu Faure, auteur d’un bouquin sur Balotelli :

Pour moi, le souci dans cette affaire, c’est la commission que Mino Raiola réclamait à l’OM. On n’en connaîtra jamais les tenants et les aboutissants exacts mais c’est ça qui a fait capoter le deal. Surtout que ce n’est pas légal en France ! »

« L’OM a bien fait de ne pas signer. Ce genre de trafics, ce n’est pas très bon à long terme », acquiesce un grand responsable politique local, toujours très bien informé (et très dispo) quand on veut parler ballon.

Mino Raiola, « ce n’est pas un mafioso, c’est juste un mec qui en a le look et qui agit comme l’un d’entre eux », la vanne est de Zlatan Ibrahimovic. Lui-même amateur de punchline, Raiola a toujours dit qu’il n’avait pas peur de « casser les couilles des dirigeants » quand il voulait placer un joueur. C’était en 2013, et il s’était un peu enflammé : « Je n’attends pas le mercato. Je le crée. »

C’est moins vrai en 2018 : Mino Raiola a pas mal subi dans cette affaire. L’OM a beaucoup laissé fuiter dans la presse qu’il était trop gourmand, que c’était lui qui bloquait le deal. Même si ces histoires de réputation ne sont pas très importantes pour l’agent italien : ça aussi, il doit s’en battre les c…

La réputation, c’est un enjeu pour les dirigeants de club. « Cette affaire va laisser des traces à l’OM : pour le projet, c’est un coup dur que de ne pas parvenir à convaincre Balotelli », soupire un avocat du sport. Des traces en interne, aussi, « pour la cellule de recrutement qui a passé un mois sur le dossier sans pouvoir conclure ».

Guéguerre d’ego

Surtout que l’affaire a longtemps tourné à la guéguerre d’ego entre Julien Fournier, le directeur général niçois, et Jacques-Henri Eyraud, président olympien. Le premier ? « Un type très compétent qui peut aussi être cinglant », lâche un journaliste qui l’a brièvement côtoyé. Et Eyraud, alors ? « Il sait ce qu’il veut mais il est sans pitié », nous disait un ancien salarié. Qui se ressemble… Ne s’assemble pas forcément, d’autant plus que Fournier est aussi un ancien de l’OM, époque Pape Diouf. Les deux hommes se sont invectivés à Moscou, le soir de la finale de la Coupe du monde. « Ils se détestent », balance un (ancien ?) proche.

Pour faire venir Balotelli, les dirigeants marseillais ont pourtant tout tenté, y compris en proposant un arrangement baroque incluant Rémy Cabella dans l’affaire. Devenir une monnaie d’échange, une insulte pour le Corse ? Il s’en fout royalement, nous dit-on ce mardi matin, et ne voulait absolument pas filer à Nice.

Les supporters de Marseille, eux, tremblent. Leur gardien titulaire est blessé, leurs grands attaquants se nomment Valère Germain et Kostas Mitroglou, et Rudi Garcia ne cesse de se plaindre : son effectif est insuffisant « en quantité plus qu’en qualité ». « Tout a été fait n’importe comment dans cette affaire », lance Bastien Cordoléani, qui a révélé que des flocages Balotelli avaient été livrés à la boutique de l’OM début juillet. « Si j’étais un supporter disons brut de décoffrage, je demanderais la démission du président pour avoir été aussi naïf ! »

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