Coupe de France: Haie d’honneur, cadeau présidentiel et invitation à soulever le trophée, le PSG a tout fait pour être un vainqueur magnanime

FOOTBALL Assuré d’un succès sportif devenu secondaire, Paris s’est attaché à transmettre l’image d’un club généreux et beau joueur face aux Herbiers (2-0)…

Julien Laloye

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Thiago Silva a invité le capitaine des Herbiers à soulever le trophée avec lui.
Thiago Silva a invité le capitaine des Herbiers à soulever le trophée avec lui. — FRANCK FIFE / AFP

Au Stade de France,

C’est devenu une figure obligée depuis l’épopée de Calais une paire de siècles en arrière. La photo pour l’histoire avec le valeureux capitaine du petit poucet qui a réussi l’exploit de monter à la capitale pour découvrir le Stade de France. Thiago Silva joue en France depuis assez longtemps pour respecter la tradition. Comme Landreau et Cris avant lui, le capitaine parisien a invité son homologue des Herbiers à venir soulever brièvement le trophée avec lui. Sébastien Flochon s’en doutait un peu. Il raconte : « C’est un geste de grande classe de la part de Thiago Silva, même si je ne réalise pas trop. Il m’a dit ça au pied des escaliers, je m’y attendais un petit peu, mais je n’étais pas sûr qu’ils le fassent. Les Parisiens n’étaient pas obligés, donc j’étais content ».

 

Ils n’étaient pas obligés mais c’est tout comme, pour tout ce que représentait cette finale sur le plan symbolique : Le rentier du XVIe blindé aux as qui invite les ouvriers à manger dans sa résidence d’été. Notons que le PSG a tout bien fait. La photo pour que les gars puissent montrer à leurs petits-enfants plus tard, une haie d’honneur pour escorter les vaincus jusqu’au podium à la fin du match, à laquelle est venue participer Neymar entre deux parties de poker en ligne, et enfin échanges d’amabilités dans le vestiaire.

Nasser-Al Khelaïfi a lui aussi été parfait dans son rôle de président magnanime. Michel Landreau, le président des Herbiers s’arrête au vol en zone mixte : Oui, Nasser a été très poli, il lui a même offert un cadeau (on ne saura pas lequel) et a invité toute son équipe à venir assister à un match au Parc des Princes la saison prochaine.

C’était là tout l’enjeu, finalement, puisque le résultat était une affaire secondaire. Comment renvoyer l’image d’un vainqueur proche du peuple quand on a des ambitions si démesurées et des moyens si disproportionnés par rapport au reste du foot français ? Les Parisiens ont rivalisé de compliments pour leurs adversaires ; manière de faire croire qu’ils partagent le même monde. Trapp d’abord : « Beaucoup de monde croyait que ce serait facile pour nous ce soir, parce que c’est une équipe du National, mais on a vu qu’ils ont très bien joué, ils ont très bien sorti le ballon, ils ont essayé de jouer au foot aussi. Ce n’était pas facile pour nous. »

Rabiot ensuite. Le milieu parisien et ses allures de monarque au-dessus des contingences humaines était le bonhomme idéal pour honorer les Herbiers de ses jugements majestueux.

« Ils ont été très vaillants, on a parlé un peu avec eux dans le vestiaire, moi je leur ai dit qu’il y avait des équipes de Ligue 2 qui ne jouaient pas comme ça. Je parlais avec Thiago Motta à la fin, il a été agréablement surpris, on pensait qu’ils allaient balancer, mais non, ils ont joué au foot, ils n’ont pas eu peur et ils ont pris du plaisir. Nous, on a été un peu malchanceux, on aurait pu marquer plus. »

C’est dit sans regret. Les Parisiens n’ont pas fait exprès de rater des occasions par pack de six, mais ils étaient les premiers soulagés de ne pas en avoir collé 8 aux Vendéens. Cela aurait été plus compliqué, sinon, de nous vendre l’histoire du même football pour tous. A 2-0, Rabiot peut se faire plaisir. «C’est peut-être la seule fois dans leur carrière où ils vivront un truc comme ça, je pense qu’il faut les laisser plus profiter eux que nous, c’est énorme ce qu’ils ont réalisé. Ce sont des bons gars aussi, il leur fallait de la place. C’est une belle image pour tout le foot français, ils le méritaient aussi, il n’y a pas que le PSG, toutes ces équipes-là existent aussi. » Au moins pour une soirée.