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Strasbourg: Dix ans plus tard, la série de 11 défaites en Ligue 1 hante toujours le Racing
FOOTBALL•A l’aube des trois dernières journées et du déplacement à Rennes (à 17h ce dimanche) décisif dans la lutte pour le maintien, difficile de ne pas se souvenir de la série de revers de la saison 2007-2008 du Racing…Bruno Poussard avec Alexia Ighirri
L'essentiel
- A trois journées de la fin de la Ligue 1 et d’un déplacement à Rennes ce dimanche (17h), une triste série hante le Racing dans la course au maintien.
- En 2007-2008, pour sa dernière saison dans l’élite, Strasbourg avait enchaîné onze défaites consécutives avant de descendre. Mais le contexte a changé.
- « Il faut conjurer le sort en réussissant à se maintenir malgré une spirale négative et ainsi éloigner le spectre de cette fameuse série », exhorte François Keller.
Comme un fantôme qui rôde. A l’aube des trois dernières journées de Ligue 1 et du déplacement à Rennes (à 17h ce dimanche) décisif pour le maintien, difficile de ne pas repenser à la longue série de revers du Racing à la fin de la saison 2007-2008. Cette année-là, les Alsaciens avaient enchaîné onze défaites consécutives avant de descendre.
Pourtant, comme cet hiver, ils comptaient 24 unités à mi-exercice. Pour finalement finir avec 35 petits points. Le même total qu’aujourd’hui… Les statistiques peuvent certes tout et rien dire, elles ont de quoi angoisser plus d’un supporter strasbourgeois qui n’a plus connu la victoire en Ligue 1 depuis bientôt trois mois (2-1 contre Troyes le 11 février).
Pour enfin « conjurer le sort » cette année en Ligue 1
Des souvenirs qui datent, mais qui restent toutefois les plus récents du Racing dans l’élite pour François Keller, coach de la réserve à l’époque et désormais à la tête du centre de formation. « Il faut conjurer le sort en réussissant à se maintenir malgré une spirale négative et ainsi éloigner le spectre de cette fameuse série », exhorte-t-il.
aCommencé contre Metz (2-3), cet enchaînement préalable à la chute du RCSA s’était achevé à Marseille (4-3) pour la 38e journée. Entre les deux, « une vraie implosion dans la cohésion collective », « des clans » et « certains qui ont miné l’état d’esprit de l’équipe titulaire » selon les explications de Jean-Marc Furlan à 20 Minutes avec du recul.
« On était super bien partis avec de grandes ambitions, une bonne entame, un jeu vers l’avant, plaisant à voir, se souvient Yacine Abdessadki, milieu de l’époque désormais au FC Kronenbourg (Régional 1). C’est tout le paradoxe avec la suite de la saison. Mais je n’ai jamais réussi à comprendre pourquoi on n’a jamais cassé cette désagréable série. »
Un manque de réaction de l’entraîneur et des joueurs en 2008 ?
Depuis les tribunes, une sorte de « fatalisme » avait été ressentie. Actuel président de la Fédération des supporters du Racing, Philippe Wolff se souvient : « Furlan avait toujours un discours très positif, le club enchaînait les résultats négatifs sans révolte, sans taper du poing sur la table. […] Il y avait peut-être une forme de laisser-aller dans l’équipe. »
Avec le temps, le comportement de certains joueurs au sein du groupe a été pointé par le staff de l’époque. Le placement de Kévin Gameiro sur l’aile et non en pointe par d’autres. « Mais Jean-Marc Furlan était un peu seul dans la tempête, tout le monde l’avait abandonné », rappelle François Keller à propos de la direction du club à ce moment-là.
« Plus tu enchaînes les résultats négatifs, plus la pression augmente »
Jeune joueur, David Ledy l’a vécu à la marge du collectif pro. Non sans mal : « Quand tu es soutenu par ton public, c’est difficile. Plus tu enchaînes les résultats négatifs, plus la pression augmente. » L’attaquant l’a connu par la suite avec Martigues (CFA) : « C’est toujours compliqué parce que ça provoque des tensions dans le groupe. »
« Mais des échos que j’ai, ça se passe plutôt bien dans le groupe strasbourgeois. Et ce qui fait qu’une équipe peut se sauver, c’est la bonne ambiance entre les joueurs. » »
Pourtant, Yacine Abdessadki veut se remémorer « une équipe solidaire » malgré les événements en 2007-2008. Après la série, le jeu resté offensif malgré l’incapacité de tenir un nul avait également été évoqué. « Peut-être qu’on n’avait pas su mettre en place une stratégie appropriée pour renverser la vapeur, mais ce n’est pas simple », répond le milieu.
Un contexte bien différent entre 2008 et 2018
Aujourd’hui, le contexte est différent malgré les dix matchs de suite sans victoire (dont cinq nuls) en championnat. En 2008, Strasbourg était installé en Ligue 1. En 2018, le Racing reste un promu, qui va jouer Rennes, Lyon et Nantes pour finir. « C’est l’équipe qui monte, elle est plus préparée à arracher le maintien à la dernière seconde », complète François Keller.
« Et puis la ferveur est supérieure à celle de l’époque. Elle nous a ramené des points et j’espère qu’elle en ramènera encore. » »
« La Meinau est une force indéniable, je pense qu’elle fera la différence », termine Yacine Abdessadki. L’ancien Strasbourgeois « n’arrive pas » à voir de similitudes avec l’époque. « Je suis confiant au vu de la qualité des matchs produits », prolonge David Ledy, s’appuyant sur la prestation contre de Saint-Etienne (0-1) et la réaction contre Nice (1-1) après un lourd échec à Amiens (3-1). Mais le maintien, lui, n’est pas encore assuré.


















